Nicolas Duvauchelle : “Devenir père est un combat de chaque instant”

agrandir Nicolas Duvauchelle a obtenu le César 2017 du meilleur acteur pour le film "Je ne suis pas un salaud".
Nicolas Duvauchelle a obtenu le César 2017 du meilleur acteur pour le film "Je ne suis pas un salaud". © Philippe Quaisse / Pasco
Nicolas Duvauchelle a obtenu le César 2017 du meilleur acteur pour le film "Je ne suis pas un salaud".
Nicolas Duvauchelle a obtenu le César 2017 du meilleur acteur pour le film "Je ne suis pas un salaud". © Philippe Quaisse / Pasco

Il a la voix caverneuse, un regard intense & une belle gueule à la James Dean. Le cinéma français sollicite de plus en plus cet acteur de 37 ans. Et on s’en félicite.

À propos de l'article

  • Créé le 18/03/2018
  • Publié par :Pierre-Olivier Boiton
  • Édité par :Sabine Harreau
  • Publié dans Pèlerin
    7060 du 22 mars 2018

La dernière fois que vous avez pleuré ?
Il y a six mois, à la naissance de mon fils, Andrea. J’ai été submergé par l’émotion.

La dernière fois que vous avez demandé pardon ?
Quand j’ai lu la détresse dans les yeux de ma fille que j’avais oublié d’aller chercher à l’école à 16h 30. Je m’en suis horriblement voulu.

Une bonne raison de vous lever chaque matin ?
Le biberon de 7 heures.

Ce qui vous rend meilleur ?
Devenir père, c’est-à-dire vouer sa vie à quelqu’un d’autre qu’à soi-même. C’est un combat de chaque instant.

Ce qui vous met en colère ?
L’ultralibéralisme qui gangrène le monde. En France, l’État est en train de détruire son service public. On supprime des lignes de TER dans les campagnes, malgré le besoin des usagers. C’est quoi, l’étape suivante ? Demander à l’Éducation nationale de devenir rentable, elle aussi ?

Ce qui vous fait peur ?
Le repli sur soi, le chacun pour sa pomme. Beaucoup de gens ont un travail pénible, usant, et on leur fait croire qu’ils ont une chance inouïe d’avoir ce travail. Arrêtons de nous moquer d’eux.

Votre remède contre la déprime ?
Les copains, boire un coup. Et le sport. Pratiquer le ju-jitsu brésilien me fait un bien fou.

Un geste d’amour ?
Sourire à un inconnu. Pas toujours évident, surtout à Paris, où les gens sont tendus...

Quelle faute pardonnez-vous facilement ?
La colère. Parce qu’étant jeune, je m’emportais très souvent. Je m’apaise avec l’âge.

Ce que vous aimeriez changer en vous ?
Oh là, vaste chantier ! Il faudrait que je commence par me coucher plus tôt.

Si vous deviez faire un autre métier, ce serait ?
Je travaillerais dans le médical, l’aide à la personne.

Votre devise ?
« On n’a rien sans rien. »

Quel est votre objet chéri ?
Un couteau suisse que m’a donné mon grand-père. Quand je l’empoigne, tous les souvenirs remontent à la surface.

Que reste-t-il en vous de l’enfant que vous étiez ?
Ma capacité à m’étonner et à m’émouvoir.  Je tiens à la garder.

Vous avez un rendez-vous de cinq minutes avec le pape François. Quel sujet abordez-vous ?
Je ne sais pas. Peut-être pourrait-il m’aider à trouver en moi la force pour pardonner...

Pour vous, Jésus, c’est...
Celui qui a déclaré « Aimez-vous les uns les autres » et nous a donné les clés du bonheur. Dommage que personne n’ait su les utiliser.

Vous rencontrez Dieu en vrai. Qu’aimeriez-vous qu’il vous dise ?
« Pas mal, Duvauchelle. Bilan honorable. »

« Prier » rime avec...
Espérer.

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Paru le 5 avril 2018

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