Espérance : pour Jean Druel, “il n’y a pas de vie perdue”

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© Illustration : Hélène Builly
Espérance : pour Jean Druel, “il n’y a pas de vie perdue”
© Illustration : Hélène Builly

Comment s'ouvrir à l'espérance ? Que change-t-elle dans nos vie ? Pour Noël, Pèlerin tente de répondre à ces questions.

L'espérance chrétienne se fonde sur la croyance en l'amour indéfectible de Dieu. Entretien avec Jean Druel, dominicain, il vient de publier Speed dating 2, Dieu te répond (Cerf)

“Il n’y a pas de vie perdue pour Dieu. Comme accompagnateur spirituel, je rencontre des personnes qui ont parfois fait vivre aux autres des choses terribles. Des viols, par exemple. Et pourtant, Dieu leur répète de manière indéfectible : « Je t’aime, je t’aime, je t’aime. » Mais ils ne l’entendent pas.

Ils n’y croient pas. Je ne pense pas qu’il y ait de péché si grand que Dieu soit dégoûté. Que nous, nous ayons honte, oui ! Mais Dieu, non. Même sans commettre de graves péchés, beaucoup de personnes ont l’impression que Dieu est absent. « Qui suis-je pour qu’il s’intéresse à moi ? » se demandent-elles. Il faut renverser la perspective : non pas partir de ses imperfections mais de la présence de Dieu en soi. Construire sur ce roc : Dieu est présent en moi. C’est le point de départ. Et le point d’arrivée, c’est de devenir des Christ les uns pour les autres.

Aventure et liberté

Il ne s’agit pas de nier les épreuves mais de les traverser avec Dieu. Malgré mes appels, Dieu se tait ? Ma foi était brûlante, et je ne ressens plus rien ? Et alors ? C’est une aventure, la vie spirituelle. On ne rencontre pas le Tout-Autre, le Transcendant, le Créateur, sans se perdre en route. Il y a des culs-de-sac, des dangers.

C’est le prix de notre liberté : Dieu veut des amis, pas une relation avec des animaux en peluche ! En nous créant, il nous a donné les clefs de la maison. Nous sommes totalement libres, même de nous passer de Lui. Nous pouvons vivre une vie sans Dieu qui soit réussie ! Rien que ça, c’est une raison d’espérer. Je ne suis pas naïf : quantité d’humains dépensent une énergie folle uniquement pour survivre au détriment des autres. Mais espérer, c’est croire que malgré ces résistances, la transfiguration du monde est en marche.

Le monde va de plus en plus mal ? Peut-être cela signifie-t-il, comme le dit saint Paul, que nous vivons les douleurs de l’enfantement. Et plus on est proche de la délivrance, plus ça fait mal… L’espérance, c’est vraiment le terreau dans lequel il faut vivre. Il faut y mettre les deux pieds, et ne pas en sortir.”


Avec cet article, retrouvez nos entretiens sur l'espérance dans les différentes religions

             

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Paru le 18 janvier 2018

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