François-Xavier Bellamy, maire adjoint de Versailles : « Engageons-nous contre la misère sociale »

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François-Xavier Bellamy, maire adjoint sans étiquette de Versailles © Elisabeth Schneider
François-Xavier Bellamy, maire adjoint sans étiquette de Versailles
François-Xavier Bellamy, maire adjoint sans étiquette de Versailles © Elisabeth Schneider

Agrégé de philosophie, maire adjoint sans étiquette de Versailles (Yvelines), catholique convaincu, François-Xavier Bellamy, 27 ans, a été de toutes les Manifs pour tous. Aujourd'hui, il appelle à l'engagement tous azimuts.

À propos de l'article

  • Créé le 25/08/2013
  • Publié par :Marie-Christine Vidal
  • Édité par :Estelle Couvercelle
  • Publié dans Pèlerin
    6821, du 22 août 2013.

Pèlerin. Les Veilleurs marchent en ce moment à la rencontre des Français (depuis le 11 août et jusqu’au 31 août 2013). Avez-vous été tenté de les rejoindre ?
François-Xavier Bellamy. C'était difficile, à cause d'un été chargé. Mais cette marche est une belle idée. La loi Taubira, instaurant le mariage entre personnes de même sexe, a cristallisé quelque chose qui la dépasse. Les Veilleurs ne sont pas mobilisés seulement contre le mariage pour tous. Ils s'élèvent, plus largement, contre toute politique qui, pour satisfaire des revendications catégorielles, refuse de considérer les conséquences de ses propres décisions : sur la question de la dette, de la finance, de l'environnement, c'est à chaque fois la même logique du court terme et de l'individualisme qui a suscité les injustices et la crise que nous connaissons.

 Diaporama. La marche des Veilleurs. Mouvement pacifique issu de la Manif pour tous, les « veilleurs » ont quitté Rochefort (Charente-Maritime) le 11 août et devraient arriver à Paris le 31 août. Nous les avons suivis lors de deux étapes en Vendée.

 

C’est le cas du mariage pour tous ?
Le gouvernement a agi en se disant « puisque ce désir de mariage des homosexuels existe, il faut lui donner satisfaction ». Bien sûr, je comprends que des personnes homosexuelles désirent avoir des enfants, et cet appel mérite d'être respecté. Mais le rôle du législateur n'est pas de satisfaire tout désir ! J'ai du mal à comprendre qu'un gouvernement de gauche ait fait passer cette loi. Pour moi, ce qu'il y a de meilleur dans la conscience de gauche, c'est l'affirmation que des normes sont nécessaires, que les individus n'ont pas tous les droits, et que le bien du plus petit doit toujours être premier.

Vidéo. Intervention de François-Xavier Bellamy lors de la Convention sur la famille organisée par l'UMP (24 janvier 2013). Source : UMP. Durée : 7 minutes.

 

En tant qu’agrégé de philosophie, quel est votre regard sur la Manif pour tous ?

Cet engagement collectif est l'occasion de s'étonner - et de s'émerveiller - parce qu'il aura été une expérience de gratuité. Les partisans du mariage pour tous n'ont cessé de nous demander : « Pourquoi êtes-vous opposés à ce texte car, s'il est adopté, vous n'y perdrez rien ? » C'est vrai, et c'est bien là ce qu'il y a de merveilleux : que tant de gens se soient réunis contre une loi qui ne leur enlevait rien ! Dans une société menacée par l'indifférence, ces immenses manifestations ont rassemblé des citoyens qui ne venaient pas défendre leur intérêt propre, mais celui de la société dans son ensemble, et de l'enfant en particulier.

Maintenant que la loi est passée, faut-il encore s’y opposer ?
Une loi injuste, même votée et promulguée, demeure injuste. Le mouvement social de la Manif pour tous a eu recours à toutes les voies démocratiques, jusqu'aux requêtes déposées devant le Conseil d'État - ce qui prouve bien que nous sommes respectueux des institutions ! C'est au nom de la démocratie, et de l'exigence de justice sur laquelle elle est fondée, qu'il faut continuer de s'opposer à ce texte. À nous de trouver de nouveaux moyens pour regagner le terrain perdu.

Quel terrain perdu ?
La loi républicaine a perdu du terrain, car le législateur a fui son rôle en se refusant à édicter une norme commune. Il s'est appuyé sur le fait qu'il y a aujourd'hui des formes de familles plurielles. C'est un argument explosif : s'il faut reconnaître toutes les façons de « faire famille », quels modèles familiaux accepterons-nous demain ? À travers ce recul, c'est aussi une certaine idée de la loi et de la famille qui a perdu du terrain.

► Lire la suite de l’article dans Pèlerin, n° 6721, du 22 août 2013.

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Paru le 18 janvier 2018

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