Le pape veut un synode de tous les jeunes

agrandir Lors de la 32e Journée mondiale de la jeunesse, en avril 2017, le pape François salue des jeunes présents dans la basilique Sainte-Marie-Majeure de Rome (Italie).
Lors de la 32e Journée mondiale de la jeunesse, en avril 2017, le pape François salue des jeunes présents dans la basilique Sainte-Marie-Majeure de Rome (Italie). © ServizioFotograficoOR/CPP/CIRIC
Lors de la 32e Journée mondiale de la jeunesse, en avril 2017, le pape François salue des jeunes présents dans la basilique Sainte-Marie-Majeure de Rome (Italie).
Lors de la 32e Journée mondiale de la jeunesse, en avril 2017, le pape François salue des jeunes présents dans la basilique Sainte-Marie-Majeure de Rome (Italie). © ServizioFotograficoOR/CPP/CIRIC

Moins d’un an avant le synode 2018 sur les jeunes, le calendrier s’accélère. Le pape veut faire résonner le "cri" de la jeunesse au cœur de l’Église. Une minirévolution ? 

À propos de l'article

  • Créé le 03/11/2017
  • Publié par :Agnès Chareton
  • Édité par :Cécile Picco
  • Publié dans Pèlerin
    7040 du 2 novembre 2017

Samedi 8 avril 2017. En cette veille du dimanche des Rameaux, la basilique Sainte-Marie-Majeure, à Rome (Italie), est pleine à craquer. Tout sourire, le pape François serre les mains qui se tendent vers lui, et pose quelques instants pour un « selfie. »

Ce soir-là, il préside une veillée de prière pour les prochaines Journées mondiales de la jeunesse, qui auront lieu à Panama (Panama), en 2019. Mais, surprise, dans son prêche, il évoque longuement le synode sur les jeunes, qu’il a convoqué à Rome, en octobre 2018. Un synode « dont aucun jeune ne doit se sentir exclu ! » martèle le pape. Même ceux « qui se sentent agnostiques », ceux dont « la foi est tiède », ceux « qui se sont éloignés de l’Église » ou qui « se sentent athées », insiste-t-il.


Chaque jeune a quelque chose à dire aux autres, aux adultes, aux prêtres, aux sœurs, aux évêques et au pape. Tous nous avons besoin de vous écouter ! 

Le ton est donné : François veut ouvrir les portes et les fenêtres.

 

« Ces mots du pape ont changé la donne, se souvient Charles Callens, 26 ans, un jeune Français qui a participé à deux rencontres de préparation du synode à Rome. Les cardinaux ont compris que le synode ne devait pas être un travail exclusivement intellectuel de sexagénaires sur les jeunes. Ces derniers doivent en être les protagonistes. »

À lire aussi sur pelerin.com : Synode 2018 : le pape adresse une lettre aux jeunes

Certes, en octobre 2018, seuls les évêques débattront dans l’enceinte synodale. Mais, en amont, les jeunes sont particulièrement impliqués dans la phase de consultation. Une étape déterminante, car c’est à partir de leurs aspirations que sera élaboré l’Instrumentum laboris, le document de travail des pères synodaux, attendu pour le printemps prochain.

Donner la parole aux 16-29 ans

Deux exemples illustrent ce changement de culture au Vatican. D’abord, pour la première fois, celui-ci a mis en ligne un questionnaire, pour sonder directement les jeunes du monde entier, âgés de 16 à 29 ans, sur leur vision de la famille, leur perception des institutions, du travail, leur rapport à l’Église, à la foi, etc. Traduit en cinq langues, le questionnaire, qui sera clôturé le 30 novembre, a reçu à ce jour plus de 150 000 réponses, selon le Secrétariat général du synode des évêques.

À lire aussi sur pelerin.com : Le questionnaire du pape pour les jeunes

Un succès relatif, étant donné que 85 000 d’entre elles ne sont pas complètes, mais une innovation tout de même. Autre exemple : au mois de mars prochain aura lieu à Rome un « congrès présynodal », auquel 300 jeunes sont conviés. Y participeront, non seulement des catholiques, mais aussi des jeunes issus d’horizons différents, du monde du sport ou de la culture, et des non-croyants, ou d’autres religions.

« L’Église veut ainsi se mettre à l’écoute de la voix, de la sensibilité, de la foi et aussi des doutes et des critiques des jeunes », a expliqué le pape François, le 4 octobre dernier. Une minirévolution.

 

« Qu’est-ce que l’Église a à proposer aux jeunes ? Comment leur annoncer le Christ de manière crédible, alors que beaucoup sont éloignés de l’Église ? C’est l’enjeu du synode, en particulier en Europe », résume Charles Callens. « Je crois qu’il faut accepter de revoir nos logiciels, et oser inventer des choses qui sortent des sentiers battus, confirme Mgr Laurent Percerou, évêque de Moulins (Allier) et président du Conseil pour la pastorale des enfants et des jeunes. Ces dernières années, je vois naître un peu partout dans les diocèses des projets missionnaires portés par les jeunes. »

 

Autant d’initiatives qui nourriront la réflexion du synode. Vaste chantier !



Calendrier du synode

Janvier 2017 : publication du document préparatoire et du questionnaire adressé aux conférences épiscopales.
Avril 2017 : réunion des délégués des JMJ à Rome, veillée de prière autour du pape à la basilique Sainte-Marie-Majeure.
Juin 2017 : mise en ligne du questionnaire du Vatican sur le site youth.synod2018.va pour consulter les jeunes du monde entier.
Septembre 2017 : séminaire international, à Rome, sur la condition des jeunes.
30 novembre 2017 : clôture du questionnaire en ligne du vatican.
Mars 2018 : congrès présynodal, à Rome, avec 300 jeunes.
Printemps 2018 : publication de l’Instrumentum laboris, le document de travail des pères synodaux.
Octobre 2018 : le synode, à Rome, réunira environ 250 pères synodaux pendant trois semaines.
Début de l’année 2019 : publication de l’exhortation apostolique post-synodale par le pape.
Pour suivre l’actualité du synode en ligne, rendez-vous sur www.jeunes-vocations.catholique.fr et sur Twitter avec le hashtag #Synode2018.

                                  

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Paru le 23 novembre 2017

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