14 régions, 270 fromages

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Carte de France (1816) divisée en 86 departemens. © Norman B. Leventhal
Carte de France (1816) divisée en 86 departemens.
Carte de France (1816) divisée en 86 departemens. © Norman B. Leventhal

Anne Ponce, directrice de la rédaction à Pèlerin, revient la réforme territoriale lancée par François Hollande et visant à réduire le nombre de régions de 22 à 14.

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Nos éditos

Les éditos d'Anne Ponce

À propos de l'article

  • Créé le 11/06/2014
  • Publié par :Anne Ponce
  • Édité par :François Boulard
  • Publié dans Pèlerin
    6863, du 12 juin 2014.

« Comment voulez-vous gouverner un pays qui compte 270 variétés de fromage ? » serait la formule attribuée au général de Gaulle. C’est à ce constat que je pense en observant les réactions après la décision du président de la République de réduire le nombre de régions de 22 à 14. Quelle histoire ! Il faut dire que l’organisation territoriale française tient du mille-feuille : 22 régions, 101 départements, 2 600 intercommunalités, 36 000 communes (et encore davantage de clochers…).

Voilà plusieurs années pourtant que cette réforme se prépare. À l’invitation de Nicolas Sarkozy, en 2009, Édouard Balladur avait déjà préconisé de réduire le nombre de régions à 15. D’autres, des élus ou des géographes, ont eux aussi planché sur la question.

Avec un même objectif : simplifier le fonctionnement des collectivités, diminuer les dépenses publiques, développer un rayonnement européen. Cet apparent consensus masque cependant un phénomène classique que j’appelle « le paradoxe du TGV » : tout le monde est pour le TGV à condition que… la ligne ne passe pas dans son jardin. Pour la réforme territoriale, il en est de même : tout le monde est conscient de sa nécessité mais chacun a sa propre idée de la mise en œuvre.

►Son. Écoutez l’édito d’Anne Ponce.

 

La question est en effet complexe. Il faut prendre en compte des logiques historiques et culturelles, des rationalités économiques et administratives. Mais il serait dangereux d’en rester là car l’enjeu n’est pas de réussir le plus beau puzzle possible. Une partie des citoyens doute : « Qui décide quoi aujourd’hui ? Bruxelles ? La mondialisation ? Existe-t-il encore une autorité, un État, qui ait réellement prise sur la marche du pays ? À qui se fier ? »

De toute évidence, une partie de la population est insécurisée et se sent dépossédée de son destin. Et, dans ce contexte, la proximité rassure, les racines servent de refuge, le terroir, de repère. Il serait dramatique qu’une réforme mal gérée aggrave encore le malaise et il est vital que le débat ne fasse pas l’impasse sur ce défi démocratique.

N’oublions pas la leçon des élections européennes : une leçon qui vaut bien un fromage sans doute, n’est-ce pas Monsieur de La Fontaine ?

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Paru le 5 avril 2018

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