Mariage pour tous : Nicolas, condamné pour l'exemple ?

agrandir Le 21 avril 2013, aux Invalides, à Paris, deux "Mariannes" manifestent contre le projet de loi.
Le 21 avril 2013, aux Invalides, à Paris, deux "Mariannes" manifestent contre le projet de loi. © Revelli / Beaumont
Le 21 avril 2013, aux Invalides, à Paris, deux "Mariannes" manifestent contre le projet de loi.
Le 21 avril 2013, aux Invalides, à Paris, deux "Mariannes" manifestent contre le projet de loi. © Revelli / Beaumont

À propos de l'article

  • Créé le 24/06/2013
  • Publié par :Marie-Christine Vidal
  • Édité par :Alice Meker
  • Publié dans Pèlerin
    6813, paru le jeudi 27 juin 2013.

Alors que les manifestations en faveur de sa libération se multiplient dans plusieurs villes de France, Nicolas, le militant anti-mariage pour tous incarcéré, appelle à une « réaction pacifique ».

Ses parents, qui souhaitent que nul n'instrumentalise la condamnation de leur fils, sont sur la même longueur d'ondes : « Ne faites pas de lui un héros, encore moins un martyr ! Il ne mérite ni tant d'honneur ni, pour d'autres, tant de haine. »*

Condamné à deux mois de prison ferme pour « rébellion » et incarcéré depuis le 19 juin à Fleury-Mérogis (Essonne), Nicolas Bernard-Buss, 23 ans, paye cher son implication dans les rangs des anti-mariage pour tous.

Vidéo. Dimanche soir, plusieurs centaines de militants ont manifesté en soutien à Nicolas, condamné à deux mois de prison ferme et écroué mercredi.

 

Co-fondateur du mouvement pacifique des Veilleurs, l'étudiant « n'est d'aucun parti, d'aucune mouvance, précise Pierre-Philippe Boutron-Marmion, un de ses avocats.

Il défend juste ses idées, sans relâche. Il n'est ni fanatique ni dangereux. »

Pour son défenseur, « le gouvernement a pensé que c'était le meilleur moment pour couper court au mouvement d'opposition à la loi, en faisant peur à ceux qui continuent à résister ».

Or, Nicolas est « gênant car co-fondateur d'un mouvement pacifique qui mobilise beaucoup ».

Une peine pour l'exemple, donc, qui semble disproportionnée.

« En France, pays des droits de l'homme, comment expliquer qu'on fasse le procès de la liberté d'expression ? »


* La lettre des parents de Nicolas

« Nous, parents de Nicolas, sommes, comme beaucoup, touchés par la sanction judiciaire disproportionnée qui touche notre fils.

Nous sommes émus et touchés par l’ampleur du soutien qui lui y est manifesté.

Notre fils mène un combat qu’il juge essentiel, avec la fougue propre à la fois à son tempérament et à sa jeunesse.

Nous respectons ses convictions, tout comme il nous paraît indispensable que d’autres convictions puissent s’exprimer sur ce sujet.

Ne faites pas de lui un héros, encore moins un martyr ! Il ne mérite ni tant d’honneur ni, pour d’autres, tant de haine.

L’enjeu essentiel, celui qui doit tous nous mobiliser, est celui de la bonne santé de notre démocratie.

Cette démocratie est abîmée lorsque des milliers de jeunes et de moins jeunes manifestent pacifiquement sans jamais avoir le sentiment d’être entendus.

Elle est abîmée, aussi, par ceux qui professent des opinions extrêmes, prônent des actions violentes ou pratiquent l’invective sans discernement sur les réseaux sociaux ou dans la rue.

Beaucoup d’entre vous ont prévu de se rassembler pour manifester leur solidarité avec Nicolas.

Nous leur demandons instamment – comme nous le demandons aux forces de l’ordre – de ne pas céder à la violence.

Il est temps de chercher des issues constructives. »  

Les parents de Nicolas B. 

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Paru le 19 juillet 2018

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