Prisons, le débat piégé

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Jeunes détenus au centre pénitentiaire de Longuenesse, dans le Pas-de-Calais © Michel Le Moine / Divergence
Jeunes détenus au centre pénitentiaire de Longuenesse, dans le Pas-de-Calais
Jeunes détenus au centre pénitentiaire de Longuenesse, dans le Pas-de-Calais © Michel Le Moine / Divergence

Le projet de réforme pénitentiaire promis par la garde des Sceaux, Christiane Taubira, suscite une véritable bataille d'arguments sur l'efficacité des alternatives à la prison.

« Trois condamnés libérés parce que la prison était trop pleine. » L'information a fait les gros titres début août 2013. Et l'opposition a aussitôt dénoncé le « laxisme » du gouvernement.

En fait, en renonçant à incarcérer ces trois hommes, condamnés à des peines de deux à trois mois de prison, le parquet de l'Eure-et-Loir a respecté l'esprit d'une loi votée par l'ancienne majorité de droite, en 2009.

Celle-ci recommande d'aménager la peine pour les personnes condamnées à moins de deux ans de prison (contre un an auparavant). Il s'agit à la fois de lutter contre la surpopulation carcérale et de privilégier les peines alternatives - liberté surveillée, bracelet électronique, etc. - censées favoriser la réinsertion du condamné.

Ces deux questions sont au cœur de la réforme pénale préparée par Christiane Taubira, ministre de la Justice. Elle prévoirait une nouvelle sanction alternative à la prisonet envisagerait de proposer à tous les détenus condamnés à moins de cinq ans de prison une forme de libération conditionnelle aux deux tiers de leur peine.

Au 1er juillet 2013, 68 569 détenus s'entassaient dans 57 320 places. Un record. Une surpopulation due, en partie, au doublement de la durée moyenne d'incarcération, passée de cinq à dix mois en trente ans. 

Vidéo. L’annonce de Christiane Taubira de son projet de loi. Source : TF1.

 

Et aux « peines planchers », instaurées en 2007 pour les récidivistes, imposant une durée minimale d'emprisonnement en fonction du délit. Christiane Taubira affirme que ces peines planchers ont entraîné « plus de quatre mille années d'emprisonnement supplémentaires par an ».

 Vidéo. 14 août 2013 : conférence de presse de Christiane Taubira, garde des Sceaux, sur la prescription des peines. Source : Ministère de la justice.

            


Le projet de loi devrait les supprimer, comme l'a promis François Hollande avant d'être élu à l'Élysée. De son côté, le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, déplore que « 80 % des détenus sortent sans accompagnement, sans mesure de suivi », et constate « depuis dix ans une augmentation de la récidive ».

Vidéo. Réforme pénale: Valls et Taubira en désaccord. Source : BFMTV.

 

► Lire la suite de l’article dans Pèlerin n° 6821, du 22 août 2013.

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Paru le 5 avril 2018

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