Les livres primés de l'édition 2013

agrandir  Pour "Pèlerin", le récit n’est pas seulement un genre littéraire à primer, il est au coeur du projet de notre magazine.
Pour "Pèlerin", le récit n’est pas seulement un genre littéraire à primer, il est au coeur du projet de notre magazine. © Petica
 Pour "Pèlerin", le récit n’est pas seulement un genre littéraire à primer, il est au coeur du projet de notre magazine.
Pour "Pèlerin", le récit n’est pas seulement un genre littéraire à primer, il est au coeur du projet de notre magazine. © Petica

Neuf ouvrages ont été lus et notés par le jury, constitué de 27 lecteurs de Pèlerin et membres de la rédaction. Le score a été très serré concernant les quatre premiers.

À propos de l'article

  • Créé le 05/12/2013
  • Publié par :Dossier de presse du prix "Pèlerin" du témoignage 2013
  • Édité par :Estelle Couvercelle

Son. Catherine Lalanne, rédactrice en chef, vous présente le présente le prix Pèlerin du témoignage.

 




livre démesure

1. La démesure, de Céline Raphaël (Ed. Max. Milo)

Interne en médecine, Céline Raphaël livre le témoignage poignant d’un enfant martyr. À 28 ans, la jeune femme revient de loin. Mise au piano dès l’âge de 2 ans, la fillette se révèle très vite une musicienne hors pair. Poussée par ses professeurs et par son père à travailler de plus en plus, elle gagne concours sur concours. Mais c’est au prix d’un enfer : le père, diplômé de Sciences-Po et directeur d’usine, voit en elle une enfant « prodige » et la bat jour après jour pour la contraindre à travailler encore et toujours. L’intervention de l’infirmière scolaire de son lycée lui sauve la vie : l’adolescente est placée dans un foyer et son père est condamné pour maltraitance. En décrivant les excès de l’exigence de la perfection, ce récit interroge notre rôle de parents face à l’éducation de nos enfants.

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livre juste à côté

2. Juste à côté, d'Esther Gaubert (Ed. Fayard)

Anna est venue chercher la tranquillité aux Garays, un hameau montagnard de Haute-Loire. Mais voilà que s’installe, dans l’immense ferme voisine, une famille bruyante et vite envahissante. Marilyne, « croisée tzigane » n’écoutant que son grand coeur, est bien décidée à ne pas laisser « Voisine » toute seule. Les diablotins Loïc et Loris trouvent d’ailleurs la maison d’Anna à leur goût… Décidée à préserver sa quiétude, cette dernière dresse vainement une clôture électrique entre les deux propriétés. Avant de se laisser envahir, jusqu’à éprouver de l’empathie, puis une réelle admiration, pour ces voisins pas comme les autres : un « quart-monde dans son carré de soleil » bourré d’énergie et de courage.

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livre wild

3. Wild, de Cheryl Strayed (Ed. Arthaud)

Si elle reste, elle s’enfonce. Alors Cheryl l’Américaine, ex-junkie, divorcée, meurtrie par la mort soudaine de sa mère, endosse un sac trop lourd, enfile de grosses chaussures de marche et se lance à l’attaque du sentier des crêtes du Pacifique. Trois mois sur le PCT ou Pacific Crest Trail, long de 1 700 km, du sud des États-Unis jusqu’au nord du Canada. C’est l’une des randonnées en haute montagne les plus dures au monde, à réaliser en totale autonomie. À travers les déserts et les glaciers, dans la douleur et l’obstination, Cheryl espère retrouver celle qu’elle était autrefois, vivante et joyeuse. Portée par les paroles de sa mère – « On n’est pas pauvre, parce qu’on a de l’amour à revendre » –, aidée par les « anges du chemin », Cheryl sculpte sa rédemption dans un immense éclat de rire.

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livre même la nuit

3. ex aequo : Même la nuit quand je dors, d'Anne Dodemant (Ed. Albin Michel)

Psychothérapeute et mère de quatre enfants, Anne Dodemant ausculte son chaos intérieur après le suicide, à 29 ans, de son fils Luc, atteint de schizophrénie. Elle raconte la douleur de la mort, la souffrance de l’incompréhension et la distance de ceux qu’elle considérait comme ses proches. La solitude est profonde, tout se déconstruit. Ce qui la passionnait l’indiffère. Jusqu’où va-t-elle couler ? C’est dans un monastère, à la Chartreuse de Sélignac, dans l’Ain, où elle séjourne avec son mari, qu’Anne touche le fond. Elle y éprouve le silence et la mort de Dieu. Mais c’est là, aussi, qu’elle retrouve l’espérance, de l’espace pour respirer, contempler, vivre. Ce récit, qui décortique par le menu ce séisme intérieur que représente la perte d’un enfant, sera une aide précieuse pour tous ceux qui sont confrontés à une telle tragédie.

