Calais : comment sortir de l’impasse ?

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Le nombre d’exilés campant dans le bidonville de Calais a doublé depuis la fin de l’été. © Philippe Huguen / AFP
Le nombre d’exilés campant dans le bidonville de Calais a doublé depuis la fin de l’été.
Le nombre d’exilés campant dans le bidonville de Calais a doublé depuis la fin de l’été. © Philippe Huguen / AFP

Des ONG demandent aux pouvoirs publics de prendre des mesures d’urgence pour les exilés qui campent à Calais.

Migrants : le défi politique, les réponses pratiques

À propos de l'article

  • Créé le 27/10/2015
  • Publié par :Marie-Valentine Chaudon
  • Édité par :Estelle Couvercelle
  • Publié dans Pèlerin
    6935, du 29 octobre 2015

Lundi 26 octobre 2015, le Secours catholique et Médecins du monde (MDM) ont déposé, aux côtés de migrants soudanais, érythréens, irakiens, afghans et syriens, un recours en référé devant le tribunal administratif de Lille.

Ils demandent aux pouvoirs publics de prendre des mesures d’urgence pour les exilés qui campent à Calais, dans l’espoir de rejoindre l’Angleterre.

« La situation est grave, insiste Laurent Seux, directeur de l’action France au Secours catholique. Les droits fondamentaux, comme le droit au respect de la vie et à la dignité humaine sont bafoués. Il faut que l’État prenne ses responsabilités. »

Depuis la fin de l’été, le nombre de personnes vivant dans la « jungle », le bidonville installé en périphérie de Calais, est passé de 3 000 à 6 000. Des hommes, des femmes, des enfants qui subsistent sur un terrain insalubre.

« Humaniser » mais aussi verrouiller

Le 21 octobre, les alertes des associations ont été renforcées par « l’appel de Calais » lancé par 800 intellectuels pour dénoncer le « désengagement de la puissance publique ».

Le même jour, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve s’est rendu pour la septième fois sur place. Il a promis notamment le renforcement des places dédiées aux femmes et aux enfants – une centaine actuellement –et la construction de 1 500 places d’hébergement sur le site, pour lesquelles Manuel Valls s’était déjà engagé cet été. La création d’un pôle de santé avancé a aussi été évoquée.

 Vidéo. Bernard Cazeneuve dans la "jungle" de Calais. France TV Info.

 
Cazeneuve dans la jungle de Calais

« Toutes ces mesures vont dans le bon sens, souligne Jean-François Corty, responsable des missions France de MDM. Le problème, ce sont les délais de leur mise en œuvre ! Rien n’est encore fait et il y a urgence. »

Bernard Cazeneuve a assuré vouloir « humaniser » l’accueil des migrants tout en annonçant un renforcement policier pour verrouiller la frontière entre la France et la Grande-Bretagne.

Une volonté de dissuader les candidats à l’exil, qui inquiète les associations : pour éviter les contrôles et traverser la Manche, les migrants prennent de plus en plus de risques.

Un nécessaire plan d’ensemble

A aujourd’hui, les ONG réclament « un plan d’ensemble », au niveau national mais aussi européen. « La solidarité doit se mettre en place bien au-delà du Pas-de-Calais, renchérit Jérôme Vignon, président de l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion.

La priorité est de protéger ces personnes. Ensuite, il faut prendre des mesures plus larges pour désengorger le site : accroître l’accès à l’asile en France, comme cela a déjà été fait ces derniers mois, et créer des centres d’accueil en amont de Calais, pour réguler les arrivées. »

Cependant, des associations et des élus locaux estiment que de telles mesures ne suffiront pas tant que le Royaume-Uni n’ouvrira pas davantage ses portes.

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Paru le 21 juin 2018

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