Les chrétiens veulent une fiscalité solidaire

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© Frédéric Deligne
Les chrétiens veulent une fiscalité solidaire
© Frédéric Deligne

A l'heure où les déclarations d'impôts 2011 arrivent, la France doit chercher le moyen de rendre sa fiscalité plus juste. Les chrétiens sont sensibles à une fiscalité solidaire. Selon l'économiste Jean Boissonnat, "ils opteront pour un système où la redistribution des richesses permet de réduire les inégalités."

Pèlerins de la Terre

À propos de l'article

  • Créé le 14/04/2014
  • Publié par :Frédéric Niel
  • Édité par :Marine Bisch
  • Publié dans Pèlerin
    6702, le 12 mai 2011.

Pèlerin : Y a-t-il une approche chrétienne de la fiscalité ?
Jean Boissonnat (photo) : Un chrétien s'attachera à la solidarité, aux niveaux national, européen ou mondial. Il optera pour un système où la redistribution des richesses permet de réduire les inégalités. Il préférera donc un barème progressif (le pourcentage prélevé augmente avec le revenu, NDLR), comme celui de l'impôt sur le revenu (IR), à un barème fixe, comme celui de la CSG (contribution sociale généralisée) (1).

Photo Jean Boissonnat

La fiscalité peut aussi orienter la consommation dans un sens souhaitable, comme la protection de l'environnement, par exemple. Dieu a confié à l'homme la gestion de la nature. Or, notre mode de développement a créé des besoins impossibles à satisfaire pour tous les habitants de la planète sans la ravager totalement.

Une écotaxe sur le gaz carbonique (qui aggrave le réchauffement climatique) inciterait à adopter un mode de vie moins gourmand en énergie, des crédits d'impôt stimuleraient les ventes de chaudières économes, etc.

Faut-il taxer davantage les managers à hauts revenus ?
J. B. : Je juge normal qu'un patron soit bien rémunéré pour ses performances. Ce qui me choque, ce sont les stock-options (actions données aux dirigeants qui peuvent les revendre plus tard, à un prix avantageux, NDLR). Le bénéficiaire touche d'énormes sommes sans courir de risque, même s'il gère mal son affaire. C'est indécent.

Le niveau d’imposition en France est-il trop élevé ?
J. B. : Oui, mais face à la crise actuelle des finances publiques, il faudra sans doute, encore, le relever provisoirement. Cependant, cela ne sera tolérable pour les contribuables que si l'on maîtrise les dépenses publiques en même temps. C'est possible, comme le prouvent les exemples suédois ou canadien.

Hélas, les économies réalisées depuis 2007 en France - par exemple, en ne remplaçant pas chaque fonctionnaire partant en retraite - ont été gaspillées avec le bouclier fiscal (2), les exonérations de charges pour les heures supplémentaires ou la baisse de la TVA pour les restaurateurs.

(1) Le taux de la CSG va de 6,2 % sur les allocations de chômage à 9,5 % sur les revenus des jeux.
(2) Il devrait être supprimé en 2012.

 Le site vie-publique.fr donne la définition de la CSG. Il s'agit d'un impôt destiné à financer l'assurance maladie, les prestations familiales et le fonds de solidarité vieillesse.

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Paru le 19 juillet 2018

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