Mgr Pascal Gollnisch : "Il faut se donner les moyens de neutraliser les terroristes"

agrandir Depuis l'attentat contre l'église Notre-Dame-du-Salut de Bagdad, en octobre 2010, tous les lieux de culte chrétiens en Irak sont protégés. Des gardes kurdes veillent à l'entrée du monastère de la Vierge Marie jour et nuit.
Depuis l'attentat contre l'église Notre-Dame-du-Salut de Bagdad, en octobre 2010, tous les lieux de culte chrétiens en Irak sont protégés. Des gardes kurdes veillent à l'entrée du monastère de la Vierge Marie jour et nuit. © Olivier Jobard/MYOP
Depuis l'attentat contre l'église Notre-Dame-du-Salut de Bagdad, en octobre 2010, tous les lieux de culte chrétiens en Irak sont protégés. Des gardes kurdes veillent à l'entrée du monastère de la Vierge Marie jour et nuit.
Depuis l'attentat contre l'église Notre-Dame-du-Salut de Bagdad, en octobre 2010, tous les lieux de culte chrétiens en Irak sont protégés. Des gardes kurdes veillent à l'entrée du monastère de la Vierge Marie jour et nuit. © Olivier Jobard/MYOP

Le directeur de l’Œuvre d’Orient s’est rendu plusieurs fois à Erbil, au Kurdistan irakien, où il a pu rencontrer les chrétiens qui ont fui la barbarie de l’état islamique, en Irak. Il nous livre son analyse.

La vie des chrétiens d'Irak aujourd'hui

À propos de l'article

  • Créé le 03/09/2014
  • Publié par :Antoine d’abbundo
  • Édité par :Cécile Picco
  • Publié dans Pèlerin
    6875 du 4 septembre

Pélerin. Vous êtes rentré, récemment, d’Irak. Quelle est la situation sur le terrain ?

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Pascal Gollnisch. Lorsque, fin juillet, le cardinal Barbarin, Mgr Dubost et moi-même nous sommes rendus à la rencontre des chrétiens chassés de Mossoul par les terroristes de l’État islamique, la situation des réfugiés était déjà très préoccupante. Depuis, elle n’a fait qu’empirer.

► Vidéo. A Erbil, les chrétiens cherchent refuge. Source: Itele.

 


L’opération d’épuration, de type génocidaire, lancée par l’EI a fait s’effondrer la région et jeté sur les routes des centaines de milliers de gens – chrétiens mais aussi yézidis, chiites et sunnites modérés – qui n’ont eu d’autre choix que la fuite ou la mort.

Ils ont trouvé refuge principalement à Erbil, capitale du Kurdistan irakien, ou à Dohuk, près de la frontière syrienne, où ils vivent dans des conditions misérables malgré les structures d’aide que l’Œuvre d’Orient tente, avec bien d’autres organisations, de mettre en place.

La France fait-elle assez pour protéger ces populations ?
P. G. Le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, est venu à Erbil, début août, ce qui était courageux de sa part.

 Il a rencontré des familles, des évêques et a eu des paroles très justes pour dénoncer le « califat de la haine » et promettre que la France prendrait sa part pour mettre un terme aux souffrances des populations civiles.

 Quand un ministre fait quelque chose de bien, il faut le dire.

 La France est notamment prête à accueillir un certain nombre de ces réfugiés pour peu qu’ils aient déjà de la famille dans notre pays. Mais il ne s’agit pas de faire, gentiment, ce que les terroristes font par la cruauté : vider l’Irak de ses chrétiens. D’ailleurs, on ne pourra pas accueillir tout le monde.


La vraie question est : que faire pour ceux qui restent ?


Justement, que peut-on faire ?
P. G. Nous devons nous donner les moyens de leur assurer un avenir. Pour cela, il faut d’abord neutraliser, militairement, ces groupes terroristes en Irak comme en Syrie et, ensuite, traduire leurs chefs devant des tribunaux pour génocide.


Il faut armer les gens qui peuvent s’opposer à eux : les troupes kurdes certainement, mais aussi les chrétiens qui doivent s’organiser pour se défendre, même s’il ne me plaît qu’à moitié de le dire en tant que prêtre.

Une enquête internationale doit également établir qui sont ceux qui financent et arment les terroristes. L’Arabie saoudite et le Qatar sont régulièrement cités dans les médias. Ces États ont-ils oui ou non quelque chose à se reprocher ? Il est temps de faire toute la lumière sur ce dossier.

Mais, bien entendu, la sécurité des minorités et la stabilité de la région passe, sur le long terme, par le développement économique – la misère étant la toile de fond de ce drame – et l’établissement d’une démocratie qui garantira les mêmes droits et la même dignité pour tous. Est-ce hors de portée ? Je pense qu’il s’agit d’une question de volonté et de moyens politiques.

Si on ne le fait pas, c’est l’Europe et le monde entier qui seront, demain, menacés.


► A lire aussi notre dossier de 16 pages sur les chrétiens d'Irak dans Pèlerin, numéro 6875, du 4 septembre 2014

Vos commentaires

1 Commentaire Réagir

L'absence de commentaire m'en laisse muet

SYLVESTRE14 15/09/2014 à 09:19

Qui pense aux Chrétiens et aux autres communautés qui sont persécutées ? Personne ne se sent concerné alors que c'est un véritable génocide. Il faut soutenir tous les États occidentaux, et du reste du monde pour combattre ces barbares. En attendant, ... lire la suite

Paru le 18 janvier 2018

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