Simon et Kim : rendre réels les effets du réchauffement climatique

agrandir Au cours de leur périple, Simon et Kim, pèlerins du climat, ont rencontré ceux qui souffrent des effets du changement climatique.
Au cours de leur périple, Simon et Kim, pèlerins du climat, ont rencontré ceux qui souffrent des effets du changement climatique. © Sophie Lebrun
Au cours de leur périple, Simon et Kim, pèlerins du climat, ont rencontré ceux qui souffrent des effets du changement climatique.
Au cours de leur périple, Simon et Kim, pèlerins du climat, ont rencontré ceux qui souffrent des effets du changement climatique. © Sophie Lebrun

Simon et Kim sont arrivés à Paris, vendredi 28 novembre 2015, après 15 500 km de route en vélo depuis le Vietnam, pays d’origine de Kim et pays d’adoption de son compagnon, écossais globe-trotter. Simon partage avec Pèlerin les rencontres et émotions fortes de leur première semaine parisienne placée sous le signe de la lutte pour le climat.

Pèlerins de la Terre

À propos de l'article

  • Créé le 08/12/2015
  • Publié par :Sophie Lebrun
  • Édité par :Estelle Couvercelle
  • Publié dans Pèlerin
    8 décembre 2015

Pèlerin. Après avoir retrouvé les pèlerins du climat, vous avez participé à la mobilisation de la société civile avant l’ouverture de la Conférence sur le climat de Paris (Cop21). Qu’en avez-vous pensé ?
Simon. Nous avons participé à la chaîne humaine pour le climat dans Paris, nous sommes allés voir les chaussures disposées sur la place de la République… mais surtout, nous voulions participer au rassemblement ce jour-là pour protester contre les atteintes à la liberté mises en place par le gouvernement français.

La volonté des autorités de contrôler toute forme de critique pouvant s’élever autour de la Conférence internationale est choquante pour moi (NDLR : dans le cadre de l'état d'urgence, beaucoup d'événements de la société civile pendant la COP21 ont été annulés et plusieurs membres des associations environnementales mobilisées ont été assignés à résidence).

Kim n’est pas habituée aux manifestations publiques dans la rue, elles sont interdites au Vietnam. J’espérai qu’ici, en France, elle pourrait vivre l’expérience de la liberté qu’offre la démocratie pendant cette Cop 21. Nous sommes partis avant que le rassemblement ne dégénère mais cela avait un sens fort pour nous d’y être.

Avez-vous participé à d’autres actions pendant la Cop 21 ?
Simon. Nous avons eu le plaisir de retrouver des centaines de cyclistes pour une « vélorution » (une manifestation cycliste qui se tient une fois par mois dans plusieurs villes) samedi 5 décembre. Partant du centre de Paris (Bastille), nous sommes allés jusqu’à Montreuil, à l’est de la capitale, où se tenait un Sommet citoyen pour le climat.

Lors de cet événement, ainsi qu’au Bourget dans l’espace des observateurs, de nombreuses personnes mobilisées pour la justice climatique ont échangé, se sont rencontrées … Cela fait du bien de se rassembler et de s’appuyer sur le travail des uns et des autres tout en apportant sa propre expérience.


Vous avez aussi partagé le fruit de votre voyage pour le climat avec des paroissiens parisiens…
Simon. En effet, nous avons fait plusieurs conférences dont l’une dans l’église Notre-Dame-des-Anges, la paroisse du Père Dominique Lang, assomptionniste, qui nous héberge dans sa communauté. C’est très important de partager ce que nous avons vu car les gens, majoritairement, n’ont pas conscience du sérieux de la situation écologique de la planète.

C’est vraiment l’objectif d’initiatives qui ressemblent à  la nôtre : celle de scientifiques partis des Pôles nord et sud en vélo pour rejoindre Paris (Pole to Paris), ou encore de militants qui ont relié la France depuis la Thaïlande en « touc touc » (voiturette électrique, non polluante, n’excédant pas 30 km/h).

Certes, nous avons la volonté de faire entendre notre voix aux leaders politiques mais nous voulons surtout aller à la rencontre des populations, et témoigner de ce que l’on voit : nous rendons « réels » les effets du réchauffement climatique. Nous montrons les visages de ceux que l’on a rencontrés et qui souffrent aujourd’hui de ces effets, nous racontons leurs histoires, nous décrivons l’attachement à des paysages qui cessent d’être des cartes postales.

Qu’attendez-vous des négociations officielles de la Cop 21 ?
Simon. Quel que soit l’accord que les gouvernants arrivent à atteindre ensemble, il sera trop faible. Selon l’institut Climate Central, si le réchauffement climatique est maintenu à 2°C – chiffre perçu comme « optimiste » par les négociateurs internationaux aujourd’hui – plus d’un quart de la population du Vietnam sera affecté par la hausse du niveau de la mer. Si c’est 4°C, ce sera la moitié… Ça fait quand même beaucoup de personnes quoi qu’il arrive.

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Paru le 5 avril 2018

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