Nicolas Hulot, porte-parole de la protection de la planète, reçu au Vatican

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Nicolas Hulot à l'Institut Français Centre Saint-Louis de Rome, le 21 Novembre 2013. © Eric Vandeville
Nicolas Hulot à l'Institut Français Centre Saint-Louis de Rome, le 21 Novembre 2013.
Nicolas Hulot à l'Institut Français Centre Saint-Louis de Rome, le 21 Novembre 2013. © Eric Vandeville

Envoyé spécial du président de la République François Hollande pour la protection de la planète, Nicolas Hulot a rencontré les 21 et 22 novembre 2013 des responsables du Vatican. Objectif : s’assurer du soutien de l’Église en vue de la conférence sur le climat qui se tiendra à Paris, en novembre 2015.

Pèlerins de la Terre

À propos de l'article

  • Créé le 26/11/2013
  • Publié par :Dominique Lang
  • Édité par :Estelle Couvercelle

En cette fin d’année 2013, les voyages et les visites se succèdent à un rythme accéléré pour Nicolas Hulot. Il ne s’agit cependant plus de réaliser quelques émissions télévisées.

Vidéo. La bande-annonce du Syndrome du Titanic, le film de Nicolas Hulot.

 

Désormais, c’est à un sport plus durable auquel s’est attelé l’ancien candidat à la présidentielle. Objectif ? La réussite de la conférence sur le climat à Paris en novembre 2015. Et pour cela, chaque instant lui est compté.

Comme conseiller du président Hollande pour l’environnement, il est chargé de préparer le terrain de ce grand moment de négociation diplomatique entre des délégués et des chefs d’Etat de 195 pays.

Une expérience particulièrement complexe, notamment après les échecs des conférences précédentes. L’accord ad minima de la conférence des Parties sur le changement climatique à Varsovie (COP 19) qui vient de se tenir montre à quel point la partie n’est pas gagnée.

Il faut donc mobiliser et sensibiliser un maximum d’acteurs politiques, économiques et sociaux pour ce qui ressemble bien à un rendez-vous de la dernière chance, tant l’urgence du défi climatique se fait pressant.

► Son. Nicolas Hulot :"Pour changer le monde, il faut d'abord se changer soi-même."

 

La violence du typhon Haiyan, une supertornade, a rappelé que les scientifiques avaient déjà annoncé il y a vingt ans qu’un des premiers effets du dérèglement climatique passerait par l’amplification des phénomènes naturels.

Vidéo. Haiyan, incontournable à la conférence de l'ONU sur le climat. Source : Euronews.

 

En venant à Rome, Nicolas Hulot ne savait pas bien à quoi s’attendre. Les arcanes de la diplomatie vaticane peuvent paraître étrange pour un néophyte.

Et pourtant, l’enjeu est important : à travers elle, c’est potentiellement une communauté de plus d’un milliard d’individus qui peut être rejointe ou appelée à la mobilisation commune contre ce défi universel qu’est la protection de la planète.

 Son. Nicolas Hulot : "L'enjeu écologique détermine et conditionne tous les autres."

 

L’équipe de Bruno Joubert, l’ambassadeur de France près le Saint-Siège, a bien fait les choses : les rendez-vous formels et informels vont se succéder durant deux jours. Et c’est le chancelier de l’Académie pontificale des sciences qui ouvre le bal.

Ce sont nos experts qui ont lancé le terme d’anthropocène pour désigner la nouvelle ère dans laquelle nous entrons, celle où les activités humaines sont capables désormais d’impacter même le climat et l’avenir de la planète.

Mgr Marcel Sanchez Sorondo, un Argentin jovial et philosophe, anime un réseau d’experts et de scientifiques de réputation mondiale au service de la réflexion et du discernement des autorités du Saint-Siège.

A ce titre, la rencontre a bien donné le ton de ce qui se dira ensuite. Mgr Sorondo a rapidement rassuré Nicolas Hulot : en accord avec l’analyse de ses experts, le Saint-Siège est persuadé lui aussi de la réalité des dérèglements climatiques et de la responsabilité des activités humaines sur ce fait.

« Ce sont nos experts qui ont lancé le terme d’anthropocène pour désigner la nouvelle ère dans laquelle nous entrons, celle où les activités humaines sont capables désormais d’impacter même le climat et l’avenir de la planète », explique avec énergie le prélat argentin.

Son. Nicolas Hulot : "Nous dépendons de la nature pour vivre."

 

Quelques heures plus tard, devant les lycéens de l’établissement romain Chateaubriand, Nicolas Hulot retrouve son énergie d’orateur. Mais comment expliquer à ces jeunes qu’ils devront assumer sans doute un héritage bien lourd que les deux siècles précédents vont leur léguer ? Comment mobiliser sans décourager ?

La question est finalement la même plus tard au cours de la conférence organisée par le Centre Saint-Louis et qui rassemble cette fois-ci de nombreux expatriés mais aussi des diplomates et des séminaristes du Séminaire français voisin. Même le cardinal Angelo Sodano, doyen du collège cardinalice, viendra féliciter chaleureusement l’écologiste français à la fin de sa présentation.

Au deuxième jour de sa visite, le travail s’intensifie encore. S’il n’est pas difficile de s’entendre avec le Français Michel Roy, secrétaire général de Caritas Internationalis et des délégués présents de son comité exécutif, sur l’importance d’une mobilisation sur le sujet des défis climatiques, qu’en sera-t-il du côté des dicastères qui vont l’accueillir ?

Là encore, l’inquiétude a été vite balayée : ni le cardinal ghanéen Peter Kodwo Appiah Turkson, président du Conseil pontifical Justice et Paix, ni le cardinal français Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux n’auront démérité.

Au contraire, Nicolas Hulot a été agréablement surpris de la qualité des échanges et des ouvertures qui s’y dessinent. Le secrétaire pour les relations avec les Etats, Mgr Dominique Mamberti clôture la visite en confirmant au délégué français tout le bien que les instances vaticanes pensaient du travail qu’il fait en faveur du rendez-vous de Paris et lui garantit la mobilisation active de son réseau diplomatique de nonciatures.

En deux jours, celui qui est aussi encore le président de sa fondation pour la nature et pour l’homme,  a pu prendre la mesure du carrefour de la mondialisation qu’est incontestablement une ville comme Rome, avec ses nombreux diplomates auprès de l’Etat italien et de celui du Saint-Siège.

Il sait aussi que son travail continu, notamment à l’égard des autres « directeurs de conscience » que sont les autres grands leaders religieux à travers le monde.

Son. Nicolas Hulot : "En amont de 2015, le Vatican peut jouer un rôle essentiel pour que chacun soit mis devant ses responsabilités."

 

Mais pour l’heure, il est temps de se ressourcer quelques heures aux côtés des siens en Bretagne, pas loin de l’océan. Le temps de regonfler un peu les batteries pour reprendre son bâton de pèlerin diplomate.

► Lire aussi l’entretien de Nicolas Hulot, dans Pèlerin, n° 6835, du 28 novembre 2013.

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Paru le 19 juillet 2018

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