Irak : un espoir fraternel à voir sur KTO

Irak, mon amour suit un groupe de jeunes bénévoles venus soutenir les minorités persécutées du nord de l’Irak. Notamment les chrétiens. Afin d’éviter leur dramatique exode. Un documentaire à voir sur KTO, lundi 10 mars 2014 à 20 h 40.

La vie des chrétiens d'Irak aujourd'hui

À propos de l'article

  • Créé le 07/03/2014
  • Publié par :Luc Balbont
  • Édité par :François Boulard
  • Publié dans Pèlerin
    6849, du 6 mars 2014

En 2011, Faraj Benoît Camurat, ému par la situation des chrétiens irakiens, fonde avec des amis l’association "Fraternité en Irak". Leur objectif : offrir à ce groupe isolé, sans ressources, dont le seul projet est d’émigrer, des moyens de rester sur leur terre, mais aussi d’y jouer un rôle, afin d’être enfin reconnus par la majorité musulmane.

Depuis sa création, les jeunes membres de l’association ont effectué trois voyages dans ce pays détruit par des guerres à répétitions. Séjours humanitaires mais aussi spirituels, au cœur de cette plaine de Ninive, au Nord où, depuis 2003, se réfugient nombre de chrétiens assyro-chaldéens pour fuir les violences qui les frappent : menaces, enlèvements, assassinats.

►Carte. Plaine de Ninive, au nord de l’Irak où se réfugient nombre de chrétiens assyro-chaldéens.

 
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Dans cette contrée proche du Kurdistan devenu semi-autonome en 1991, ils retrouvent d’autres minorités religieuses, installées là bien avant l’islam.

La réalisatrice Véronique Bréchot a suivi le dernier périple de ces bénévoles, au cours de l’été 2013. Une quinzaine de jeunes emmenés par Faraj Benoît Camurat, 31 ans, un cadre bancaire, arabisant amoureux des églises orientales, qui a mis ses connaissances et sa foi au service de ces oubliés.

Au final, la documentariste ramène une trace émouvante de ce séjour, montrant sans pathos la souffrance. Tout en valorisant, avec pudeur, l’espoir et le courage de ces chrétiens réduits à vivre en ghetto dans cette région où ils ne jouissent que d’un semblant de sécurité.

►Vidéo. Chrétiens d'Irak: 10 ans d'attaques et d'exil. Source : AFP.

 

« Les chrétiens payent le prix fort car personne ne les défend, » déplore le patriarche chaldéen, Mgr Louis Sakho. De fait, sur 26 millions d’habitants, les chrétiens, au nombre d’un million avant l’invasion américaine de 2003, ne sont plus que 300 000 aujourd’hui.

C’est pour stopper cette hémorragie migratoire que « Fraternité en Irak » œuvre depuis sur le terrain, achetant des médicaments, rénovant des écoles, distribuant des aides. « Les chrétiens constituent des passerelles qui contribuent à maintenir une pluralité religieuse, un antidote efficace contre la montée des extrémismes », martèle Faraj Benoît.

Aussi les jeunes humanitaires se dépensent-ils sans compter, déployant des trésors d’ingéniosité pour trouver le moyen d’équiper, en quelques jours, des foyers d’épurateurs d’eau, ou monter un cabinet dentaire en une nuit.

►Vidéo. Là où l'Eglise pleure : les chrétiens d'Irak. Source : AED France.

 

Pour entretenir la convivialité islamo-chrétienne, les jeunes associatifs français ont également œuvré à la restauration de la première école pluriconfessionnelle à Kirkouk, où le corps enseignant et les élèves appartiennent aux deux communautés.

Je veux rester ici ; ailleurs, je suis un étranger

→ Hani, frère dominicain de Qarraqosh, une ville à l’est de Mossoul.

Et frère Najib, figure de cette communauté religieuse, conclut, optimiste : « Malgré les difficultés, nous comptons 2 000 ans de présence sur cette terre. Et en dépit des persécutions, il y aura toujours ici des chrétiens. » Une conviction partagée par les jeunes de « Fraternité en Irak ».

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Paru le 23 novembre 2017

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