Patrice de Plunkett, journaliste, écrivain et blogueur, " À nous de convertir l’écologie ! "

agrandir Patrice de Plunkett, dans le jardin  du ministère de l’Écologie, le 23 mai 2015, durant « La fête de la nature ».
Patrice de Plunkett, dans le jardin du ministère de l’Écologie, le 23 mai 2015, durant « La fête de la nature ». © Bruno Levy
Patrice de Plunkett, dans le jardin  du ministère de l’Écologie, le 23 mai 2015, durant « La fête de la nature ».
Patrice de Plunkett, dans le jardin du ministère de l’Écologie, le 23 mai 2015, durant « La fête de la nature ». © Bruno Levy

Patrice de Plunkett vient de publier un essai percutant. Il y exprime une vision chrétienne de l’écologie et appelle les croyants à participer à la défense de la Création.

À propos de l'article

  • Créé le 16/06/2015
  • Publié par :Benoît Fidelin
  • Édité par :Cécile Picco
  • Publié dans Pèlerin
    6916 du 18 juin 2015

Pèlerin. Au nom de quoi engagez-vous les chrétiens à rejoindre d’urgence la lutte pour un plus grand respect de la Création ?
Patrice de Plunkett. D’abord au nom de la Bible, seul texte religieux de l’histoire de l’humanité qui canonise la biodiversité : celle-ci est une richesse confiée par le Créateur à l’homme rendu ­ainsi responsable. Qu’ils le sachent ou non, les chrétiens sont, par nature, à l’avant-garde du combat pour une révolution écologique.

Soyons cohérents avec notre foi. Et avec cette responsabilité dans le monde à laquelle nous convient les Écritures.

Pourquoi vous revendiquez-vous d’une « écologie plénière » qui défende à la fois l’homme et l’environnement ?
P.de P. Par définition, l’écologie est vitale pour l’homme, tant celui-ci est impliqué dans son environnement naturel : il ne peut survivre sans la biosphère. Ainsi dépasse-t-elle le fait – déjà important – de mener une vie quotidienne sobre et de dénoncer sans relâche les ravages infligés à la nature.

Forcément humaine, l’écologie nous engage aujourd’hui à résister à un phénomène inédit : l’artificialisation de tout pour en tirer de l’argent. Cet engrenage s’empare non seulement de la nature pour en siphonner les ultimes ressources, mais de toutes les formes du vivant, y compris l’humain, surexploité à son tour et transformé en matériau jetable.

Ainsi dénoncez-vous une « économie qui tue », pour reprendre les mots du pape François…
P.de P. Oui, et à la suite de tous les papes qui, depuis Léon XIII, n’ont cessé d’affirmer dans leurs encycliques sociales que les biens de la terre ont une destination universelle.

Et donc que leur accaparement par un petit nombre était une injustice redoutable aux dépens des plus pauvres. C’est un même modèle économique qui blesse l’humain et mutile la planète.

Pour le combattre, vous n’hésitez pas à enjoindre aux chrétiens de s’allier aux écologistes !
P.de P. Soyez prêt à donner à qui vous le demande les raisons de votre espérance, nous dit la première lettre de Saint-Pierre. Or, les écologistes ne nous demanderont rien si nous continuons à les regarder de travers.

Alors allons vers eux, en leur expliquant que nous, chrétiens, avons des raisons supplémentaires et plus profondes de nous engager.

Pour nous, l’homme n’est que le gérant de l’univers. Et s’il n’en est pas le maître, s’il reconnaît qu’il ne doit pas céder au vertige de maîtrise, c’est en vertu de quelque chose qui le dépasse, c’est-à-dire une transcendance.

Participer dans cet état d’esprit aux combats écologistes, c’est prouver que la religion n’est pas un repli, une évasion. C’est surtout participer à la nouvelle évangéli­sation, en allant vers ces « périphéries » auxquelles le pape François nous envoie. En fait, s’il est urgent de nous convertir à l’écologie, nous pouvons aussi convertir l’écologie ! 


Cathos, écolos, même combat ? Éd. Peuple libre, 2015 ; 10 €.


afficheFullPage.jspz

A lire dans Pèlerin n°6916, du 18 juin 2015, l'enquête de la rédaction "Un printemps écologique pour l'Eglise"

Vos commentaires

0 Commentaire Réagir

Paru le 5 avril 2018

Notre Librairie

Voyages et croisières