Besoin d’une bonne révision ?

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© Frédéric BISSON / Flickr
Besoin d’une bonne révision ?
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Cette semaine, Anne Ponce, directrice de la rédaction de Pèlerin a testé l'économie collaborative. Sans regret, si ce n'est un seul ...

Dossier

Nos éditos

Les éditos d'Anne Ponce

À propos de l'article

  • Créé le 16/03/2016
  • Publié par :Anne Ponce
  • Édité par :Cécile Picco
  • Publié dans Pèlerin
    6955 du 17 mars 2016

J’ai fait cette semaine mes premiers pas dans l’économie collaborative. Je vous explique ?

Je prends mon vélo tous les jours pour venir travailler à Pèlerin, et mon engin avait besoin d’une bonne révision.

Dans un premier temps, je m’étais mis dans la tête de réparer phares et dérailleur toute seule, avec des outils basiques. Mais j’avais en réalité largement présumé de mes capacités techniques.

Écrire un article pour Pèlerin, ça va. Maîtriser le bitoniau des vitesses, zéro.

Moralité : il est rare qu’on ait réponse à tout, seul, dans son coin.

►Son. Ecoutez l'édito d'Anne Ponce sur RCF.

Sur les conseils d’une amie, j’ai donc pris la direction du Rayon vert. Rien à voir ici avec le roman de Jules Verne, l’atelier du Rayon vert est un chantier d’insertion qui accompagne et forme plusieurs salariés au recyclage et à la réparation de vélos.

En adhérant à l’association, chacun peut venir entretenir et réparer sa bicyclette avec l’aide de l’équipe.

Une fois payée ma cotisation (20 euros), me voilà donc avec une brosse pour nettoyer la chaîne et un tournevis pour régler le passage des vitesses. Enfin soyons honnêtes, c’est surtout l’un des membres de l’atelier qui fut à la manœuvre.

À la fin, je ne sais pas qui était le plus fier : ce jeune parce qu’il avait fait la démonstration de son savoir-faire, ou moi, avec mon vélo révisé.

Ainsi va l’économie sociale et solidaire : collaborative, efficace et, ce qui ne gâche rien, conviviale. Tout le monde est gagnant.

L’expérience n’est pas anecdotique. L’économie sociale et solidaire représente une part non négligeable de la création de richesse du pays. Elle s’inscrit dans le sillage de nouvelles aspirations.

Le rapport au travail change, les modes de consommation évoluent, de nouvelles formes de collaboration s’inventent.

Un terrain peuplé d’irréductibles Gaulois résiste cependant : la politique. Sauf exception locale, elle continue de fonctionner avec des outils basiques.

Les gouvernants, seuls dans leur coin, estiment qu’ils ont réponse à tout mais ça ne marche plus. Le blocage sur la réforme du droit du travail en est un exemple confondant. Le gouvernement a décrété, les syndicats ont bloqué, les manifs ont commencé : on connaît la chanson. Le plus désespérant dans cette affaire est que nous soyons incapables de conjuguer nos efforts pour combattre le chômage.

Notre mode de gouvernance aurait besoin lui aussi d’une bonne révision : à quand nos premiers pas dans la politique collaborative ?

Juste une dernière chose. Je vous livre une citation du philosophe Marcel Gauchet qui rejoint l’une de mes plus fortes convictions : « La modération n’est pas la mollesse. Elle demande beaucoup de fermeté et un grand effort sur soi-même. La facilité, c’est la radicalité. » (Le Monde, 10 mars 2016).

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Paru le 14 juin 2018

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