11 janvier 2015, le sursaut

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Dans le cortège de la marche républicaine, dimanche 11 janvier 2015, sur la place de la République, à Paris. © Sébastien Amlet / Flickr / CC
Dans le cortège de la marche républicaine, dimanche 11 janvier 2015, sur la place de la République, à Paris.
Dans le cortège de la marche républicaine, dimanche 11 janvier 2015, sur la place de la République, à Paris. © Sébastien Amlet / Flickr / CC

Anne Ponce, directrice de la rédaction de Pèlerin, est descendue dans la rue, dimanche 11 janvier 2015, comme plus de 3 millions de personnes.

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À propos de l'article

  • Créé le 12/01/2015
  • Modifié le 12/01/2015 à 15:34
  • Publié par :Anne Ponce
  • Édité par :Estelle Couvercelle
  • Publié dans Pèlerin
    6894, du 15 janvier 2015

J’écris cet éditorial au retour de la marche républicaine de dimanche. Encore émue et impressionnée.

J’ai vu une foule immense que nul ne pouvait dénombrer

Cette citation biblique m’est venue alors que je me trouvais au cœur de cet incroyable rassemblement. J’ai vu ce 11 janvier 2015 une marée humaine. Calme, grave, déterminée, fraternelle.

Nous étions Charlie, nous étions policiers, nous étions juifs: tout cela à la fois, comme le proclamaient les banderoles.

Le « Je suis Charlie » est devenu un symbole. Comme jadis le « Ich bin ein Berliner » de J. F. Kennedy lors de sa visite à Berlin en 1963.

Il y a quelques jours encore, on lisait Charlie Hebdo ou on ne le lisait pas; ses dessins vaches et ses titres provocateurs nous faisaient sourire ou pas. Peu importe.

Nous voulons qu’un journal comme Charlie puisse exister: un point c’est tout. Nous restons imprégnés de ces mots attribués à Voltaire:

Je ne suis pas forcément d’accord avec ce que vous dites mais je me battrai jusqu’au bout pour que vous puissiez le dire.

Nous refusons aussi que des fondamentalistes prennent la religion en otage ; Dieu n’a pas besoin de terroristes pour se défendre.

Avec l’attentat contre Charlie Hebdo, les meurtres de policiers et les assassinats dans un supermarché casher, nous avons été attaqués au plus profond de notre identité nationale: la liberté d’opinion et la liberté religieuse. Voilà ce qui explique notre indignation.

Et maintenant ? Resterons-nous dignes de ce moment ? Des choix fondamentaux nous attendent et des analyses approfondies sont nécessaires. Il se peut aussi que les politicailleries recommencent. Le pays va reprendre le cours de sa vie.

Mais ce moment d’unité peut avoir quelque chose de fondateur. Avant tous ces événements, le climat social était à la morosité et à l’autoflagellation. Les attentats nous ont certes montré plus vulnérables qu’on ne le pensait; la France a été blessée.

Mais le sursaut collectif a révélé aussi une communauté nationale plus solide qu’on ne l’aurait cru. Les difficultés sont donc évidement devant nous. Au retour du rassemblement du 11 janvier, j’ai cependant le sentiment que nous nous sentons plus forts pour les affronter.

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Paru le 18 janvier 2018

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