P. Christian Mellon, jésuite : « On a besoin des chrétiens en politique ! »

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P. Christian Mellon, jésuite : « On a besoin des chrétiens en politique ! » © Alain Elorza/Ciric
P. Christian Mellon, jésuite : « On a besoin des chrétiens en politique ! »
P. Christian Mellon, jésuite : « On a besoin des chrétiens en politique ! » © Alain Elorza/Ciric

Investir tout le champ du débat citoyen : telle est la proposition que fait aux catholiques le P. Christian Mellon, jésuite. Entretien.

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À propos de l'article

  • Créé le 29/05/2013
  • Modifié le 29/05/2013 à 14:00
  • Publié par :Sophie Laurant
  • Édité par :Estelle Couvercelle
  • Publié dans Pèlerin
    6805 du 2 mai 2013.

Responsable de la formation au Centre de recherche et d'action sociales (Ceras), le P. Christina Mellon est aussi l'un des cofondateurs de l'association La politique, une bonne nouvelle. Il revient sur le rôle des chrétiens sur la scène politique.

Pèlerin. La loi sur le mariage pour tous vient d’être adoptée dans un climat très tendu. De nombreux chrétiens se sont engagés contre ce texte. Les encouragez-vous à continuer le combat ?
P. Christian Mellon.  Je les inviterais plutôt à transformer leur contestation tout à fait légitime de la loi Taubira en véritable engagement politique. On a plus que jamais besoin des chrétiens en politique ! La doctrine sociale de l'Église les encourage à se mettre au service du bien commun, à influencer les débats de société par leurs convictions et leurs valeurs. C'est même un devoir, nous dit l'encyclique de Benoît XVI, Caritas in veritate (2009). La charité ne passe pas uniquement par l'engagement associatif et humanitaire. Elle a aussi une dimension institutionnelle qui ne doit pas intimider le chrétien.

Vidéo.  Introduction de la conférence  du P. Christian Mellon. Le thème : « Ce que l'Église dit de la politique ». Jeudi 13 octobre 2011, à Nantes.

 

► Pour en savoir plus et découvrir en vidéo la suite de la conférence du P. Christina Mellon , sur le site Internet de la paroisse Saint-Matthieu-sur-Loire.

Serait-ce une bonne idée que des militants de la Manif pour tous se présentent aux prochaines municipales, en 2014, comme cela a été annoncé ?

Si des candidats se présentent uniquement pour se battre contre la nouvelle loi, ils se trompent : un élu ne peut pas prouver sa compétence en étant le porte-parole d'un seul combat. Et, d'ailleurs, les électeurs ne l'accepteraient pas. Mais si ces militants ont, entre-temps, élargi leur vision et acquis des compétences sur d'autres dossiers de la vie citoyenne, pourquoi pas ? On entre toujours en politique par une porte, et cette porte pourrait être la mobilisation de la Manif pour tous. Mais une fois entré, il faut prendre au sérieux l'ensemble de la tâche.

Tous les catholiques n’étaient pas contre le mariage pour tous. Et la plupart désapprouvent la radicalisation d’une partie des protestataires. N’y a-t-il pas là un risque de fracture entre croyants ?

Fracture est un mot un peu fort. Mais les difficultés à dialoguer sont réelles, même au sein de l'Église. Ce débat autour du mariage homosexuel a déconcerté bon nombre de croyants. Chez eux, toute une gamme de positions n'a pas osé s'exprimer. Nous rencontrons des personnes perplexes, d'autres qui ont changé d'opinion au fil du temps. Saisissons donc cette occasion pour faire avancer la discussion, dans les paroisses aussi, sur les conséquences de cette loi et sur la place des personnes homosexuelles dans l'Église.

Il ne faut pas avoir peur de la pluralité des opinions : le concile Vatican II a clairement établi que les catholiques peuvent, « à bon droit », parvenir à des conclusions différentes à partir des mêmes valeurs. En 1972, le texte de l'Assemblée des évêques français, Pour une pratique chrétienne de la politique,  rappelait que l'Évangile ne peut être la propriété d'un seul parti : il n'y a pas de « politique chrétienne ».

En revanche, tout chrétien doit, au cœur même de l'affrontement politique, dialoguer avec l'adversaire, refuser toute attitude violente ou de haine. C'est une chance qu'il n'existe pas, en France, de fort parti démocrate-chrétien qui apparaîtrait comme le porte-parole unique de tous les catholiques.

► Lire la suite de l’entretien de Sophie Laurant P. Christian Mellon : « On a besoin des chrétiens en politique », dans Pèlerin n° 6805 du 2 mai 2013.

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Paru le 12 juillet 2018

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