Neuf récits pour dire le monde

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© Sherley Freudenreich
Neuf récits pour dire le monde
© Sherley Freudenreich

La 7e édition du prix Pèlerin du Témoignage est lancée. En devenant membre de notre jury, vous disposerez de tout l’été pour élire le meilleur récit de l’année parmi les neuf que nous avons choisis.

À propos de l'article

  • Créé le 02/06/2015
  • Publié par :Muriel Fauriat, Françoise Toutlemonde et Laurence Valentini
  • Édité par :Estelle Couvercelle
  • Publié dans Pèlerin
    6914, du 4 juin 2015

Chers lecteurs,

Catherine Lalanne

Notre 7e édition du prix Pèlerin  du Témoignage s’inscrit sous les meilleurs auspices. Les ouvrages que nous avons sélectionnés pour vous résonnent de notre époque : de Compostelle à Tel-Aviv, en passant par la banlieue parisienne, ces neuf récits éclairent les aspirations et les tensions contemporaines.

Du drame des chrétiens d’Orient au conflit israélo-palestinien, de la mémoire transmise des camps à la compréhension du génocide juif par les jeunes des cités, du chemin initiatique parcouru par une mère et son fils à l’acceptation du handicap par une société indifférente, ces neuf récits mêlent itinéraire de vie et regard sur le monde, maillent petite et grande histoire.

Pour tisser cette passerelle entre l’intime et le social, pour réconcilier témoignage et littérature, nous avons choisi pour parrain un écrivain ami de Pèlerin : Guillaume de Fonclare. Le 19 février (n° 6899), nous lui avions ouvert nos colonnes pour son magnifique récit Joë. Il y mêlait le destin d’un poète de 28 ans mutilé par la Grande Guerre et son propre combat contre la maladie. Guillaume de Fonclare serait-il devenu le grand auteur qu’il est sans l’épreuve de la souffrance ? Aurait-il ressenti cette nécessité impérieuse de dénoncer la guerre sans avoir mené sa propre guerre intérieure ? Cher jury, je vous laisse le choix de la réponse  comme celui du gagnant de cette 7e édition. Bonne lecture !
Catherine Lalanne


Et tu n’es pas revenu, de Marceline Loridan-Ivens

Marceline

Elle a été déportée  avec son père à Auschwitz-Birkenau. Elle l’aimait follement. Il n’en est pas revenu. Marceline Loridan-Ivens raconte dans ce court récit adressé à son père, la vie  là-bas, dans les camps, et la vie après, sans lui, même s’il reste omniprésent dans sa mémoire. L’auteure, née en 1928, évoque, avec une simplicité percutante, l’enfer des camps, mais aussi son bonheur – paradoxal – parce que son père était à ses côtés. La disparition de cet homme tant aimé brisera sa famille et la hantera toute sa vie. Les dernières pages sont un plaidoyer angoissé et bouleversant pour que l’hydre de l’antisémitisme ne submerge pas à nouveau notre monde.

► Éd. Grasset, 108 p. ; 12,90 €.



 

Nous sommes tous des exceptions, d’Ahmed Dramé

Ahmed

Un lycée de banlieue parisienne. Des jeunes, casques sur la tête, vannes et chahut. Et une prof qui y croit. Qui croit que ses élèves peuvent se passionner pour une histoire plus grande qu’eux. Celle de la Shoah. Alors madame Anglès, inscrit sa classe « à problèmes » au Concours national de la Résistance et de la déportation. Ahmed Dramé, élève  d’origine malienne, raconte cette aventure. Comment  les jeunes sont entrés, via  les récits, les musées, dans la grande Histoire. Et leur rencontre, avec Léon, un rescapé.  Une rencontre si puissante qu’Ahmed Dramé s’en inspire  pour écrire un scénario, qui  aboutit à un film : Les héritiers. Au mémorial de la Shoah, le jeune auteur confie : « Et maintenant, nous sommes avec  eux, tous les visages. » Et puis :  « On peut toujours se sortir de la cité. Les enclaves, ce sont nous qui les créons. »

► Éd. Fayard, 180 p. ; 15 €.



Guérir du passé, de Michael Lapsley

Mikael

Prêtre anglican, Michael Lapsley devient, à 24 ans, aumônier de l’ANC (le parti de Nelson Mandela) en Afrique du Sud, en 1973. En 1990, il est victime d’une lettre piégée qui le mutile – il perd ses mains et un œil. Dans les années post-apartheid, il constate que « tout le monde a souffert de ségrégation et a quelque chose à raconter ». Puisant dans son expérience la méthode pour aider à la réconciliation, le P. Michael crée des « ateliers  de guérison des mémoires ».  Il poursuit son travail dans des régions du monde déchirées par les conflits, mais aussi  aux États-Unis ou en Australie,  pour accompagner les  personnes marquées par  la violence, les vétérans de guerre, les prisonniers… Son témoignage, immense, est de ceux que l’on n’oublie pas.

► Éd. de l’Atelier, 418 p. ; 23 €.