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livre bonjour beauté

5. Bonjour, jeune beauté ! de J. et T. Auber (Ed. Bayard)

Jeanne Auber est pédiatre. Tristan, son mari, est cadre dans une entreprise. À la faveur d’un long déplacement professionnel effectué par celui-ci, une correspondance s’instaure autour
de la place de leur fille aînée Julie, polyhandicapée. Dans cet échange de lettres entre deux époux, chacun revisite ses souvenirs et ses émotions face à la naissance de l’enfant, la découverte
du handicap « qui révèle l’instabilité de l’existence », les crises violentes qui pèsent sur la vie de famille, les consultations parfois désespérantes… Le recul du temps permet de saisir l’essentiel, la somme des deuils que le couple a affrontés, le sentiment de culpabilité. Ce témoignage est puissant parce qu’il est porté par le double regard d’un père et d’une mère sur le handicap.

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livre psaumes

6. Psaumes balbutiés, d'Erwin Mortier (Ed. Fayard)

« Ce qui me cause le plus de tristesse, c’est son double silence. La langue a fait ses valises et a sauté par-dessus le bastingage du navire en perdition, mais un autre silence s’est installé (…) Je n’entends plus la musique de son âme, l’aura existentielle qui l’enveloppait. » Dans une succession de fragments de vie poétiques, fascinants par leur simplicité, le romancier néerlandais Erwin Mortier décrit la dégénérescence de sa mère, atteinte d’Alzheimer. En guise d’adieu à celle qu’il ne reconnaît plus, il compose ces Psaumes balbutiés, créant de nouveaux mots – « Elle se déparle et se délangue » – et jouant du rythme et de l’humour pour exprimer la progressive et sournoise chute de l’être aimé « qui est là mais qui n’est plus là ». Bouleversant.

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livre moyenne

7. Moyenne, de Laurence Kiberlain (Ed. Stock)

Comment faire face aux accidents de la vie quand on se sent moyenne en tout ? Moyenne à l’école, moyennement intelligente, moyennement intéressante… Maltraitée par son premier compagnon, mère d’une fille lourdement handicapée, Laurence Kiberlain plie mais ne rompt point. Elle rebondit, se détache de son compagnon, affronte le monde de l’hôpital sans jamais perdre son humanité et sa créativité. En témoignent le récit de sa relation avec sa fille différente et les dessins inspirés qu’elle publie pour illustrer ce lien. Laurence Kiberlain décrit la solitude face à l’épreuve, l’amour maternel plus fort que tout, le droit au bonheur quand on n’a pas la chance d’être « normal ». Écrit à un rythme haletant avec une sincérité désarmante, ce premier texte est puissant comme l’espérance. Tout sauf moyen.

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livre l'odeur des planches

8. L'odeur des planches, de Samira Sedira (Ed. du Rouergue)

«Dans son appartement javellisé ma mère se séchait d’ennui. C’était son expression favorite, Ya Rabbi, je me sèche d’ennui. » D’origine algérienne, Samira débarque à Marseille un jour de 1969. Après avoir vécu à La Ciotat avec sa mère, femme de ménage, et son père soudeur, elle rejoint Paris où elle est comédienne. Mais à 40 ans arrive le chômage. Pour participer aux charges du foyer, Samira, devenue la compagne d’un jeune prof et maman d’un garçon de 5 ans, fait à son tour des heures de ménage. En se penchant sur les cuvettes des nantis, elle ressent la « longue dépossession de soi » qu’implique un travail répétitif, fatigant et mal estimé, rapprochant sa situation sociale de celle de ses parents. Ce témoignage déchirant, rude souvent, parfois drôle, dresse un fin portrait de la génération des immigrés de l’après-guerre.

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livre jour de pouvoir


9. Jours de pouvoir, de Bruno Le Maire (Ed. Gallimard)

Ministre de l’Agriculture de 2009 à 2012, Bruno Le Maire raconte d’une plume élégante son quotidien d’homme politique en perpétuel mouvement. Pendant les deux ans racontés dans le livre, cet énarque, agrégé de lettres modernes, sillonne la France rurale, prépare le G20 agricole, multiplie les négociations européennes. Son journal de bord devient plus intimiste, plus incisif lorsqu’il brosse le portrait du président Nicolas Sarkozy et de ses conseillers, en route vers la défaite. La sincérité de cette méditation sur le pouvoir est touchante : « Au pouvoir, le papier prend le dessus sur la vie. Les rencontres humaines sont plus rares, moins franches et moins disponibles. On pare au plus pressé. En peu de temps, on perd une certaine candeur, on se durcit, une part de soi se décolore. »

► Et aussi : l'interview de Bruno Le Maire.

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Paru le 10 mai 2018

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