Tous pèlerins

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Antoine d'Abbundo © William Baucardet
Antoine d'Abbundo
Antoine d'Abbundo © William Baucardet

Mettre ses pas dans les traces de ceux qui nous ont précédés n'empêche pas de trouver sa propre voie.

À propos de l'article

  • Créé le 06/06/2013
  • Modifié le 06/06/2013 à 11:00
  • Publié par :Anne Ponce
  • Édité par :Estelle Couvercelle

C'est l'une de ces subtilités dont le calendrier religieux a le secret. Lorsque la fête de saint Jacques, le 25 juillet, tombe un dimanche, l'année en cours est dite « jacquaire ».

Cette année 2010 est donc une occasion spéciale de festivités pour la ville espagnole de Saint-Jacques-de-Compostelle et pour tous les chemins qui y mènent.

Dimanche, c'est aussi la fête de tous les pèlerins. Et ils sont particulièrement nombreux, ceux qui prennent la route pour emprunter cet itinéraire millénaire. Certains sont chrétiens, d'autres non. Beaucoup sont en quête de spiritualité. Certains sont croyants, d'autres pas du tout.

On prend la route pour « faire le point », pour réfléchir, pour « faire une coupure » ou pour trouver Dieu. En marchant, on apprend vite les leçons du chemin. D'abord ne pas s'encombrer. Dans son sac, il faut avoir juste le nécessaire : pas besoin de gadgets ou de fatras.

Dans sa tête aussi, il faut s'alléger pour tendre vers l'essentiel. Et puis, comme l'a constaté Alix de Saint-André : « On ne peut pas se la jouer » : dérisoires l'épate et la frime. On apprend aussi à accueillir l'imprévu et à faire un bout de chemin avec d'autres sans se soucier de leur métier ou de leur compte en banque.

On comprend enfin que mettre ses pas dans les traces de ceux qui nous ont précédés n'empêche pas - au contraire - de trouver sa propre voie. Au final, on se prend à penser que les leçons du chemin pourraient se révéler utiles bien au-delà des sentiers de grande randonnée.

Dans notre société, on gagnerait à miser moins sur l'esbroufe et plus sur les questions essentielles, à faire moins de gesticulations et à se concentrer mieux sur les mesures concrètes. Il faut apprendre ensemble à se donner le bon horizon.

Le salut n'est pour personne dans les limites étroites d'un quartier de Grenoble qui s'enflamme de violence et de méfiance. Il ne se trouve pas davantage aux Seychelles sur une île à cocotiers ou dans un joli paradis fiscal.

Au jour le jour, chacun d'entre nous peut aussi mener son pèlerinage intérieur pour se mettre en quête de sa vérité profonde. En traversant l'épreuve de la maladie, Bernard Giraudeau s'est révélé l'un de ces quêteurs de sens.

Pour les jacquets, pour tout homme, pour une société, ce qui compte c'est de se mettre en route. C'est le chemin qui fait le pèlerinage, non la destination. Le chemin, la vérité, la vie : c'est un tout. Toute vie est un pèlerinage.

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Paru le 21 juin 2018

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