L’enseignement catholique face à son succès

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Comme beaucoup d'autres en France, l'école catholique Alix-Providence, à Dijon, a vu ses effectifs exploser ces dernières années. © Christophe Foliquin/ REA
L’enseignement catholique face à son succès
Comme beaucoup d'autres en France, l'école catholique Alix-Providence, à Dijon, a vu ses effectifs exploser ces dernières années. © Christophe Foliquin/ REA

À la veille de l’élection présidentielle, l’enseignement catholique réclame aux candidats davantage de professeurs. Son argument : la forte demande des familles sur l’ensemble du territoire français. Reportage à Dijon (Côte-d’Or).

À propos de l'article

  • Publié par :Isabelle Demangeat
  • Édité par :Laurence Faure
  • Publié dans Pèlerin
    7003 du Jeudi 16 février 2017

Ses lunettes rondes sur le bout du nez, l’air peiné, Simon tire, de sa petite main, la veste en laine de son chef d’établissement. « M’sieur Hudeley, y a les grands du CP qui m’embêtent », souffle-t-il, en pointant un groupe d’élèves sautillant autour d’une marelle multicolore. Chapeau de feutre sur la tête, Emmanuel Hudeley tente de repérer ledit groupe dans la masse des élèves grouillant dans la cour de récréation de l’école Alix-Providence, à Dijon.

« De toute façon, c’est l’heure », murmure-t-il en se dirigeant, d’un pas assuré, vers un coin de la cour. Il tire alors la cloche avec énergie, appelant ainsi les élèves à venir se placer, bien en rangs, devant leur enseignant, pour entrer, chacun leur tour, dans leur classe.

Une demande croissante des familles

Si elle peut paraître quelque peu désuète, la mesure est importante pour éviter la cacophonie. D’autant plus dans cette institution – l’une des neuf écoles élémentaires catholiques de Dijon – qui accueille aujourd’hui 510 élèves, contre 385 il y a six ans.


Cette forte demande s’observe aujourd’hui du primaire au lycée et dans toutes les académies

Emmanuel Hudeley explique le gon- flement de ses effectifs par une demande « de plus en plus forte » des familles désireuses, en Côte-d’Or, de scolariser leurs enfants dans l’enseignement privé, a fortiori catholique [L'enseignement catholique représente plus de 90% des établissements sous contrat d'association avec l'État, NDLR]. À tel point que dans cette école sous tutelle de la congrégation Notre-Dame Chanoinesses de Saint-Augustin, la liste d’attente, constituée voici deux ans, enregistrait, à la rentrée dernière, quarante noms.

Quelques chiffres

Le comité départemental de l’Éducation nationale de Côte-d’Or a confirmé, le 7 février dernier, l’ouverture de 40 classes, et la fermeture de 38 autres. 19 fermetures supplémentaires sont toutefois envisagées.

Selon une note du ministère de l’Éducation nationale, publiée en décembre dernier, les effectifs du primaire ont augmenté dans le secteur public de 0,4% à la rentrée dernière. Dans le privé, ces effectifs ont connu une croissance de 1,6%, soit quatre fois plus.

Au collège, le nombre d’inscrits a grimpé de 0,9% dans le privé. Dans le public, il s’est, à l’inverse, réduit de 0,4%.

L’Enseignement catholique scolarise 13,7% des élèves du primaire et 21,5% de ceux du secondaire.


Bien sûr, « il est compliqué de connaître le nombre exact de familles attendant que leurs enfants soient scolarisés chez nous, admet Gilbert Girieu, directeur de l’Enseignement catholique du diocèse de Dijon. Puisque beaucoup d’entre eux n’hésitent pas à inscrire leurs enfants dans différents établissements afin de multiplier leurs chances ». Mais la demande est réellement croissante depuis une dizaine d’années dans le diocèse bourguignon, pourtant moins connu que ses confrères de l’ouest de la France pour son attachement à l’enseignement catholique. Ainsi, en 2009, 12.600 élèves y étaient scolarisés. Aujourd’hui, ils sont 13.500.


La demande est réellement croissante depuis une dizaine d’années dans le diocèse bourguignon

« Cette forte demande s’observe aujourd’hui du primaire au lycée et dans toutes les académies », remarque Caroline Saliou, présidente nationale de l’Association de parents d’élèves de l’enseignement libre. Relayant la fatigue et la frustration des directeurs d’établissement dans l’obligation, chaque année, de refuser des élèves ou d’inciter des familles à « faire des kilomètres pour pouvoir scolariser leur enfant dans le privé », elle a demandé le 13 janvier aux candidats à l’élection présidentielle, dans une lettre publiée dans les colonnes du Figaro, de « repenser » la « règle tacite du 80-20 ».

Mise en place en 1985 par Jean-Pierre Chevènement après les grandes manifestations de 1984, cette règle répartit les postes à hauteur de 80% pour l’enseignement public et 20% pour l’enseignement privé. Ce n’est pas la première fois que l’Apel, à la veille d’une élection, demande de revenir sur cette répartition. Mais, fait inédit, le secrétariat général de l’Enseignement catholique devrait formuler le même souhait, fin février, lors d’une présentation à la presse de son document intitulé « La contribution de l’Enseignement catholique pour l’école – Des convictions pour avancer ».

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Retrouvez l'intégralité de notre reportage dans le numéro 7003 de Pèlerin du Jeudi 16 février

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Paru le 10 août 2017

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