Documentaire : l’autre visage des chrétiens d’Orient

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Tout au long de l’Avent 2013, Le Jour du Seigneur déroule Mes Ethiopiques, passionnant voyage à la rencontre des Églises d’Orient. Premier épisode de cette série documentaire, dimanche 1er décembre 2013, à 11 h 30, sur France 2.

La vie des chrétiens d'Irak aujourd'hui

À propos de l'article

  • Créé le 28/11/2013
  • Publié par :Philippe Demenet
  • Édité par :Estelle Couvercelle
  • Publié dans Pèlerin
    6835, du 28 novembre 2013.

Mieux vaut prévenir le téléspectateur: Mes Ethiopiques, ce voyage en quatre épisodes à la rencontre de fidèles des différentes Églises d’Orient, ne nous montre ni pogroms ni destructions d’église, ni enlèvements ni exode !

Un propos liminaire dit par Michael Lonsdale nous rappelle, certes, cette face obscure de leur vie. Mais le réalisateur, Jacques Debs, 56 ans, chrétien maronite d’origine libanaise, a choisi pour une fois, et c’est heureux, de nous donner à vivre plutôt leur côté lumineux, leurs regards inspirés, leurs paroles ingénues et heureuses, leurs fêtes bruyantes et sans complexe dans les rues du Kerala (Inde) ou d’Addis-Abeba (Éthiopie).

Vidéo. La bande-annonce de Mes Ethiopiques. Source : Le Jour du Seigneur.

 

Cet Indien qui fournit chaque jour 4 000 repas aux plus pauvres dans les hôpitaux, ou cette abbesse éthiopienne qui apporte – sans moyens – un entourage maternel à ses orphelines, le font sans l’aide de l’État, ni de l’étranger. Et tous nous susurrent – comme une petite musique qui traverse les quatre épisodes, de l’Arménie à l’Éthiopie, de l’Inde au Liban –, que ce ne sont pas tant les chrétiens d’Orient qui ont besoin de nous, mais nous qui avons besoin de ces Églises premières, et de la force naturelle de leur foi.

Il faut voir le visage ardent de cet ermite, retiré dans un monastère planté au bord d’un gouffre sur le mont de Debre Damo (Éthiopie), et l’entendre confesser dans un sourire qu’il ne craint ni la maladie ni la mort. Il faut se laisser envoûter par l’harmonie heureuse de cette
ex-enseignante accompagnant les corps torturés de malades mentaux, dans cet État du Kerala (Inde) qui compte 19 % de chrétiens.

Je ne m’attendais pas à une foi aussi joyeuse.

Il faut surprendre l’éclat de rire de cette petite sœur libanaise qui nous conte, dans le paysage sauvage de la vallée des Saints, au nord du Liban, l’expérience mystique qui l’a menée au couvent. « Le risque fait partie de leur vie, rappelle Jacques Debs, surtout en ce moment, alors que l’islamisme radical impose son rythme et ses idées. Mais je ne voulais pas m’attarder avec complaisance sur les difficultés. J’ai voulu montrer, au contraire, comment ces chrétiens y faisaient face avec leurs deux “outils”: la vie contemplative et la charité. »

Le secret des chrétiens d’Orient ? Une foi joyeuse. Cette confiance ingénue dans le Christ a surpris le réalisateur lui-même : « Je ne m’attendais pas à une foi aussi joyeuse », confesse-t-il.

Le secret des chrétiens d’Orient ? « Ils savent que leur identité première, c’est leur christianisme. Un socle solide, qui permet un rapport sans complexe à l’autre. »  Une leçon que le réalisateur aura cher payée.

Il se souvient, dans sa jeunesse, avoir sympathisé avec les « palestino-progressistes » (ceux qui, au Liban, s’opposaient au « camp chrétien » N.D.L.R.) ;  jusqu’à ce qu’une bombe, la première d’une guerre civile libanaise qui devait durer quinze ans, dévaste, le 13 avril 1975, la terrasse de son appartement.

« Je ne me considérais pas comme un maronite, dit-il aujourd’hui, mais les “autres” m’ont rappelé que, pour eux, j’étais d’abord un chrétien, et que je ne pouvais pas échapper à mes racines. »


À lire: À la rencontre des Églises premières, de  Jacques Debs Éd. Albin Michel, 218 p. ; 18 €.


Le saviez-vous ? Pour l’Avent 2013, Le Jour du Seigneur a décidé de se tourner vers les Chrétiens d’Orient. Pour en savoir plus, cliquez ici.

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Paru le 18 janvier 2018

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