A Kirkouk, une école pour la paix réunit chrétiens et musulmans

agrandir Lance Cpl. Sona Babani, fille d'un missionaire chrétien assyrien, a quitté l'Irak en 1997. En 2007, elle est devenue citoyenne américiane.
Lance Cpl. Sona Babani, fille d'un missionaire chrétien assyrien, a quitté l'Irak en 1997. En 2007, elle est devenue citoyenne américiane. © Wikicommons
Lance Cpl. Sona Babani, fille d'un missionaire chrétien assyrien, a quitté l'Irak en 1997. En 2007, elle est devenue citoyenne américiane.
Lance Cpl. Sona Babani, fille d'un missionaire chrétien assyrien, a quitté l'Irak en 1997. En 2007, elle est devenue citoyenne américiane. © Wikicommons

Carnet de route irakien n°4/7. A Kirkouk, une nouvelle école primaire va ouvrir ses portes sous l'impulsion de Mgr Louis Sako, archevêque chaldéen de la ville. Ouverte aux enfants des toutes les ethnies et religions, elle se veut être un lieu de paix.

La vie des chrétiens d'Irak aujourd'hui

À propos de l'article

  • Créé le 28/11/2013
  • Publié par :Laurence Desjoyaux
  • Édité par :Gilles Donada
  • Publié dans Pèlerin
    6770, du 30 août 2012

L'arrivée des pupitres pour la nouvelle école est épique. Ils ont été fabriqués par un menuisier de Souleymania, à une heure de Kirkouk, et le camion qui les transporte vient de passer plus d'une heure bloqué au check point d'entrée dans la ville.

Vidéo. Là où l'Eglise pleure : les chrétiens d'Irak. Source : AED France.

 

À deux pas de l'évêché, là où se trouvent les bâtiments de la future école, nous attendons en discutant avec les gardes et en jouant avec les enfants du voisinage. La nuit est tombée et la chaleur devient supportable. Dans la petite rue qui mène à l'école, les phares du fameux camion apparaissent enfin.

Mais il lui faut franchir un dernier obstacle. Comme dans tous les quartiers de la ville, les habitants utilisent des générateurs pour parer aux incessantes coupures d'électricité. Résultat : sur le moindre poteau électrique, des dizaines de fils sont attachés reliant les maisons au générateur. Et le camion est trop haut pour passer sous cette installation anarchique.

Finalement, un jeune homme monte sur le camion et soulève les fils électrique à l'aide d'un balai ! Ça passe, le déchargement peu commencer...

L'installation de ces pupitres met fin à une semaine de travaux dans la future école. Dans la chaleur et avec une dizaine de jeunes de la paroisse, nous avons nettoyé, peint, installé des ordinateurs, accroché des tableaux... Tout est désormais prêt pour accueillir les 200 enfants qui feront leur rentrée le 1er septembre 2012.

Une éducation commune, un enseignement du christianisme et de l'islam

À la pause, Mgr Sako, qui participe à tous les travaux et donne les directives, casquette bleue vissée sur la tête, explique l'objectif de cette nouvelle école.

Elle accueillera des enfants de toutes les religions et de toutes les ethnies, garçons et filles, ensemble. "C'est un gage pour l'avenir de cette ville, insiste-t-il, les enfants y recevront une éducation commune, nous enseignerons le christianisme et l'islam".

Les enfants y recevront une éducation commune, nous enseignerons le christianisme et l'islam

Preuve de cette volonté de rassembler, deux des cinq enseignants qui commenceront leurs cours à la rentrée sont musulmans.

À l'issue d'une semaine passée à Kirkouk, à côtoyer Mgr Sako, figure emblématique de cet Irak qui veut bâtir la paix, on comprend à quel point cette école est représentative du rôle qu'il joue dans cette ville sous tension où les différentes ethnies défendent des intérêts divergents.

En avril dernier, ses efforts pour faire dialoguer les différentes communautés ont été récompensés par un événement exceptionnel.
Une cinquantaine de chefs religieux de toutes ces communautés ont accepté de signer une charte pour l'avenir de la ville dans laquelle ils s'engagent, entre autres à " toujours donner la priorité au dialogue et à condamner la violence" et à "mettre fin aux discours discriminants et haineux".

Les chrétiens veulent agir au coeœur de la société pour faire triompher la paix

"Maintenant nous sommes cinquante ponts pour la paix", avait à l'époque déclaré le député Kurde Sheik Lattif Guli à l'issue de la rencontre, montrant les espoirs soulevés par cette initiative.

À Kirkouk, comme dans le reste de l'Irak, les chrétiens ne sont pas seulement des victimes. Ils agissent au coeœur de la société pour faire triompher la paix dans un pays qu'il ne veulent pas abandonner.

►  Le journal de bord complet :  Comprendre la vie des chrétiens d'Irak aujourd'hui.

Chrétiens irakiens, de tragédie en exil

"Chrétiens irakiens, de tragédie en exil", un article de trois pages à lire dans Pèlerin n°6770 du 30 août 2012.
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Paru le 23 mars 2017

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