L'académicien Jean d’Ormesson est mort : ses mots pour dire l’espérance

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À 88 ans, Jean d’Ormesson se plonge dans l’histoire de nos origines. © Yannick Coupannec/Leemage
À 88 ans, Jean d’Ormesson se plonge dans l’histoire de nos origines.
À 88 ans, Jean d’Ormesson se plonge dans l’histoire de nos origines. © Yannick Coupannec/Leemage

L'académicien Jean d'Ormesson est mort dans la nuit du lundi 4 au mardi 5 décembre. En 2014, il détaillait pour nous sa relation à Dieu en quelques mots.

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À propos de l'article

  • Créé le 03/06/2014
  • Publié par :Muriel Fauriat
  • Édité par :François Boulard
  • Publié dans Pèlerin
    6862, du 5 juin 2014.

Lumière

Je ne peux pas croire que ce sont le hasard et la nécessité qui fassent se lever le soleil le matin ! Ces deux principes universels, qui gouvernent notre espace-temps, ne suffisent pas à expliquer l’incroyable beauté du monde. Sans le soleil, sans la lumière, il n’y aurait pas de beauté, ni dans la nature ni dans l’art. La lumière m’a toujours semblé murmurer en silence quelque chose de Dieu.

J’ai un tempérament optimiste, je suis né comme ça. J’aime les gens, le monde m’amuse. Je sais bien qu’il est cruel, difficile… Mais c’est une chance d’être au monde. Pendant mes huit mois d’hôpital (Jean d’Ormesson a lutté contre un cancer en 2013, NDLR), j’ai perdu un peu de cette lumière.

►Vidéo. Portrait de Jean d’Ormesson. Source : Ina.

 
Jean  d'Ormesson portrait chez Ardisson par ina

Mais comme le dit Michel-Ange :


Dieu a donné une sœur au souvenir et il l’a appelée espérance.

Mes médecins ont été d’une humanité remarquable. Athées, ils siègeront, je le pense, à la droite de Dieu. Puis j’ai pu remarcher, voir le soleil… la lumière est revenue.


Homme

Pendant des millénaires, on a cru que la Terre était le centre du monde. Puis sont arrivés Copernic, Galilée, Newton, qui ont dit que la Terre tournait autour du Soleil. Chrétiens tous trois, ils décentraient l’homme, mais ne remettaient pas en cause sa singularité.

Celui qui a traumatisé les chrétiens est Darwin : il a prouvé que la Terre avait des millions d’années et que l’homme était issu de l’évolution, plus exactement d’une bactérie. Certains en ont donc déduit que nous étions des primates comme les autres.

►Vidéo. Jean d’Ormesson, académicien : "A la droite de Dieu, il y aura un athée"

 
"A la droite de Dieu, il y aura un athée" par Europe1fr

Mais on peut être d’accord avec Darwin tout en soulignant qu’entre l’animal le plus savant et l’être humain le plus sot, il existe un abîme, une frontière infranchissable.


Sciences

Mathématiciens, physiciens et astronomes ont prouvé que l’Univers est né d’une explosion initiale, il y a treize ou quatorze milliards d’années, appelée le Big Bang. D’un point minuscule comme une épingle à cheveu est donc né un univers en expansion dont le système solaire fait partie, avec la Terre qui tourne autour du Soleil.

Notre Univers a donc un début. Le monde vu par la science est ainsi, contrairement à ce que l’on pense, plus proche de l’enseignement de la Genèse que de celui de philosophes et scientifiques comme Aristote (il n’identifiait pas de début à l’univers, NDLR).

►Twitter. Les confessions de Jean d’Ormesson. Source : France Culture.

 

D’autant plus qu’avant ce Bing Bang, il est impossible de remonter : ce que les scientifiques appellent le mur de Planck. Il n’y a ni espace ni temps. Il n’y a rien. Donc tout. C’est l’éternité.


Amour

Les athées disent que les hommes ont créé Dieu à leur image. C’est vrai ! Et Dieu les a encouragés dans cette activité en se faisant lui-même homme. La seule révolution au monde est le christianisme ! Grâce à l’incarnation. Dieu est devenu homme par amour et a prêché l’amour.

« Aimez-vous les uns les autres », « Le royaume de Dieu est au milieu de vous. » Jésus, qui se dit « fils de l’Homme », affirme que la seule façon d’aimer Dieu est de servir les hommes. Aimer Dieu sans les hommes mène à l’intolérance, à la folie, et à l’horreur. Et le corollaire de l’amour est bien sûr le pardon.


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Comme un chant d’espérance, de Jean d'Ormesson, Éd. Héloïse d’Ormesson, 124 p. ; 16 €.

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Paru le 7 décembre 2017

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