Vincent Lambert : la justice refuse l’arrêt de ses soins

agrandir Pierre et Viviane Lambert, les parents de Vincent  Lambert, attendant la décision du tribunal de Châlons-en-Champagne.
Pierre et Viviane Lambert, les parents de Vincent Lambert, attendant la décision du tribunal de Châlons-en-Champagne. © Hervé Oudin / AFP
Pierre et Viviane Lambert, les parents de Vincent  Lambert, attendant la décision du tribunal de Châlons-en-Champagne.
Pierre et Viviane Lambert, les parents de Vincent Lambert, attendant la décision du tribunal de Châlons-en-Champagne. © Hervé Oudin / AFP

Jeudi 16 janvier 2014, le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne (Marne) a suspendu la décision des médecins d’arrêter les traitements de Vincent Lambert, tétraplégique, hospitalisé à Reims, en état de conscience minimale, depuis un accident de moto en 2008.

À propos de l'article

  • Créé le 20/01/2014
  • Publié par :Marie-Valentine Chaudon
  • Édité par :Estelle Couvercelle
  • Publié dans Pèlerin
    6843, du 23 janvier 2014

En plein débat sur l’euthanasie, l’affaire fait grand bruit. D’autant que la  décision inédite tribunal administratif de Châlons-en-Champagne intervient sur fond de conflit familial. D’un côté, l’épouse de Vincent, Rachel ainsi qu’une partie de ses frères et sœurs, veulent le « laisser partir ». De l’autre, ses parents et le reste de sa fratrie veulent le maintenir en vie.

Vidéo. Affaire Vincent Lambert. Etat des lieux. BFM / TV.

 

En mai 2013, ces derniers, estimant n’avoir pas été consultés, avaient obtenu l’interruption d’un premier processus d’arrêt des soins. Depuis, l’ensemble de la famille a été associée aux médecins pour réfléchir au sort de Vincent Lambert.

Le 10 janvier 2014, comme le prévoit la loi Leonetti de 2005 sur la fin de vie, un collège de médecins a décidé d’arrêter tout traitement, dont l’alimentation et l’hydratation artificielles. Pour le tribunal de Châlons-en-Champagne, à l’inverse du corps médical, on n’est pas là en présence d’un cas « d’obstination déraisonnable », ou d’acharnement thérapeutique, qui aurait justifié, selon la loi, un arrêt des traitements. Une interprétation qui surprend les médecins.

Vidéo. La décision dutribunal administratif de Châlons-en-Champagne. Source : I<Télé.

 


« Nos repères sont bouleversés, explique le Dr Vincent Morel, président de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs. L’arrêt de ce genre de traitements est courant et en conformité avec la loi, il ne s’agit pas d’actes d’euthanasie. »

Le tribunal estime, lui, que Vincent Lambert « est dans un état irréversible mais [que] sa conscience existe et [qu’]il ne nous appartient pas de juger du sens de sa vie », au grand soulagement des parents du patient. « On a sauvé la vie de Vincent », se sont félicités leurs avocats.

Vidéo. Le débat lancé par l’affaire Vincent Lambert.  Source : Le Figaro. TV. Durée : 10 minutes.

 

Son épouse affirme que Vincent, infirmier de métier, n’aurait pas voulu cela. Est-ce le signe qu’une nouvelle loi est nécessaire ? « Tout est prévu par le texte existant, assure le Dr Vincent Morel. Mais il n’est pas assez connu. Si Vincent Lambert avait laissé des directives anticipées, ce drame humain ne serait pas devenu un drame familial. »

Vos commentaires

0 Commentaire Réagir

Paru le 18 janvier 2018

Notre Librairie

Voyages et croisières