À Paris, les pépinières fleurissent

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Axelle Verdier a un grand rêve au cœur : faire revenir la nature dans le XXe arrondissement de Paris. © Marino Degano
Axelle Verdier a un grand rêve au cœur : faire revenir la nature dans le XXe arrondissement de Paris.
Axelle Verdier a un grand rêve au cœur : faire revenir la nature dans le XXe arrondissement de Paris. © Marino Degano

Entre les pavés, le bitume et le béton, nos villes ne laissent que peu de place à la végétation. Pourtant, il ne faut pas grand-chose pour que la vie revienne. Axelle Verdier y travaille, à sa mesure, dans les interstices végétaux parisiens.

Pèlerins de la Terre

À propos de l'article

  • Créé le 23/11/2015
  • Modifié le 26/11/2015 à 09:35
  • Publié par :Dominique Lang
  • Édité par :Estelle Couvercelle
  • Publié dans Pèlerin
    6939, du 26 novembre 2015

C’est un petit passage pavé, du côté de la place de Clichy, à Paris. Une ruelle cernée d’immeubles, qui serpente dans ce quartier voisin de la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre.

C’est ici que vit Axelle Verdier. Avec un grand rêve au cœur : y faire revenir la nature. « Parce que c’est de notre responsabilité d’insuffler le vivant en ville », rappelle-t-elle avec passion.

Un jour, la capitale pourrait revêtir un manteau de verdure. « Vous vous imaginez les bienfaits ? Nos quartiers seraient bien mieux climatisés. Sans parler du retour de la biodiversité sous toutes ses formes ! »

Mais la tâche s’annonce ardue. Il suffit de voir comment les plantes sont parfois traitées en ville : « On les garde un temps, puis on les jette comme un vulgaire emballage.

Il est temps que nous reprenions conscience qu’un végétal participe à un cycle de vie qu’il faut favoriser. » Cette « belle idée », Axelle la partage avec Amélie, une amie avec qui elle se lance dans un projet stimulant : développer des « pépinières de quartier », qui permettront de multiplier les plants de fleurs et de légumes pour reverdir la ville.

Soutenue par un prix accordé par la Ville de Paris, une première pépinière va voir le jour dans un square du XXe arrondissement : 800 m2 seront dédiés à cette production qui démarre au printemps prochain.

« D’ici là, il faut construire la serre, avec des matériaux de récupération, mais aussi développer nos techniques de jardinage en biodynamie (agriculture en synergie avec les forces de la nature.) et en permaculture (vise à créer une production agricole durable,économe en énergie et respectueuse des êtres vivants). Sans oublier de cultiver les relations dans le quartier, travail indispensable pour que la greffe prenne. »


Pour Axelle, ce projet est aussi le fruit d’une histoire personnelle. Durant les quinze premières années de sa vie professionnelle, c’étaient plutôt les chiffres et les dossiers qu’elle cultivait, dans une banque dédiée aux collectivités locales.

« J’y ai développé mon intérêt pour l’action publique et le bien commun. » Une vision noble des territoires qui l’a menée à assumer un engagement d’élue locale. Mais, la crise bancaire de 2008 aidant, Axelle a dû reprendre les choses à zéro.

« Depuis trois ans, me voici serveuse dans un petit bistrot. J’ai dû tout apprendre, notamment à accueillir la diversité humaine de ce quartier. »

De l’éboueur au cadre supérieur, en passant par la dame seule qui vient prendre son café. D’un choix par défaut est née ainsi une singulière vocation : « Dans ce travail fatigant, j’ai retrouvé le sens du service au public qui m’a toujours poussée en avant. Ici, il passe par ces rencontres éphémères. »

Et quand la journée de travail s’achève, cette jeune femme de 42 ans prend ses habits d’auto-entrepreneur pour retourner à son autre passion.

En effet, son syndicat de copropriété lui a confié la gestion de la soixantaine de bacs végétalisés qui ont trouvé leur place dans sa ruelle :

Créer un espace de nature au pied de chez moi, quel beau défi ! 

D’autant qu’il favorise la rencontre avec les passants du quartier, toujours curieux de ce qui est en train de naître.

«  Des tomates et des courges sont apparues naturellement ces dernières années, à partir des graines cachées dans notre compost. Une belle surprise ! »

Au contact de la terre, c’est ainsi la vie intérieure qui se réenracine. « Je me sens de plus en plus en symbiose, entre mon bistrot et mes jardinières. Il y est toujours question de liens essentiels. Ceux qui se tissent avec les autres et avec notre Terre.


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Paru le 19 juillet 2018

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