Grisaille de novembre

agrandir Lundi 14 novembre 2013, manifestation d'employés des entreprises Gad, Tilly-Sabco, Doux et Marine Harvest à Morlaix (Finistère).
Lundi 14 novembre 2013, manifestation d'employés des entreprises Gad, Tilly-Sabco, Doux et Marine Harvest à Morlaix (Finistère). © Hervé Ronne / REA
Lundi 14 novembre 2013, manifestation d'employés des entreprises Gad, Tilly-Sabco, Doux et Marine Harvest à Morlaix (Finistère).
Lundi 14 novembre 2013, manifestation d'employés des entreprises Gad, Tilly-Sabco, Doux et Marine Harvest à Morlaix (Finistère). © Hervé Ronne / REA

Est-ce la saison ? Le temps de Toussaint ? Le climat de novembre ? Toujours est-il que l’atmosphère est à la grisaille. Et même pire : à la déprime. La société française semble plonger dans une sorte de désespérance pesante.

Dossier

Nos éditos

Les éditos d'Anne Ponce

À propos de l'article

  • Créé le 30/10/2013
  • Publié par :Anne Ponce
  • Édité par :Estelle Couvercelle
  • Publié dans Pèlerin
    6831, du 31 octobre 2013.

Des pans entiers de la population se sentent abandonnés ; le sentiment d’incompréhension s’étend. La colère est sourde. Jusqu’ici, elle est le plus souvent rentrée. Mais de temps en temps, elle déborde comme le lait sur le feu : dans les urnes à l’occasion d’élections partielles, en Bretagne à l’annonce de fermetures d’usines, dans le Sud-Est lorsqu’un commerçant se fait une nouvelle fois braquer.

Son. Ecoutez l'édito d'Anne Ponce.



Dans ce contexte, l’incrédulité grandit face aux errances d’une partie de la classe politique. On a récemment atteint un apogée avec l’affaire dite « Leonarda », qui a donné lieu à un emballement surréaliste où l’émotion et les approximations ont rivalisé d’excès. Lamentables (et ratées) ont été les tentatives de récupération. Tandis que, côté médias – cela me crève le cœur de l’avouer –, on ne peut pas dire que l’on ait fait mieux : la raison et l’analyse ont eu du mal à se faire entendre. Du grand n’importe quoi.

Mettons plutôt à l’honneur les audacieux, les courageux et les innovateurs : ils sont déjà à l’œuvre. Le fatalisme n’est pas notre histoire.

Alors, maintenant, que fait-on ? Posons-nous la question. Car le plus dur n’est pas d’affronter les difficultés. Être réaliste ? Oui. Se mobiliser ? Bien sûr. Se serrer la ceinture ? Pourquoi pas. Mais pour faire quoi ? Où sont les projets qui nous rassemblent ? Radoter le mantra « quand-la-croissance-reviendra-tout-ira-mieux » ne suffit pas. Et succomber à la harangue « il-est-temps-de-donner- une bonne-leçon-aux-hommes-politiques » ne mènera nulle part.

Nous avons besoin d’ambitions plus constructives ; il faut en débattre et faire des choix. Les options ne manquent pas : retrouver un dynamisme industriel et économique, prendre le virage numérique, accélérer le tournant écologique et solidaire, raviver notre démocratie.

Pensons globalement, agissons localement et retrouvons du souffle. Sinon, la grisaille de novembre pourrait tourner en révolte à la mode de mai. Au lieu de succomber à la désespérance, mettons plutôt à l’honneur les audacieux, les courageux et les innovateurs : ils sont déjà à l’œuvre. Le fatalisme n’est pas notre histoire. Et la grisaille n’est pas ma couleur préférée.

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Paru le 18 janvier 2018

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