COP21 : un nouveau départ pour la planète

agrandir Mouvements citoyens et ONG poursuivent la bataille pour obliger les États à ne pas franchir la ligne rouge des + 2°C de réchauffement climatique.
Mouvements citoyens et ONG poursuivent la bataille pour obliger les États à ne pas franchir la ligne rouge des + 2°C de réchauffement climatique. © Guilhem Baker/LNP/REX SHUTTERSTOCK/SIPA
Mouvements citoyens et ONG poursuivent la bataille pour obliger les États à ne pas franchir la ligne rouge des + 2°C de réchauffement climatique.
Mouvements citoyens et ONG poursuivent la bataille pour obliger les États à ne pas franchir la ligne rouge des + 2°C de réchauffement climatique. © Guilhem Baker/LNP/REX SHUTTERSTOCK/SIPA

L’accord universel conclu lors de la COP21 le samedi 12 décembre marque un tournant dans la prise de conscience sur le changement climatique. Mais tout reste à faire pour le concrétiser.

Pèlerins de la Terre

À propos de l'article

  • Créé le 16/12/2015
  • Publié par :Véronique Badets
  • Édité par :Aude Loyer-Hascoët
  • Publié dans Pèlerin
    6942-43 du 17 au 24 décembre 2015

Le suspense a duré jusqu’à la dernière minute : y aura-t-il accord ou pas ? En cette soirée du 12 décembre 2015, après avoir déserté durant plus d’une heure la tribune pour régler un dernier litige, le président de la COP21, Laurent Fabius, s’est empressé de laisser retomber son petit marteau vert.

Un déluge de joie a alors inondé la salle plénière : le premier accord mondial sur les changements climatiques était adopté grâce au consensus de 195 pays.

Le défi d’un accord multilatéral

« Pour personne ici, il ne s’agit d’un texte parfait, a alors commenté la ministre sud-africaine des Affaires environnementales, Edna Molewa. Mais c’est le meilleur accord que nous puissions obtenir ensemble, à ce moment de notre histoire. »

Le premier succès de la COP21 est sans aucun doute d’avoir sauvé le processus multilatéral de l’ONU. Mettre d’accord près de 200 pays sur des objectifs et des moyens pour lutter ensemble contre le changement climatique, autour d’un texte les ­engageant pour plusieurs décennies : c’est le défi qu’a relevé la diplomatie française.

Il aura fallu deux années de travail intense et un processus de négociation salué pour sa transparence et sa volonté d’associer tous les pays, aussi petits soient-ils (1).

Protéger les pays les plus vulnérables

Sur le fond, l’accord de Paris – qui sera appliqué à partir de 2020 – contient des avancées par rapport à la situation actuelle. Sachant que le thermomètre mondial a déjà grimpé de +1 °C par rapport à la fin du XIXe siècle, il donne un cap très ambitieux à l’humanité : parvenir à contenir la fièvre planétaire bien en dessous de +2 °C, en visant même +1,5 °C.

Ce dernier objectif répond à la demande très forte des pays les plus vulnérables aux conséquences du réchauffement climatique, comme les îles du Pacifique ou les pays africains.

Par ailleurs, tous les cinq ans, les États seront obligés de revoir à la hausse leurs engagements de réduction de gaz à effet de serre (GES). Ils devront publier un rapport sur les politiques qu’ils mettent en place pour y parvenir, rapport qui sera vérifié par des experts de l’ONU.

Une volonté de transparence

« Pour que les pays aient envie d’agir, il faut qu’ils aient confiance dans le fait que les autres agissent aussi. C’est tout l’enjeu du système de transparence mis en place dans cet accord », explique Alexandra Deprez, chercheuse à ­l’Iddri (2).

Enfin, la notion de « pertes et dommages » (par exemple, la perte de territoire due à l’avancée des eaux) est reconnue pour la première fois dans un accord international. « C’est une immense réussite », ­commentait le 12 décembre au Bourget un représentant africain de l’ONG Christian Aid.

Il faudra toutefois attendre la COP22, en 2016, à Marrakech (Maroc), pour que les incidences concrètes de cette reconnaissance soient précisées.

Un véritable état d’urgence climatique

Mais ces moyens seront-ils suffisants pour atteindre l’objectif premier de la COP21 : mettre l’humanité à l’abri d’un réchauffement dangereux pour elle ?

« La COP21 n’a pas pris la mesure de l’état d’urgence climatique : les engagements actuels des États pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre nous mettent sur une trajectoire périlleuse de +3 °C », commentait ainsi le mouvement écocitoyen Alternatiba.

Ce mouvement trouve particulièrement « inacceptable » la date de première révision à la hausse des engagements nationaux en 2025.

Soit bien trop tard au regard des préconisations scientifiques. « Rester en deçà de 2 °C implique une transformation profonde de notre économie dans les cinq ans qui viennent, souligne Matthieu Orphelin, à la Fondation Nicolas Hulot. Il est vital qu’au moins les pays développés révisent rapidement leurs engagements de réduction de GES. »

Pour les aiguillonner, la ­société civile est en embuscade. Jamais COP n’avait connu en effet une telle mobilisation civique : ­manifestations, ­pétitions, campagnes contre les énergies fossiles (pétrole, charbon, gaz).

Christiana Figueres, qui pilote la Convention des Nations unies sur les changements climatiques, a d’ailleurs souligné que le « pouvoir citoyen » avait beaucoup compté pour aboutir à un accord universel sur le climat. Il comptera plus encore pour le rendre (vraiment) historique. 


                          


► Avec cet article, retrouvez notre infographie : Ce qu'il faut retenir des accords de Paris

Vos commentaires

1 Commentaire Réagir

COP 21

penelope 18/12/2015 à 10:20

Beaucoup de bruits,de paroles pour rien; les choses continueront comme depuis des décennies, la pollution entraîne le réchauffement, rien ne changera encore pendant longtemps où indéfiniment. Ce ne sont pas les milliards donnés à l'Afrique qui ... lire la suite

Paru le 19 avril 2018

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