"Fukushima mon amour" : un noyau d’humanité

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Rosalie Thomass et Kaori Momoi, dans un décor minimaliste qui peu à peu s'illumine © DR Hanno Lentz / Majestic
"Fukushima mon amour" : un noyau d’humanité
Rosalie Thomass et Kaori Momoi, dans un décor minimaliste qui peu à peu s'illumine © DR Hanno Lentz / Majestic

Ce film allemand, sorti en salles le 15 février, raconte l'histoire d'une jeune Allemande qui fuit son mal-être en partant soulager la population victime de l’accident nucléaire de Fukushima (Japon).

À propos de l'article

  • Publié par :Pierre-Olivier Boiton
  • Édité par :Laurence Faure
  • Publié dans Pèlerin
    7003 du Jeudi 16 février 2017

Alors qu’Emmanuelle Riva, l’héroïne de Hiroshima mon amour (1959), vient de disparaître à 89 ans, Fukushima mon amour, dont le titre est une référence explicite au chef-d’œuvre d’Alain Resnais, sorti en salles le 15 février.

Hiroshima, Fukushima : deux traumatismes nucléaires pour un même théâtre de désolation, le Japon, et l’humanité, toile de fond des deux films. La réalisatrice allemande Doris Dörrie, amoureuse depuis trente ans du pays du Soleil levant – qu’elle ne cesse de sillonner depuis –, transplante sa caméra à Minamisōma, ville proche de la centrale de Fukushima et également touchée par le tsunami du 11 mars 2011.


Décors minimalistes et image en noir et blanc

Tout n’y est que désolation : arbres squelettiques, épaves automobiles, habitats éventrés, quartiers fantômes, ainsi que ces milliers d’énormes sacs contenant un humus irradié qui ne retournera jamais à la terre. Seul à troubler le silence, le compteur Geiger qui crépite et dénonce un lieu toujours inhospitalier. Dans ce décor bien réel, et pour les besoins de sa fiction, Doris Dörrie envoie sur place une de ses jeunes compatriotes, Marie, victime, elle, d’un traumatisme bien plus personnel : l’annulation, au dernier moment, de son mariage.

Deux femmes que tout oppose

Dévastée, la jeune femme espère retrouver un sens à sa vie en aidant les habitants de Minamisōma, des vieillards confinés, depuis la catastrophe nucléaire, dans des baraquements sans âme. Mais le cœur n’y est pas.


Les deux femmes vont peu à peu s’apprivoiser, s’affranchir de leurs préjugés et s’épauler

Prête à renoncer, Marie accède toutefois à la demande d’une vieille dame rêvant, malgré les risques, de retrouver sa maison. Les deux femmes vont peu à peu s’apprivoiser, s’affranchir de leurs préjugés et s’épauler pour dissiper les fantômes hantant chacune d’elle.

Décors minimalistes et image en noir et blanc laissent transparaître la lumière qui pointe progressivement de leurs échanges. Le rituel du thé, un voilage agité par le vent, une photo retrouvée : autant de petits riens au goût d’universel, témoignant qu’une renaissance est possible.


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À voir

Fukushima, mon amour. Film allemand. 1 h 44. À partir de 14 ans. Notre avis : PP

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Paru le 18 mai 2017

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