Chrétiens et musulmans : le dialogue malgré tout

agrandir Archevêque, Grand Rabbin et Grand Mufti à l’occasion d’une conférence « Les chefs religieux appellent à la paix au Moyen-Orient » au Forum économique de Davos, en Suisse, le 30 Janvier 2009.
Archevêque, Grand Rabbin et Grand Mufti à l’occasion d’une conférence « Les chefs religieux appellent à la paix au Moyen-Orient » au Forum économique de Davos, en Suisse, le 30 Janvier 2009. © World Economic Forum
Archevêque, Grand Rabbin et Grand Mufti à l’occasion d’une conférence « Les chefs religieux appellent à la paix au Moyen-Orient » au Forum économique de Davos, en Suisse, le 30 Janvier 2009.
Archevêque, Grand Rabbin et Grand Mufti à l’occasion d’une conférence « Les chefs religieux appellent à la paix au Moyen-Orient » au Forum économique de Davos, en Suisse, le 30 Janvier 2009. © World Economic Forum

Non, nous ne sommes donc pas condamnés au choc des civilisations et à la guerre entre les religions. Le dialogue est possible même s'il doit être exigeant : le respect de la liberté religieuse doit être reconnue partout et pour tous.

Dossier

Nos éditos

Les éditos d'Anne Ponce

À propos de l'article

  • Créé le 29/04/2015
  • Publié par :Anne Ponce
  • Édité par :Cécile Picco
  • Publié dans Pèlerin
    12 janvier 2011

Le doute s'instille, l'inquiétude grandit, le rejet ne se cache plus.

Depuis quelques années, la méfiance envers l'islam se répand en Europe. Un sondage atteste de la banalisation du discours sur « les dangers de l'islamisation » dans nos sociétés : environ 40 % des Français considèrent l'islam comme une menace (1).

Cette méfiance s'alimente de questionnements sur l'intégration, de débats sur la dignité de la femme, des prises d'otages de Français en Afghanistan ou au Sahel, ou même de l'agacement envers les pubs pour les produits halal.

Les attentats récents contre les communautés chrétiennes du Proche-Orient contribuent évidemment à attiser le soupçon.

Disons-le tout net. Il faut refuser la mise en accusation générale d'une communauté.


Beaucoup de musulmans sont les premiers indignés des attentats meurtriers envers les chrétiens.

En France, les responsables religieux ont condamné avec vigueur les horreurs d'Alexandrie et ont envoyé des délégations dans les églises coptes à l'occasion du Noël orthodoxe.

Par ailleurs, n'oublions pas que les populations musulmanes sont très souvent les premières victimes des violences commises par les extrémistes.

Non, nous ne sommes donc pas condamnés au choc des civilisations et à la guerre entre les religions.

Le dialogue est possible même s'il doit être exigeant : le respect de la liberté religieuse, le droit à la dignité, la possibilité de choisir et de pratiquer librement sa religion doivent être reconnus partout et pour tous.

Sur tous ces points, nous sommes encore loin du compte et les discussions sont vives, y compris au sein même du monde musulman. Pour tous, le dialogue est la seule voie d'avenir.

Pour les chrétiens, il n'est pas une option facultative. Comme le soulignait le théologien Bruno Chenu, le dialogue fait partie de l'identité même du christianisme :


Les chrétiens ne seraient pas fidèles à l'Évangile s'ils ne cherchaient pas le dialogue avec tout homme, à l'image de Jésus

→ écrivait-il.

Alors plutôt que le doute, l'inquiétude et le rejet, il faut choisir le chemin de la foi (au même Dieu), de l'espérance (malgré tout) et de la paix (à construire).

 (1) Sondage Ifop publié par Le Monde, le 5 janvier 2011.

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Paru le 18 janvier 2018

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