OGM : la France peut-elle s’en passer ?

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Récolte de maïs OGM dans un champ en Espagne. © Mario Fourmy / REA
Récolte de maïs OGM dans un champ en Espagne.
Récolte de maïs OGM dans un champ en Espagne. © Mario Fourmy / REA

Le ministère de l'agriculture a interdit, samedi 15 mars 2014 par arrêté la commercialisation, l'utilisation et la culture du maïs génétiquement modifié MON 810, retour sur la question des OGM en France.

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À propos de l'article

  • Créé le 07/04/2014
  • Publié par :Véronique Badets
  • Édité par :François Boulard
  • Publié dans Pèlerin
    6854, du 10 avril 2014.

→ Une loi pour interdire la culture de maïs OGM
C’est d’un sujet passionnel que les députés débattent ce jeudi 10 avril 2014. Soumise à leur vote, une proposition de loi socialiste veut interdire sur le territoire national « la mise en culture des variétés de maïs génétiquement modifié ».

Depuis 2008, un moratoire sur la culture du maïs MON 810 (seule plante transgénique cultivée en Europe) est appliqué par les gouvernements successifs à coups d’arrêté ministériel. Or, tous ont été annulés par le Conseil d’État pour non-conformité avec la réglementation européenne.


L’objectif de la loi est d’en finir avec ce ping-pong juridique et de graver dans le marbre l’interdiction.

→ Christophe Noisette, de l’association Inf’OGM.

Deux arguments principaux sont avancés pour la justifier. D’une part, les risques sur l’environnement des plantes génétiquement modifiées (PGM) sont jugés trop mal connus.

De l’autre, la loi souligne le problème économique posé par la difficile coexistence entre les PGM – dont le pollen peut se disséminer très loin – et les plantes, dont la valorisation commerciale repose précisément sur le fait d’être « sans OGM ».


Au risque d’encourager la peur ?
Un des principaux adversaires de cette loi est l’Association générale des producteurs de maïs (AGPM). « Nous défendons le principe d’un libre accès à la technologie OGM, soutient sa directrice adjointe, Céline Duroc.

Elle permettrait à certains maïsiculteurs d’augmenter leurs rendements et d’éviter le recours à des pesticides. » Le président de la FNSEA, Xavier Beulin, estime, lui, que le MON 810, déjà ancien, « n’intéresse plus les paysans aujourd’hui ».

►Vidéo. OGM : la menace des producteurs de maïs. Source : Europe 1.

 
Pro-OGM contre le gouvernement : "On est prêt" par Europe1fr

Il craint que cette loi ne fasse qu’attiser la peur pour les OGM. « Il ne faudrait pas fermer la porte à des végétaux génétiquement modifiés très intéressants, qui pourraient, à l’avenir, résister à la sécheresse ou éviter de recourir à des engrais », prévient-il.


→ Un enjeu politique européen
Cette loi engage un bras de fer avec la Commission européenne. Le but du gouvernement est de changer les règles afin de permettre aux États membres de décider au niveau national s’ils ont intérêt ou non à cultiver une plante génétiquement modifiée.

« Chaque État doit pouvoir faire des choix en fonction de ses critères environnementaux et sociaux et de sa volonté de protéger des productions de qualité », a expliqué le ministre de l’agriculture Stéphane Le Foll.

►Vidéo. OGM : "Il y a de quoi discuter, largement", selon Stéphane Le Foll. Source : RTL.

 
VIDÉO - OGM : "Il y a de quoi discuter... par rtl-fr

Mais si les OGM devaient rester exclus des champs, ils ne le seraient pas forcément des assiettes. La France importe, chaque année, environ 4 millions de tonnes de soja génétiquement modifié pour nourrir ses animaux d’élevage. Une dépendance aux OGM dont les consommateurs n’ont pas toujours conscience…

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Paru le 19 avril 2018

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