Je repasse le bac

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Des lycéens découvrent la liste des résultats du Baccalauréat général affichée, le 06 juillet 2000, au lycée Charlemagne à Paris. © AFP/François Guillot
Des lycéens découvrent la liste des résultats du Baccalauréat général affichée, le 06 juillet 2000, au lycée Charlemagne à Paris.
Des lycéens découvrent la liste des résultats du Baccalauréat général affichée, le 06 juillet 2000, au lycée Charlemagne à Paris. © AFP/François Guillot

Anne Ponce, directrice de la rédaction à Pèlerin, revient sur une semaine charnière pour tous les terminales de France : la semaine du baccalauréat !

Dossier

Nos éditos

Les éditos d'Anne Ponce

À propos de l'article

  • Créé le 18/06/2014
  • Publié par :Anne Ponce
  • Édité par :François Boulard
  • Publié dans Pèlerin
    6864, du 19 juin 2014.

Et voilà, encore une fois, je passe le bac. Enfin pas moi, l’un de mes enfants. Le coup d’envoi a été donné lundi avec la philosophie : « Vivons-nous pour être heureux ? » (série S), « Suffit-il d’avoir le choix pour être libre ? » (série ES). Nous sommes en pleine semaine d’examens.

Augustin, mon fils cadet, élève en classe de première, passe les épreuves de français. En 2013, j’avais tremblé pour Noé et son bac S (qu’il avait eu, ouf !). Mais en 2014, je suis obligée de constater que je suis à nouveau saisie par l’anxiété.

En 2013, j’étais inquiète parce que Noé semblait un peu trop décontracté à mon goût. En 2014, c’est l’inverse, je suis préoccupée parce qu’Augustin me semble un peu plus stressé que nécessaire. Comme les mères sont bizarres…

Évidemment, me direz-vous, il vaudrait mieux pour tout le monde que je suive les conseils délivrés par les bons journaux comme Pèlerin : accompagner en restant zen, encourager sans mettre la pression, veiller à un bon sommeil, préparer des repas à base de sucres lents. Voici donc à nouveau la preuve qu’il est décidément plus facile de donner des conseils aux autres que de les suivre soi-même.

►Son. L’édito d’Anne Ponce du 18 juin 2014.

 

Il faut dire que le contexte économique et social n’est pas là pour me rassurer. Et si mes enfants rataient leurs examens ? Et s’ils avaient du mal à trouver leur voie ? Et s’ils changeaient 36 fois d’orientation ? Et s’ils peinaient à trouver un emploi ?

Et s’ils devaient être ballottés de stage en stage ? Et s’ils se désespéraient face à cette société française qui a tant de mal à faire de la place aux jeunes ? Et s’ils étaient tentés de voter Front national (30 % des suffrages des 18-35 ans aux Européennes) ?

Bon, j’arrête là les élucubrations auxquelles je ne crois pas moi-même. D’autant que, si mes enfants lisent cet article, ils risquent d’être encore plus stressés. Enfin non, ils vont surtout se moquer de moi.

Je vais donc plutôt suivre les bons conseils : accompagner en restant zen, encourager sans mettre la pression et préparer un bon plat de pâtes à la bolognaise. Pour le reste – Vivra-t-il pour être heureux ? Lui suffira-t-il d’avoir le choix pour être libre ? – Augustin décidera de lui-même. Avec ou sans le bac.

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Paru le 18 janvier 2018

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