Fin de vie : les affaires Lambert et Bonnemaison prolongent le débat

agrandir Unité de soins palliatifs de l’hôpital de Puteaux (Hauts-de-Seine). Un médecin au chevet d’une patiente.
Unité de soins palliatifs de l’hôpital de Puteaux (Hauts-de-Seine). Un médecin au chevet d’une patiente. © VOISIN/PHANIE
Unité de soins palliatifs de l’hôpital de Puteaux (Hauts-de-Seine). Un médecin au chevet d’une patiente.
Unité de soins palliatifs de l’hôpital de Puteaux (Hauts-de-Seine). Un médecin au chevet d’une patiente. © VOISIN/PHANIE

Deux affaires très différentes sont présentées par les pro et les anti-euthanasie comme des exemples montrant les limites de la loi Leonetti.

À propos de l'article

  • Créé le 02/07/2014
  • Publié par :Sophie Laurant et Agnès Chareton
  • Édité par :François Boulard
  • Publié dans Pèlerin
    6866, du 3 juillet 2014.

L’affaire Lambert rebondit

Vincent Lambert, 39 ans, est plongé dans une forme de coma prolongé depuis son accident de moto en 2008. Les examens ont montré que cet état est irréversible. Son épouse, en accord avec l’équipe médicale qui s’occupe de lui au CHU de Reims, et selon des opinions émises par son mari avant l’accident, a accepté que l’on cesse l’hydratation et l’alimentation par sonde.

Le médecin chef du pôle Autonomie et santé, soutenu par le conseil de l’Ordre de la Marne, a expliqué suivre les directives de la loi Leonetti qui refuse « l’obstination déraisonnable » de soins.

Mais, le 11 mai 2013, les parents de Vincent Lambert, ­soutenus par deux de ses huit frères et sœurs, obtiennent la suspension de cette décision par le tribunal administratif de Châlon-en-Champagne (Marne), au motif qu’ils n’ont pas été consultés et que leur fils n’est pas en fin de vie.

►Vidéo. Affaire Vincent Lambert : le Conseil d'Etat s'est prononcé pour l'arrêt des soins. Source : France 24

 

Son cas ne relèverait donc pas de la loi Leonetti. Le 16 janvier 2014, le tribunal leur donne à nouveau raison et ordonne au CHU de Reims de continuer à alimenter et à hydrater artificiellement le patient.

Un recours de cette décision devant le Conseil d’État juge, le 24 juin 2014, la décision de l’hôpital et de son épouse conforme à la loi : pour les juges, qui suivent les dernières expertises médicales, l’état de Vincent Lambert correspondrait aux critères exigés par la loi Leonetti pour lancer une procédure d’arrêt des soins.

Les parents ont fait immédiatement appel devant la Cour européenne des droits de l’Homme, qui a suspendu le processus, le temps pour elle de statuer sur le fond.

► Document. La Cour européenne des droits de l’homme demande au gouvernement français de faire suspendre l’exécution de l’arrêt rendu par le Conseil d’État autorisant l’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation de Vincent Lambert.

 


Le Dr Bonnemaison acquitté

Il risquait la réclusion à perpétuité. Au lieu de cela, mercredi 25 juin 2014, la cour d’Assises des Pyrénées-Atlantiques a acquitté le Dr Bonnemaison. Un verdict qui a eu l’effet d’un coup de tonnerre.

Cet urgentiste de 53 ans était accusé d’avoir empoisonné sept patients en fin de vie. L’avocat général avait requis cinq ans de prison avec sursis. Les magistrats et les jurés ont estimé que le docteur n’avait pas eu l’intention de tuer.

Un argument avancé par les avocats de l’urgentiste, pour qui leur client avait agi dans le but de soulager les souffrances des patients. Ces patients « très âgés pour la plupart, atteints d’affections reconnues comme incurables », selon les mots du président, ont été admis à l’hôpital de Bayonne entre 2010 et 2011.

►Vidéo. Michel Cymes à propos de l’acquittement du Dr Bonnemaison. Source : Le Grand Journal.

 


Sans consulter les familles, ni l’équipe, l’urgentiste a procédé à des injections d’un puissant sédatif, l’Hypnovel, pour cinq patients. La cour a aussi établi que, dans au moins un cas, le médecin a utilisé du Norcuron, produit interdit dans le cadre des soins palliatifs.

En agissant seul, il a outrepassé la loi Leonetti, qui encadre la fin de vie. « Pour autant, il n’est pas démontré qu’en procédant à ces injections il avait l’intention de donner la mort », a souligné le président en lisant le verdict.

Dans ce procès ouvert le 11 juin 2014 à Pau, seules deux familles s’étaient portées partie civile, d’autres soutenant le médecin. Le parquet a 10 jours pour faire appel.


► Lire la suite dans Pèlerin,n° 6866, du 3 juillet 2014.

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Vos commentaires

2 Commentaires Réagir

Accompagnement

vertfoot42 11/07/2014 à 19:49

Personnellement j'ai accompagné mon fils de 27 ans atteins d'un cancer ( 5 ans de maladie ) et les dernières nuits je lui ai donné le droit de partir. Il a attendu l'arrivée de son Papa et il nous a quitté avec un léger sourire quel souvenir!!!!

euthanasie

penelope 03/07/2014 à 15:27

je comprends très bien que certaines personnes ne veuillent plus supporter une grande souffrance physique et demande de l'aide, je ne suis pas d'accord pour qu'un docteur décide seul d'abréger la vie sans en référer aux familles comme cela à été ... lire la suite

Paru le 7 décembre 2017

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