La générosité, une valeur d’avenir !

agrandir Antoine Martel ( 2ème en partant de la droite, à l’entraînement avec des amis ) est plus motivé que jamais. Le 9 avril, il participera pour la première fois au Marathon de Paris, en portant ce que l’on appelle un  « dossard solidaire ».
Antoine Martel ( 2ème en partant de la droite, à l’entraînement avec des amis ) est plus motivé que jamais. Le 9 avril, il participera pour la première fois au Marathon de Paris, en portant ce que l’on appelle un « dossard solidaire ». © Aldo Sperber
Antoine Martel ( 2ème en partant de la droite, à l’entraînement avec des amis ) est plus motivé que jamais. Le 9 avril, il participera pour la première fois au Marathon de Paris, en portant ce que l’on appelle un  « dossard solidaire ».
Antoine Martel ( 2ème en partant de la droite, à l’entraînement avec des amis ) est plus motivé que jamais. Le 9 avril, il participera pour la première fois au Marathon de Paris, en portant ce que l’on appelle un « dossard solidaire ». © Aldo Sperber

Je donne, tu donnes, nous donnons. Du temps, de l’argent, de l’attention. On les croit arrogants et égoïstes, mais les Français ont aussi de l'altruisme à revendre. Décryptage, à l'aide de notre sondage exclusif.

À propos de l'article

  • Créé le 25/01/2017
  • Modifié le 23/01/2017 à 12:00
  • Publié par :Alice Le Dréau avec Emmanuel Kerner pour les infographies
  • Édité par :Laurence Faure
  • Publié dans Pèlerin
    7000 du 26 janvier 2017

Il a enfilé plusieurs couches de vêtements et installé son duvet sous un porche. Dans ces cas-là, Christian Page, 43 ans, veille toujours à bien se protéger du vent. Depuis bientôt deux ans, cet ancien sommelier vit sans domicile fixe, dans Paris. Sur le réseau social Twitter, il décrit son quotidien. Via de courts messages. Il raconte ses galères (la pluie qui vous tombe dessus alors que vous venez de déplier votre sac de couchage, le manque d’hygiène, l’insécurité…), mais témoigne aussi de petits moments de grâce. C’est une voisine, descendue lui offrir une tasse de café chaud. Un(e) inconnu(e) qui, durant la nuit, a déposé près de son barda de quoi prendre un petit-déjeuner. Des gestes « anonymes », mais « pas anodins », note-t-il. Mieux, des démonstrations de cet altruisme, cette solidarité spontanée, qui lient la société et l’aident à tenir debout, malgré les crises.


N’en déplaise aux pessimistes, aux esprits chagrins, aux adeptes du déclin, la générosité reste une valeur qui compte (voir nos infographies).


Être généreux se décline de mille et une façons : ce peut être de l’argent, du temps, de l’écoute, du don d’objet, du don de soi ou une propension au partage (de savoirs, de passion). Mais pour parler générosité, il convient d’abord de parler chiffres. Et ils sont éloquents. En 2015, les Français ont déclaré à l’administration fiscale près de 2,5 milliards d’euros de dons aux associations ou fondations, selon une enquête du collectif Recherches et solidarité.

L'engagement associatif en pleine croissance

Une somme en hausse par rapport à 2014. Tout comme le montant moyen des dons : 463 euros avec, bien sûr, des disparités selon les personnes, les âges et les régions de France. Les associations les plus gâtées s’appellent l’Association française contre les myopathies (AFM), les Restos du cœur, le Secours catholique, la Croix Rouge… En tout, selon France générosité, qui publie tous les ans un baromètre, 58 % des Français déclarent avoir déjà fait un don dans les trois dernières années. Dont 46 % de façon régulière, c’est-à-dire une fois ou plus par an.

Mais la générosité ne se mesure pas qu’en euros. Entre 2013 et 2016, le nombre de Français engagés dans des associations est passé de 11,7 à 13,1 millions. « Ajoutez à cela les personnes donnant de leur temps de manière informelle et vous arrivez à plus de 20 millions », constate Jacques Malet, président de Recherches et solidarités. Quant aux aidants, ils sont plus de 8 millions à accompagner des proches en situation de handicap ou de maladie.
Alors égoïstes les Français ? Vraiment ? « La destination à la bonté est plus forte, plus profonde que le penchant au mal », écrivait le philosophe Paul Ricœur. Jacques Lecomte, psychologue, père de la psychologie positive et auteur de La bonté humaine (Éd. Odile Jacob), partage ce point de vue.

« L’être humain est prédisposé à l’amour, à l’empathie, à la coopération », explique-t-il. D’après notre sondage, si les Français sont généreux avec leur entourage proche, seuls 32 % ont déjà aidé un parfait inconnu. Mais sept Français sur dix seraient prêts, dans des circonstances exceptionnelles, à prendre un risque physique pour porter assistance à quelqu’un. « Ce n’est pas seulement du déclaratif dit bien au chaud chez soi, commente Jérôme Fourquet, directeur du département opinion publique à l’Ifop. La norme reconnue, légitime, dans notre société qu’on dit pourtant individualiste, c’est d’aider autrui en cas d’urgence. La presse régionale est pleine de ces histoires de citoyens ordinaires qui se précipitent dans une maison en flammes, ou qui sauvent un inconnu de la noyade. » (...)



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Retrouvez notre enquête complète et notre sondage dans votre numéro 7000 du 26 janvier 2017.

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Paru le 16 novembre 2017

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