Avec ou sans barbe ?

agrandir Pour Anne Ponce, "il est aisé de constater que sans entrepreneur, il n’y aurait pas d’emploi pour les salariés. Et que sans les efforts des salariés, il n’y a pas d’entreprise qui réussisse."
Pour Anne Ponce, "il est aisé de constater que sans entrepreneur, il n’y aurait pas d’emploi pour les salariés. Et que sans les efforts des salariés, il n’y a pas d’entreprise qui réussisse." © sebra/Fotolia
Pour Anne Ponce, "il est aisé de constater que sans entrepreneur, il n’y aurait pas d’emploi pour les salariés. Et que sans les efforts des salariés, il n’y a pas d’entreprise qui réussisse."
Pour Anne Ponce, "il est aisé de constater que sans entrepreneur, il n’y aurait pas d’emploi pour les salariés. Et que sans les efforts des salariés, il n’y a pas d’entreprise qui réussisse." © sebra/Fotolia

Anne Ponce est directrice de la rédaction de Pèlerin. Elle revient sur la place médiatique souvent trop importante faite à des épisodes anecdotiques de la vie politique et fait le vœux d'un recentrement du débat sur les questions essentielles comme l'emploi ou le sort des migrants.

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Les éditos d'Anne Ponce

À propos de l'article

  • Créé le 27/01/2016
  • Publié par :Anne Ponce
  • Édité par :Aude Loyer-Hascoët
  • Publié dans Pèlerin
    6948 du 28 janvier 2016

Anne-Edito ok

Anne Ponce

Stupide. Vraiment stupide. Cette polémique sur une petite phrase d’Emmanuel Macron devenue affaire d’État est consternante.

Je vous rappelle le film des événements ? La semaine dernière, le ministre de l’Économie déclare au détour d’une interview à la radio :







           

 La vie d’un entrepreneur est souvent bien plus dure que celle d’un salarié. 

⟶ Pataquès !

S’ensuivit une guerre picrocholine, un extravagant battage médiatique : les opposants s’opposèrent, les commentateurs commentèrent. Pour un peu on se serait cru aux plus beaux temps de la lutte des classes. Ou en fait non ! Plutôt dans un épisode des voyages de Gulliver, celui qui voit s’opposer deux camps dans une guerre féroce pour une question d’importance : faut-il casser son œuf à la coque par le petit ou par le gros bout ?

Avec un minimum de bonne foi et d’esprit de consensus, ce type de polémique pourrait pourtant être évité. Dans le cas qui nous occupe, il est aisé de constater que sans entrepreneur, il n’y aurait pas d’emploi pour les salariés. Et que sans les efforts des salariés, il n’y a pas d’entreprise qui réussisse. Sans compter que la variété des situations des chefs d’entreprise et des salariés empêche toute généralisation. Fermez le ban.

▶ Sur ce sujet, retrouvez notre article : Ex-chômeurs, ils ont retrouvé le chemin de l’emploi

Tout ce qu’on peut éventuellement en conclure c’est que, comme le dit la sagesse populaire :


Mieux vaut être riche et bien portant que pauvre et malade. 

⟶ Cela ne fait en rien avancer le schmilblick, vous en conviendrez.

Cet épisode pourrait être anecdotique, mais il ne l’est pas. En quelques jours, on a dû supporter d’autres pseudo-débats tout aussi fatigants : « Jean-François Copé devait-il s’allonger sur le divan de Marc-Olivier Fogiel ? » ; « Manuel Valls a-t-il eu raison d’aller sur le plateau d’On n’est pas couché ? » ; « Notre ministre de l’Économie est-il plus sexy avec ou sans barbe ? »

J’ai évidemment une opinion sur chacun de ces sujets (surtout sur la question de la barbe d’Emmanuel Macron en fait), mais je préférerais que nous mobilisions collectivement notre énergie sur des débats plus essentiels comme : « Comment créer de l’emploi ? » et « Comment faire face à la crise des migrants ? » Car une chose est certaine : en France, la vie d’un chômeur ou d’un réfugié syrien est toujours plus dure que celle d’un journaliste ou d’un homme politique.

▶ Retrouvez également notre dossier Migrants : le défi politique, les réponses pratiques

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Paru le 19 avril 2018

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