Il part deux ans à la rencontre des chrétiens d'Orient en 4L

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Vincent Gelot devant Jérusalem. © Albin Michel
Vincent Gelot devant Jérusalem.
Vincent Gelot devant Jérusalem. © Albin Michel

Entre 2012 et 2014, Vincent Gelot, jeune étudiant français, est parti, à bord de sa 4 L, à la rencontre des chrétiens d’Orient. Un périple incroyable qu’il raconte dans son livre.

À propos de l'article

  • Créé le 24/10/2017
  • Publié par :Sophie Laurant
  • Édité par :Cécile Picco
  • Publié dans Pèlerin
    Hors série Pèlerin, octobre 2017

Pèlerin : Quelle mouche vous a piqué d’aller ainsi, quinze mois durant, à la rencontre des chrétiens orientaux ?

Vincent Gelot : En 2012, j’ai terminé mes études au Liban. Grand lecteur de récits de voyage, j’étais intrigué par ces gens aux noms étranges : melkites, chaldéens… Et déjà, des réfugiés arrivaient d’Irak, le conflit syrien commençait. J’ai donc eu envie de partir à leur découverte, car nous, Occidentaux, nous les connaissons très mal.

Vous êtes parti simplement armé de votre 4L et de votre culot ?

Oui, ce fut un voyage artisanal et insolent ! Mon coéquipier m’avait fait faux bond, je n’avais obtenu qu’un tout petit financement et tout le monde me décourageait. Mais c’est le plus dur, partir. Après, j’ai été happé par mon projet, et tout est devenu plus simple. Mon itinéraire m’a porté, en dent de scie, d’une communauté à l’autre jusqu'en Asie centrale car je voulais découvrir les chrétiens du Caucase, jusqu’au Soudan, en Afrique.

À lire aussi sur Pèlerin : Le hors-série de Pèlerin sur les chrétiens d'Orient

Bien sûr, j’ai subi des tas de problèmes mécaniques et des complications au passage des frontières. Mais c’était grisant ! Je me fiais aux indications des gens sur place qui étaient mes meilleurs relais. Le monde de l’Orient n’est pas si cloisonné qu’on le croit.

Vous avez fait de belles rencontres…

Extraordinaires! Je pense en particulier au P. Michaël Najib, un dominicain qui a sauvé toute une bibliothèque de précieux manuscrits à Mossoul, ou à Sœur Arousiag qui éduque des dizaines d’orphelins en Arménie. J’ai découvert un incroyable sens de l’hospitalité, des traditions méconnues, des cultures riches… et menacées dont je voulais témoigner.

J’avais emmené avec moi une sorte de livre d’or où toutes les personnes que j’ai croisées ont déposé, qui un message, qui un dessin, une prière… en sachant que mon but était de faire signer par le Pape François ce «  livre d’Orient » (1) puis de le déposer au saint-Sépulcre pour eux, qui ne pourraient pas y aller eux-mêmes. J’étais très ému car j’ai alors senti que tous ces gens passaient les murailles de la vieille ville avec moi.

Était-ce un pèlerinage ?

Oui, forcément. Tout voyage qui commence par un abandon à la Providence et se termine… à Jérusalem est un pèlerinage. Et dormir tout seul dans ma 4 L pendant deux ans, m’a fait cheminer intérieurement. J’ai appris la force de la prière. C’était une sorte d’expérience monastique à ciel ouvert, un cheminement érémitique*. Mais bien sûr, il s’agit aussi d’aventure au long cours, d’un voyage initiatique qui a marqué ma vie à jamais.

Chretiens-d-Orient

A lire : « Chrétiens d’Orient, périple au cœur d’un monde menacé », éd. Albin Michel, 380 p., 22€.

(1) Le livre d’Orient est présenté dans une salle de l’exposition de l’Institut du Monde arabe jusqu’au 7 janvier 2018 à Paris, puis du 18 février jusqu’au 5 juin, au musée des beaux-arts de Tourcoing. Il rejoindra ensuite les collections du futur musée de la Custodie franciscaine à Jérusalem. 





Le hors-série Pèlerin

La grande histoire des Chrétiens d'Orient

À l'occasion de l'exposition sur les chrétiens d'Orient à l'Institut du monde arabe, à Paris, Pèlerin, en partenariat avec La Croix, a réalisé un hors-série qui revient sur la grande histoire de ces premiers chrétiens.

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Paru le 19 avril 2018

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