Sur les fleuves de Babylone, nous pleurions, de Sébastien de Courtois

sébastien

En août 2014, les chrétiens d’Irak fuient par dizaines de milliers l’avancée de Daech. Journaliste spécialiste des chrétiens d’Orient, Sébastien de Courtois se rend sur place pour témoigner. Il rencontre une population épuisée, étrangement calme : il recueille des témoignages, grave les regards, donne son analyse de la situation, communique ses échanges avec les responsables religieux, ses amis. Son récit est autant celui d’une population en exil qu’un parcours personnel. Depuis sa rencontre avec les monastères syriaques de Turquie, et les communautés chrétiennes parlant l’araméen, la langue du christ, le reporter ne cesse d’essayer de comprendre, de s’émerveiller.

► Éd. Stock, 190 p. ; 18,50 €.




Haïfa-Jénine, après le silence, de Yaël Armanet

Yael

Le 31 mars 2002, la vie s’écroule pour Yaël Armanet. « L’amour de sa vie », Dov Chernobroda  est tué par  un Palestinien de 24 ans,  dans un attentat-suicide, à  Tel-Aviv. Dans ce livre témoignage, la Franco-Israélienne raconte sa souffrance mais  surtout le chemin parcouru pour aller à la rencontre  de la famille du jeune terroriste. Seule manière, pour elle, de continuer d’espérer et de rester fidèle à son compagnon qui toute sa vie avait milité en faveur du dialogue entre Israéliens et Palestiniens.  Plus que le récit d’une vie et d’une reconstruction, cet ouvrage est une belle immersion dans une histoire forte  et émouvante au plus près de la vie des deux peuples.

► Éd. Le Passeur, 430 p. ; 20,90 €.




Génèse de ton absence, d’Annie Wellens

Annie

Dans ce texte sensible, Annie Wellens évoque les sept jours de la disparition de son mari, Serge, poète et amoureux des livres, emporté par la maladie. Si elle touche par sa gravité, cette genèse n’engendre pas de tristesse et l’évocation des petits secrets du quotidien propose de magnifiques moments d’humour et de tendresse. Connue pour ses chroniques dans La Croix et Christus, Annie Wellens nous offre également une méditation spirituelle, chemin de deuil pour apprivoiser l’absence.

► Éd. Salvator, 148 p. ; 16 €.





Ne dites pas à ma mère que je suis handicapée, elle me croit trapéziste dans un cirque, de Charlotte de Vilmorin

Charlotte

Elle est chef d’entreprise, tient un blog  sur Internet  et possède  un sens certain de l’humour.  Il en faut, car sa vie n’est pas un fleuve tranquille. Charlotte de Vilmorin se déplace en fauteuil roulant à cause d’« une maladie au nom grec imprononçable qui s’apparente à une myo­pathie ». Chaque jour est une lutte éprouvante, ubuesque pour se déplacer, entrer dans une salle de conférences, un bar… Ce court récit sur ses deux ans passés dans une agence de publicité montre l’inadéquation de la société au handicap, la force et l’énergie que les personnes en fauteuil doivent développer pour pouvoir vivre comme  tout le monde. Passionnant  et dynamisant !

► Éd. Grasset, 210 p. ; 16 €.




Maman, c’est encore loin Compostelle ? de Céline Anaya Gautier

Céline

« 1 200 km à pied de Nogaro à Saint-Jacques-de-Compostelle avec un enfant de 7 ans ! Quelle belle et douce folie ! » À 7 ans, Santiago a voulu marcher sur le chemin de Compostelle pour grandir. Sa mère, Céline Anaya Gautier, 38 ans, raconte son voyage  initiatique, durant l’été 2014.  Au long des quarante-trois jours du chemin, au gré des paysages  et des rencontres, mère et fils vont aborder des questions fondamentales : le courage,  le sens des limites, la fraternité, la beauté de la nature, la foi. Santiago va apprendre qu’il  a un corps, par sa souffrance ; un esprit, par l’intériorité qu’il développe. De son côté, Céline a appris à laisser grandir son fils. Le binôme a trouvé son pas, entre accompagnement  et complicité. Un récit profond, drôle et enchanteur.

►  Éd. Le Passeur, 460 p. ; 22 €.



Je vous écris de Téhéran,de Delphine Minoui

Delphine

Journaliste franco-iranienne  en poste  à Téhéran  de 1997 à 2009, Delphine Minoui raconte les coulisses de la société iranienne, entre les espoirs déçus de la jeunesse, les soirées interdites ou les confidences des mollahs et des miliciens bassidji. Ce récit construit sous la forme d’une lettre posthume à son grand-père est autant une aventure personnelle, au côté de sa grand-mère Mamani ou de son amie Niloufar qu’une plongée exceptionnelle dans une  société iranienne en pleine schizophrénie. Magistral.

► Éd. du Seuil, 320 p. ; 20 €.






Participez au prix du Témoignage Pèlerin 2015

Rejoignez notre jury de lecteurs en nous écrivant un mail, avant le 16 juin 2015, pour nous raconter votre passion et/ou votre engagement dans le domaine de la lecture, et envoyez vos coordonnées (nom, prénom, adresse, âge, profession) à : francoise.toutlemonde@bayard-presse.com

Fin juin 2015, vous recevrez  les récits sélectionnés  et vous aurez trois mois pour les lire. Fin septembre, vous devrez faire un choix et nous écrire pour l’argumenter. N’attendez plus pour nous rejoindre !

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Paru le 8 février 2018

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