Europe, déesse grecque ?

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Athènes, le 5 juillet 2015. © Aris Messin / AFP
Athènes, le 5 juillet 2015.
Athènes, le 5 juillet 2015. © Aris Messin / AFP

Tonnerre de Zeus ! Les Grecs ont voté non lors du référendum de dimanche dernier. La réponse est non… mais quelle était donc la question, pourrait-on dire en paraphrasant Woody Allen ? À quoi les Grecs ont-ils donc dit non ?

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À propos de l'article

  • Créé le 08/07/2015
  • Publié par :Anne Ponce
  • Édité par :Estelle Couvercelle
  • Publié dans Pèlerin
    6919, du 9 juillet 2015

Les Grecs ont dit non à un projet de plan de leurs créanciers pour maîtriser la dette. Non à l’austérité. Non à l’humiliation de mesures qui leur paraissaient imposées par d’autres. Il faut dire que le pays est dans un état dramatique, affichant pauvreté et chômage record.

Les Grecs ont-ils ouvert la boîte de Pandore ? Pas facile de le dire à l’heure où sont écrites ces lignes (Pèlerin est bouclé le lundi après-midi).

Car en votant non au plan de leurs créanciers, les Grecs n’ont pas forcément voulu dire non à l’Europe.

En tout cas pas dans leur esprit. Tout se passe comme s’ils étaient persuadés que l’Union européenne ne les abandonnera jamais. Attitude présomptueuse ! Et qui agace depuis un moment la plupart de leurs partenaires du continent.

Mais les Grecs ont sans doute raison. Car leur avenir n’est pas seulement une question économique et financière mais aussi un enjeu géopolitique.

L’Union européenne ne peut pas prendre le risque de voir ce pays sombrer dans le chaos alors qu’il se situe dans une région fragile – les Balkans –, au bord d’une Méditerranée agitée et aux frontières d’un Orient enflammé.

Ne jouons pas les Cassandre ; le pire n’est donc pas sûr. À une condition quand même : à long terme, les Grecs ne s’en sortiront pas s’ils rejettent toute la faute sur l’extérieur, l’Europe, l’euro, le FMI, les banques…


La responsabilité de la crise est certes partagée et les plans d’austérité imposés par les créanciers n’ont fait qu’enfoncer le pays.

Mais il reste aux Grecs à accomplir leurs propres travaux d’Hercule : réforme fiscale notamment et maîtrise d’un budget militaire qui reste en pourcentage l’un des plus élevés du continent.

Au théâtre, les héros des grandes tragédies peuvent rejeter la faute de leur infortune sur les vents contraires et compter sur les dieux pour venir à leur aide. Mais, dans la réalité, la réussite appartient à ceux qui prennent en main leur propre destin.

Fille d’Agénor et de Téléphassa, même la déesse… Europe ne dirait pas le contraire !

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Paru le 19 juillet 2018

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