À la lumière des verres de Biot

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Inondation du boulevard du Riou, à Cannes, le 3 octobre 2015. © Nicolas Gavet / Panoramic
Inondation du boulevard du Riou, à Cannes, le 3 octobre 2015.
Inondation du boulevard du Riou, à Cannes, le 3 octobre 2015. © Nicolas Gavet / Panoramic

Anne Ponce, directrice de la rédaction de Pèlerin, réagit aux inondations qui ont touché le sud-est de la France, en ce début d'octobre 2015.

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À propos de l'article

  • Créé le 07/10/2015
  • Publié par :Anne Ponce
  • Édité par :Estelle Couvercelle
  • Publié dans Pèlerin
    6932, du 8 octobre 2015

Le dimanche soir chez nous, le dîner est toujours simple et rapide. Mais dimanche dernier, j’ai sorti avec cérémonie mes beaux verres de Biot et je les ai posés sur la table :

Ce soir, ai-je annoncé à mon mari et à mes enfants, nous rendons hommage à la Verrerie de Biot, dévastée par les inondations. 

Par tradition familiale, nous connaissons bien en effet Biot et sa Verrerie. Achetées au fil des ans, les pièces de verre soufflé, créées par les artisans verriers, illuminent notre table de leur couleur tilleul, lavande ou rose des sables. Dimanche soir, nous avons donc beaucoup pensé à Biot, à Antibes, à la Côte d’Azur sinistrée et aux habitants endeuillés.

Cette catastrophe naturelle meurtrière est loin d’être la première. On se souvient de la tempête Xynthia qui frappa l’ouest de la France en 2010, des pluies torrentielles qui ont touché le Var la même année et des inondations dans le Sud l’an dernier.

Et malheureusement, cette tragédie n’est sans doute pas la dernière. Les scientifiques nous ont prévenus que les dérèglements climatiques se traduiraient non seulement par un réchauffement, mais aussi par une multiplication de phénomènes plus forts et plus violents. Nous y sommes.

Jadis, en pareil cas, l’homme tournait sa colère vers le Ciel. Maintenant on scrute le ciel et on accuse… Météo France. Les ingénieurs ne peuvent cependant maîtriser la nature et ils ne peuvent même pas prévoir ses débordements avec exactitude.

L’homme se rêve tout-puissant, mais il ne l’est pas. La nature se rebelle, contre nos prédations ou les excès de l’urbanisation, et les résultats se déversent sur nous, au sens propre du terme.

En regardant les images de la Côte d’Azur dimanche, une phrase du professeur Bruni, entendue la veille à la 90e session des Semaines sociales, me revenait en tête :


Si nous ne sommes pas les gardiens les uns des autres, nous ne serons jamais capables non plus d’être les gardiens de la terre. 

« Tout est lié », dit aussi le pape François dans l’encyclique Laudato si’.

Des mots qui rejoignent le savoir-faire ancestral et patient des artisans verriers de Biot : c’est avec respect et délicatesse qu’il leur faut chaque jour manier l’air, la terre et le feu pour façonner le verre et, de leur souffle, faire jaillir la lumière. 

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Paru le 19 juillet 2018

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