Des centaines de pèlerins du climat ont rejoint Paris

Vendredi 27 novembre 2015, entre 200 et 300 pèlerins pour le climat ont déposé leurs sacs à dos ou leurs vélos dans les rues de la capitale française. Après avoir cheminé jusqu'à Paris en partant des quatre coins du monde, ils se retrouvaient pour la première fois à l'église Saint-Merri.

Pèlerins de la Terre

À propos de l'article

  • Créé le 28/11/2015
  • Publié par :Sophie Lebrun
  • Édité par :Estelle Couvercelle
  • Publié dans Pèlerin
    28 novembre 2015

Ce vendredi après-midi, dans l'entrée de l'église Saint-Merri, à Paris (IVe arrondissement), quelques traces de terre et des bouts d'herbes sont parsemés sur les pavés. Les chaussures de marche se succèdent : les pèlerins du climat viennent d'arriver dans la capitale française pour la Conférence sur le climat (Cop21) organisée du lundi 30 novembre au vendredi 11 décembre 2015.


Ils sont entre 200 et 300 à avoir parcouru des centaines de kilomètres pour ce rendez-vous international. Harry, la cinquantaine, est parti le 23 novembre de Londres. « Après avoir vu un documentaire sur la disparition des tortues, mon petit-fils m'a demandé de les sauver, raconte-t-il un peu gêné. Quand j'ai entendu parler d'un pèlerinage pour le climat dans mon église, j'ai rejoint le groupe. Je veux pouvoir lui dire que j'ai fait mon possible. »


Nombreux sont les marcheurs et les cyclistes sous les voûtes de Saint-Merri avec une petite histoire similaire. La diversité des cultures, des pays d'origines et des religions des marcheurs n'empêche pas leur objectif commun : agir, maintenant, chacun à son niveau.


Yeb Sano, parti de son village natal aux Philippines, a beau être un négociateur international dans la lutte contre le réchauffement climatique, il a lui aussi troqué le costume pour une veste de trekking.


Avec des Américains, des Italiens et des Philippins, celui qui avait marqué la COP19 en 2013 en témoignant des ravages du typhon Haiyan sur son propre village en pleine conférence, a marché plus de mille kilomètres, finissant par un pèlerinage de Rome à Paris.


C'est la première fois que nous nous retrouvons tous ensemble. Nous sommes partis de différents lieux du monde – l'Asie, l'Amérique latine, l'Afrique, l'Angleterre, l'Allemagne ou encore l'Ukraine – et cette rencontre réchauffe le cœur. Cela réaffirme notre connexion les uns aux autres, et le besoin de la renforcer. 

→ explique-t-il, ému.


De nombreuses associations ont soutenu ces pèlerins environnementaux : Christian Aid, le Secours Catholique (France et Grande-Bretagne), Pax Christi... Cette dernière loge, durant leur séjour à Paris, Simon et Kim, arrivés à vélo... du Vietnam !

« Nous voulons sauver le monde », répond avec humour Simon, quand on l'interroge sur les raisons qui l'ont amené à faire 15 500 km en deux roues. Se reprenant, le trentenaire écossais ajoute :

Habitant au Vietnam, je suis engagé via des associations dans la lutte contre le réchauffement climatique depuis vingt ans. Cette année, je voulais faire quelque chose plutôt que d'écouter, impassible, les discours des gouvernants. 

Avec Kim, sa compagne bénévole dans une association vietnamienne, ils ont quitté le delta du Mékong il y a environ un an. « 20 millions de personnes y habitent, cette région concentre la moitié de la production agricole du pays et elle se trouve à 1,5 mètre au-dessus du niveau de la mer, détaillent-ils. Donc, avec le réchauffement climatique, dans les années qui viennent, elle sera sous l'eau. Nous voulions, par notre voyage, attirer l'attention sur cette situation : sans action, ce sera la catastrophe. La lutte pour sauver l'environnement est un combat à mener maintenant, car des personnes sont menacées aujourd'hui. Nous espérons que la Cop21 réponde à cette urgence. »


 ►A venir 

Simon et kim

Simon et Kim (photo) partageront leur regard sur les négociations, la mobilisation de la société civile durant la COP21.

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Paru le 8 février 2018

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