Sida : l’épidémie ralentit en Afrique

agrandir Soeur Marie Stella en profite pour rendre visite à une malade suivie par l’association Vivre dans l'espérance, parler un peu avec elle et lui amener de le nourriture.
Soeur Marie Stella en profite pour rendre visite à une malade suivie par l’association Vivre dans l'espérance, parler un peu avec elle et lui amener de le nourriture. © Julien Pebrel / M.Y.O.P.
Soeur Marie Stella en profite pour rendre visite à une malade suivie par l’association Vivre dans l'espérance, parler un peu avec elle et lui amener de le nourriture.
Soeur Marie Stella en profite pour rendre visite à une malade suivie par l’association Vivre dans l'espérance, parler un peu avec elle et lui amener de le nourriture. © Julien Pebrel / M.Y.O.P.

Malgré un tribut très lourd payé chaque année au sida, les Africains améliorent le contrôle de la maladie. Mais l’accès aux traitements reste inégal et insuffisant.

À propos de l'article

  • Créé le 03/04/2014
  • Publié par :Sophie Laurant
  • Édité par :François Boulard
  • Publié dans Pèlerin
    3 avril 2014.

Les chiffres sont encore terribles et injustes : les deux tiers des séropositifs, soit 25 millions de personnes, vivent en Afrique. Ce continent déplore aussi l’immense majorité des décès dus à la maladie : 1,2 million en 2012 (chiffres de l’Onusida), contre 400 000 pour le reste du monde.

Heureusement, comme partout, la mortalité a reculé avec l’accès croissant aux antirétroviraux. Le nombre de nouveaux cas diminue, même si, en 2012, on comptait encore 1, 3 million nouvelles contaminations (sur 2,3 millions pour l’ensemble du monde).

►Vidéo. L’Afrique et le sida.

 

Une bonne nouvelle vient d’être confirmée : les antirétroviraux, en diminuant très fortement la charge virale, non seulement conservent les patients en bonne santé, mais évitent qu’ils soient contagieux et permettent d’envisager d’avoir un enfant.

Si nous pouvions mettre sous traitement le plus tôt possible et à vie, les 25 millions de porteurs du virus du sida, nous aurions jugulé l’épidémie en Afrique !

soupire le Pr Éric Delaporte, spécialiste des maladies infectieuses au CHU de Montpellier. Mais tous les porteurs du VIH ne sont pas dépistés et seule la moitié des patients déclarés sont sous traitement.

L’accès aux antirétroviraux reste très variable en fonction de la stabilité du pays, de la volonté politique de son gouvernement et de la performance de son système de santé. Ainsi, au Sénégal, 1 % de la population vit avec le virus tandis qu’au Gabon ce taux monte à 4 %…

Mais c’est l’Afrique de l’Est et Australe qui restent les plus touchées par l’épidémie avec des taux au-dessus de 12 %.

« On ne s’explique pas vraiment pourquoi l’Afrique de l’Ouest est moins frappée, reconnaît le Pr Éric Delaporte. Une des raisons tient sans doute à la pratique répandue de la circoncision qui réduit le risque de transmission. »

►Vidéo. Sœur Marie Stella : "Le sida n'est pas une malédiction"

 

Pour améliorer la mise sous traitement, il faudrait, selon ce médecin, que le Fonds mondial contre le sida, chargé de distribuer les médicaments, exige des pays bénéficiaires de publier leurs résultats concrets : « afin d’investir là où les programmes sont gérés de façon efficace ! » Ce n’est pas encore le cas…

►Vidéo. Soeur Marie Stella lutte contre l'épidémie de sida qui ravage son pays, le Togo. Source : KTO. Durée : 26 minutes.

 

La prévention s’est, de son côté, améliorée. Annabel Desgrées du Loû, démographe à l’Institut de recherches pour le développement, estime que désormais 99 % des Africains ont entendu parler du virus.

Les soignants qui, dans les années 1990 « s’adressaient à l’individu seul et misaient surtout sur le préservatif » ont, constate-t-elle, nuancé leur discours selon les publics :

S’il s’agit de prostituées ou de personnes ayant de nombreuses relations sexuelles épisodiques, bien sûr qu’on va insister sur l’usage du préservatif.

 ►Vidéo. La lutte contre le sida et les nouveaux défis pour la santé mondiale. Source : Université de Bordeaux.



« Mais s’il faut conseiller un couple stable dont l’un des deux est séropositif, poursuit Annabel Desgrées du Loû, on va insister sur le bon suivi du traitement antirétroviral, sachant désormais que celui-ci protège aussi le partenaire. » Souvent, les Africaines vont demander à l’équipe soignante de les aider à parler à leur conjoint.

Le sida touche à la sexualité, à la procréation, à la mort. La démographe remarque que les discussions sur ces sujets, jusque-là peu évoqués dans les couples africains, ont ainsi augmenté.

Comme n’importe quelle crise, le sida révèle la qualité du lien conjugal, conclue-t-elle. Soit le couple en sort renforcé, soit il se brise dans l’épreuve.

Des réactions universelles, pas spécifiquement africaines.

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Paru le 18 janvier 2018

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