Le climat est-il sauvé ?

agrandir La mise en application de l'accord de Paris va t-elle sauver le climat ?
La mise en application de l'accord de Paris va t-elle sauver le climat ? © chalabala - Fotolia
La mise en application de l'accord de Paris va t-elle sauver le climat ?
La mise en application de l'accord de Paris va t-elle sauver le climat ? © chalabala - Fotolia

L'heure est à la célébration ce 4 novembre, alors que l'accord de Paris entre en vigueur. Mais le réchauffement climatique est loin d'être jugulé.

Pèlerins de la Terre

À propos de l'article

  • Créé le 04/11/2016
  • Publié par :Véronique Badets
  • Édité par :Cécile Picco
  • Publié dans Pèlerin
    4 novembre 2016

" L'humanité se souviendra du 4 novembre 2016 comme le jour où les pays du monde entier ont arrêté la marche vers une catastrophe climatique qui semblait inévitable et ont ouvert la voie à un avenir durable ». C'est par ces mots pleins d'espoir que Patricia Espinosa, secrétaire exécutive de la convention climat de l'ONU salue aujourd'hui l'entrée en vigueur de l'Accord de Paris. Le ton d'enthousiasme de ceux qui ont œuvré pour arracher ce traité international inédit se comprend.

Alors que le protocole de Kyoto avait mis huit ans à être ratifié , l'accord climat adopté le 12 décembre 2015 a mis à peine dix mois. « C'était tout à fait inespéré. En décembre, lors de la COP21, on anticipait au mieux une entrée en vigueur pour 2018 », commente David Levai, chercheur à l'IDDRI (Institut de recherche sur le développement durable et les relations internationales). L'action diplomatique très volontariste de la France- qui préside toujours les négociations climatiques jusqu'à l'ouverture de la COP22 à Marrakech le 7 novembre- a porté ses fruits. Il y eut ainsi la « divine surprise » de la ratification conjointe des Etats-Unis et de la Chine en septembre, qui a entraîné celle de l'Inde puis de l'Union européenne.

« On est entré dans une nouvelle dynamique entre Etats, où ce qui fait avancer est la crainte d'être coiffé d'un bonnet d'âne par les autres pays . Ce changement est passionnant à observer », se réjouit Bernard Tardieu, président de la commission énergie et changement climatique de l'Académie des Technologies.

Mais si cette entrée en vigueur éclair est une étape indispensable pour espérer juguler le réchauffement climatique, elle est très loin d'être suffisante. Car à Paris, les Etats ont présenté des engagements volontaires trop faibles de réduction de gaz à effet de serre, les fameux « NDC » (National Determined Contribution).

Ainsi, dans son rapport publié hier jeudi 3 novembre, le Programme des Nations Unis pour l'environnement s'inquiète que sur la base de ces engagements volontaires, le monde se dirige d'ici 2100 vers des températures de +2,9 °C à +3,4°C par rapport au niveau préindustriel. Des températures synonymes d'impacts dévastateurs, soulignent les scientifiques. Pour limiter la hausse à 2°C, il faudrait ne plus émettre dans l'atmosphère "que" 42 gigatonnes équivalent CO2 en 2030. Or, même si tous les pays tenaient les promesses faites dans le cadre des négociations climatiques, 54 à 56 Gt devraient encore être émises en 2030, soit 12 à 14 Gt de trop. 

En clair : les États doivent impérativement revoir à la hausse leurs engagements, aiguillonnés notamment par la société civile. « L'enjeu de la COP 22 est double : rendre l'Accord de Paris opérationnel et accélérer l'action climatique avant 2020 tout en respectant les droits humains. Les trois prochaines années seront déterminantes pour limiter les impacts des dérèglements climatiques. Si rien n'est fait d'ici là, l'objectif de l'Accord de Paris deviendra caduque »,soulignent ainsi Caritas France et le CCFD-Terre Solidaire dans un communiqué commun avec d'autres ONG.

Trois ans donc seulement pour éviter la catastrophe que chacun redoute...

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Paru le 18 janvier 2018

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