Chrétiens d’Irak, jours d’exil dans le Kurdistan

Depuis le 7 août 2014, le monastère de la Vierge Marie, situé à Souleymanieh dans le Kurdistan irakien, accueille des chrétiens de Qaraqosh, qui ont fui l’avancée de l’État islamique. En mode diaporama, Pèlerin a rencontré le frère Sébastien qui aide les exilés.

La vie des chrétiens d'Irak aujourd'hui

À propos de l'article

  • Créé le 12/09/2014
  • Publié par :Claire Billet
  • Édité par :Estelle Couvercelle
  • Publié dans Pèlerin
    6875, du 4 septembre 2014

Frère Sébastien prend le thé avec une des deux familles dont il partage la cour. Le mari est professeur d’art à Qaraqosh et sa femme infirmière supérieure. Ils partagent cette pièce avec leurs trois filles. 

Diaporama. Regardez-le sur notre chaîne Youtube.

« Mon nom est Sébastien. J’ai 32 ans et je suis originaire de Nancy, pourtant je me sens presque chrétien d’Orient. Je suis moine depuis quatre ans, dans la communauté monastique d’Al-Khalil, fondée à Mar Moussa, en Syrie.

Cela fait deux ans que je vis à Souleymanieh, dans la région autonome du Kurdistan, au nord de l’Irak. Depuis le 7 août 2014, nous accueillons dans notre monastère de la Vierge Marie des chrétiens de la ville de Qaraqosh et de toute la plaine de Ninive qui ont fui l’avancée de l’État islamique.


Ils sont partis de chez eux en pleine nuit, laissant tout derrière eux. C’est un exode massif : on parle de 70 000 déplacés depuis juin rien que pour le Kurdistan irakien !

Au début, c’était l’urgence, même si la situation à Souleymanieh est moins préoccupante qu’ailleurs car les déplacés sont moins nombreux que plus au nord. Un des piliers de notre vocation est l’hospitalité alors nous n’avons même pas réfléchi, avec le père supérieur Jens et les moniales, Friederike et Nicol.

Il a fallu organiser la distribution de nourriture, donner des vêtements, du savon… Nous accueillons en ce moment 170 personnes. Avec notre aide, les déplacés ont finalement créé entre eux une sorte de vie mi-familiale, mi-communautaire.

Nous utilisons les chambres et les couloirs du monastère. Nous avons aussi déblayé des maisons abandonnées qui appartiennent à l’église chaldéenne d’Irak ou à des propriétaires qui acceptent que nous les utilisions. Moi, je dors sous une tente, dans la cour d’une maison pour apaiser les tensions entre familles.


Les réfugiés sont psychologiquement affectés. Beaucoup pensent à quitter le pays. Dans la conjoncture, il y a un ordre de Dieu.

Peut-être que construire des monastères, c’est répondre à cet ordre, essayer d’ancrer des lieux d’amitié qui puissent essayer, sur le très long terme, de soigner cette grande brutalité. Et, en dépit des hauts et des bas, d’aimer. Simplement. »

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Paru le 19 avril 2018

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