Mgr Michel Aupetit, nouvel archevêque de Paris

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Mgr Michel Aupetit, nouvel archevêque de Paris. © Stéphane OUZOUNOFF/CIRIC
Mgr Michel Aupetit, nouvel archevêque de Paris.
Mgr Michel Aupetit, nouvel archevêque de Paris. © Stéphane OUZOUNOFF/CIRIC

Il se rêvait curé de campagne. Le pape le propulse archevêque du plus symbolique des diocèses de France. Mgr Michel Aupetit ne s’est jamais beaucoup éloigné de Paris ; le voici héritier du cardinal Vingt-Trois, à la tête d’un diocèse de plus de 2 millions d’âmes.

À propos de l'article

  • Créé le 07/12/2017
  • Publié par :Christophe Henning
  • Édité par :Cécile Picco
  • Publié dans Pèlerin
    7 décembre 2017

« L’évêque est celui qui veille sur le troupeau du Christ », confiait Mgr Aupetit, à la tête du diocèse de Nanterre depuis le printemps 2014. Tirée de l’évangile de Jean, sa devise épiscopale résume l’engagement de toute une vie, avant même son ordination presbytérale tardive, à l’âge de 44 ans : « Je suis venu pour qu’ils aient la vie en abondance » (Jn 10, 10).

Né le 23 mars 1951 à Versailles (Yvelines), et issu d’une famille peu pratiquante, Michel Aupetit rêvait depuis son plus jeune âge être médecin. Et de fait, après des études à la faculté de Necker et Bichat, à Paris, le voici docteur en médecine en 1978, s’installant comme généraliste à Colombes (Hauts-de-Seine).

À 20 ans, il réfléchit à la fois au mariage et à la prêtrise. Une vocation qui mûrit à petits pas et en secret, et va prendre tout le monde de court. À 40 ans, il entre au séminaire de Paris : « L’appel de Dieu chez moi s’est fait tard », confie-t-il. Le 24 juin 1995, il est ordonné par le cardinal Jean-Marie Lustiger en la cathédrale Notre-Dame de Paris. Du soin des corps, il devient médecin des âmes, alors qu’aujourd’hui le pape le conduit au chevet de l’Église de Paris.

 

Au service des âmes

Sans toutefois être passé par des études romaines, le parcours ecclésial de Mgr Aupetit est impressionnant. Jusqu’en 2001, il est vicaire de la paroisse Saint-Louis en l’Ile – au cœur de Paris -, puis de la paroisse Saint-Paul – Saint-Louis, dans le Marais, tout en étant aumônier de collèges et lycées. En 2001, il passe sur la rive gauche, nommé curé de la toute récente paroisse Notre-Dame de l’Arche d’Alliance, édifiée en 1998 et voulue par le cardinal Lustiger pour signifier les liens indéfectibles entre judaïsme et christianisme.

Portrait de Mgr Michel Aupetit, nouvel archevêque de Paris, par KTOTV.

 

Cinq années de vie paroissiale qui le conduisent à une haute responsabilité diocésaine comme vicaire général, ce qui lui donne l’occasion de bien connaître le clergé parisien. Le 2 février 2013, Michel Aupetit est un des derniers évêques nommés par le pape Benoît XVI avant sa renonciation : il devient alors évêque auxiliaire à Paris. Pendant une petite année, puisqu’il est nommé à Nanterre par le pape François quatrième évêque de ce jeune diocèse de la couronne parisienne, créé à peine un demi-siècle plus tôt.

Mgr Aupetit a pu saisir les festivités du cinquantenaire, en 2016, pour dynamiser un diocèse de quelque 1,6 millions d’habitants, 150 prêtres et 80 paroisses. Ce qui ne l’empêchait pas d’assumer d’autres responsabilités et engagements, au premier rang desquels son expertise sur les questions de bioéthique.

L’Église m’a ouvert l’esprit bien plus sur l’homme que ce que pouvait m’apprendre la médecine, elle a élargi mon compas intellectuel.

Dès 1997, le prêtre médecin était titulaire d’un diplôme universitaire en bioéthique médicale, discipline qu’il enseigna au CHU de Créteil jusqu’en 2006. Une double appartenance scientifique et ecclésiale qui forge une éthique de la santé et de l’humanité : « L’Église m’a ouvert l’esprit bien plus sur l’homme que ce que pouvait m’apprendre la médecine, elle a élargi mon compas intellectuel », explique-t-il. Les sujets de préoccupation se multiplient, notamment à l’occasion du projet de loi du mariage pour tous mais aussi à propos de l’euthanasie, de la PMA et GPA : rigoureux et pédagogue, Mgr Aupetit intervient depuis quelques années dans les médias pour expliciter la position de l’Église de France.

En mars dernier, Mgr Aupetit était élu président du service Famille et société de la Conférence des évêques de France, ce qui devait déjà le conduire à s’engager davantage sur ces questions sociétales. On peut légitimement penser que sa nomination à Paris, alors que l’État français engage en 2018 une révision des lois de bioéthique, signifie que l’Église restera vigilante.

Une charge écrasante

Intervenant volontiers dans le domaine éthique, Mgr Aupetit reste plus discret sur les questions sociales ou politiques, comme les migrants ou la laïcité. Jusqu’alors président de Radio Notre-Dame et évêque accompagnateur des Chantiers du Cardinal, le nouvel archevêque de Paris, est donc à la tête d’un diocèse qu’il connaît bien : 2,2 millions d’habitants, quelque 1600 prêtres dont 500 incardinés (formant le clergé diocésain), et des problématiques que Mgr Aupetit a pu déjà aborder avec son prédécesseur.

Il devient aussi membre de droit du conseil permanent de la Conférence des évêques de France et chancelier de l’Institut catholique de Paris (ICP). Une charge écrasante, faite à la fois de gestion ecclésiale, de pastorale missionnaire, mais aussi d’investissement médiatique et politique.

La visibilité de l’Église de France passe en effet par le diocèse de Paris, dynamique et divers, disposant de vrais moyens par rapport à d’autres diocèses de France fragilisés. Reste qu’à Paris aussi, les fissures commencent à apparaître, ce que soulignait le cardinal Vingt-Trois lui-même, le 7 novembre dernier : « Est-ce que, poussés par les statistiques, nous ne nourrissons pas inconsciemment une théorie satisfaisante du petit nombre de convaincus face aux grand nombre des hésitants ? »

Le défi est de taille.

Le message de Monseigneur André Vingt-trois aux catholiques de Paris :

 

Bio

23 mars 1951 : naissance à Versailles
1978 : docteur en médecine
1990 : entrée au séminaire
24 juin 1995 : ordination sacerdotale à Paris
2006 : vicaire général de l’archidiocèse de Paris
2 février 2013 : évêque auxiliaire de Paris
4 avril 2014 : évêque de Nanterre
7 décembre 2017 : archevêque de Paris

Vos commentaires

1 Commentaire Réagir

Mgr Michel Aupetit

MichelW 07/12/2017 à 22:11

Une excellente nouvelle! Mgr Aupetit m'avait marqué par ses homélies à la fois simples, profondes et directes prononcées à Notre-Dame de Paris alors qu'il était évêque auxiliaire. Assurément un pasteur de haut niveau pour le diocèse de Paris et une ... lire la suite

Paru le 7 décembre 2017

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