Vincent Lambert maintenu en vie

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Vincent Lambert est hospitalisé au CHU de Reims. © François Nascimben / AFP
Vincent Lambert est hospitalisé au CHU de Reims.
Vincent Lambert est hospitalisé au CHU de Reims. © François Nascimben / AFP

Le docteur Daniela Simon, responsable de la procédure collégiale sur la fin de vie de Vincent Lambert, a décidé, ce jeudi 23 juillet 2015, de ne pas stopper son alimentation. Le ministère de la Santé est maintenant chargé de donner suites à ce dossier.

À propos de l'article

  • Créé le 23/07/2015
  • Modifié le 24/07/2015 à 08:29
  • Publié par :Christophe Henning
  • Édité par :Estelle Couvercelle
  • Publié dans Pèlerin
    23 juillet 2015

Ainsi, l’équipe médicale en charge de Vincent Lambert n’a pas annoncé l’arrêt de l’hydratation et de l’alimentation du patient en état neuro-végétatif. Elle a finalement décidé de « suspendre la procédure collégiale placée sous sa responsabilité ».

Prenant les pronostics à contre-pied, les médecins du CHU de Reims s’inquiètent toutefois de l’acharnement thérapeutique que pourrait représenter la poursuite des soins et s’en réfèrent à leur ministère de tutelle, plaidant au passage pour le rétablissement « d’un échange serein, dans l’intérêt de Vincent Lambert et de son accompagnement ». La bataille autour du lit de Vincent Lambert n’est donc pas tout-à-fait terminée.

Une histoire unique, douloureuse

A l’annonce de la décision prise par le docteur Daniela Simon, trois réflexions viennent à l’esprit. Après avoir glissé sur le terrain judiciaire - jusqu’à la décision pour l’arrêt des soins de la Cour européenne des droits de l’homme à Strasbourg -, voici que la question est transférée à l’autorité politique.

La sérénité qui devrait prévaloir pour dégager la position la plus juste possible a depuis longtemps déserté la réflexion sur une situation irrémédiablement dramatique, quelle qu’en soit l’issue.

Le recours au procureur de la République, à la demande de l’équipe médicale pour assurer la protection judiciaire de son patient et la sécurité des soignants est symptomatique d’un climat peu propice à l’accompagnement paisible du patient.

Enfin, l’histoire de Vincent Lambert est unique, marquée par le tragique accident de voiture en 2008, mais aussi par les éléments rappelant son refus de tout acharnement envers sa personne – ce que confirme son épouse Rachel Lambert -, ainsi que la peine insondable de parents qui souhaitent à tout prix tout tenter pour maintenir leur fils en vie.

Histoire unique, douloureuse, qui concerne maintenant le pays dans son ensemble. Si le législateur a établi des règles, il y aura toujours des situations qui échapperont aux définitions légales.

La non-décision des médecins de Reims renvoie chacun à sa propre réflexion : que dire ? Que faire ? Peut-être faut-il accepter, une fois encore, de ne pas savoir… 

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Paru le 4 janvier 2018

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