Goût de cendres

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© Olivier Balez
Goût de cendres
© Olivier Balez

Avec le mercredi des Cendres s’est ouverte la période du Carême. Mais en réalité, voilà déjà plusieurs semaines pour Anne Ponce que nous vivons avec un goût de cendres.

Dossier

Nos éditos

Les éditos d'Anne Ponce

À propos de l'article

  • Créé le 18/02/2015
  • Publié par :Anne Ponce
  • Édité par :Cécile Picco
  • Publié dans Pèlerin
    6899, du 19 février 2015

Les attentats de janvier en France nous avaient plongés dans la stupeur et la tristesse et, même un mois après, celles-ci ne s’étaient pas dissipées.

Chaque matin, en arrivant à Pèlerin, je passe devant une école juive où les enfants viennent étudier sous la surveillance des soldats de l’armée.

Tristesse.

Les attentats au Danemark, la dévastation du cimetière juif de Sarre-Union, l’assassinat de chrétiens égyptiens sont venus raviver notre indignation et nos questionnements.

En fait, avant les événements du week-end, je m’étais dit que, cette semaine, je pourrais parler ici du Carême.

► Son. Ecoutez l'édito d'Anne Ponce sur les ondes de RCF.

 

Je voulais partager avec vous mon étonnement admiratif devant l’incroyable vitalité des propositions actuelles : redécouverte du jeûne, renouveau des conférences de Carême, rencontres œcuméniques, retraites dans les monastères, parcours en ligne, solidarité avec les chrétiens d’Orient, partage avec les plus pauvres, etc.

Et puis l’actualité a de nouveau tout submergé. Je me suis dit que je parlerais du Carême une autre fois.

Et puis non ! Tout au contraire !  Car si le Carême a réellement un sens, il ne peut pas être déconnecté de la vie, ni du tragique de l’actualité.

Toutes les initiatives évoquées sont donc en réalité autant de formes de résistance. Une résistance spirituelle.

Le Carême est en effet un temps pour se recentrer sur l’essentiel. Une occasion de clarifier ce qui compte vraiment, de s’interroger sur le sens de l’existence, personnellement, mais aussi collectivement : quel type de société voulons-nous édifier, pour nous et pour nos enfants ?

Une invitation à purifier nos images de Dieu : un Dieu que l’on brandit et manipule à sa guise ou bien un Dieu par lequel nous nous laissons transformer ?

Une incitation, enfin, à cultiver les relations fraternelles : comment faire reculer les incompréhensions et la méfiance ?

Résistance donc ! Ne laissons pas la peur et la haine avoir le dernier mot.

 Un jour, le bien l’emportera 

→ disait le grand rabbin Korsia dans Pèlerin le mois dernier après les attentats.

Après le mercredi des Cendres nous est promis le jour de Pâques.

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Paru le 14 juin 2018

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