Affaire Vincent Lambert : vers un arrêt des traitements ?

agrandir Manifestation en faveur de l'arrêt des traitements décidé par la Cour européenne des droits de l'homme.
Manifestation en faveur de l'arrêt des traitements décidé par la Cour européenne des droits de l'homme. © François Nascimben / AFP
Manifestation en faveur de l'arrêt des traitements décidé par la Cour européenne des droits de l'homme.
Manifestation en faveur de l'arrêt des traitements décidé par la Cour européenne des droits de l'homme. © François Nascimben / AFP

Jeudi 23 juillet 2015, le CHU de Reims doit annoncer à la famille de Vincent Lambert sa décision d’arrêter ou non les traitements prodigués à l’ex-infirmier de 39 ans, tétraplégique et en état végétatif depuis un accident de la route en 2008.

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À propos de l'article

  • Créé le 22/07/2015
  • Modifié le 23/07/2015 à 09:02
  • Publié par :Alice Le Dréau
  • Édité par :Aude Loyer-Hascoët
  • Publié dans Pèlerin
    6921 du 23 juillet 2015

De nombreux indices laissent penser que les médecins de Reims s’acheminent vers une nouvelle procédure de fin de vie. 
Le Dr Daniela Simon – actuellement en charge de Vincent Lambert – faisait en effet partie de l’équipe médicale ayant décidé de manière collégiale, en avril 2013, en se fondant sur la loi Leonetti concernant l’acharnement thérapeutique, de couper une première fois l’alimentation artificielle du patient.

Ce processus avait été interrompu suite à la saisie de la justice par les parents de Vincent Lambert. Ces derniers ont déposé plusieurs plaintes, au pénal, auprès du procureur de la République de Reims : l’une pour « tentative d’assassinat » ; une autre pour « délaissement de personne vulnérable », Vincent ne bénéficiant plus d’aucuns soins de kiné depuis près de trois ans.

Si ces plaintes sont jugées fondées, ce qui « semble hasardeux », pour le juriste Nicolas Hervieu, elles n’ont toutefois pas, en elles-mêmes « de caractère suspensif ». C’est-à-dire qu’elles ne sauraient empêcher l’arrêt des traitements.

Tentative d’ultime recours

En revanche, dès l’annonce de la décision du Dr Simon, le 23 juillet, M. et Mme Lambert pourraient à nouveau obtenir l’interruption de la procédure de fin de vie, auprès du tribunal administratif des référés, pour « manque d'impartialité ».

Car le Dr Simon était présentée comme « conseillère » de Rachel Lambert, l’épouse de Vincent – qui souhaite « laisser partir » son époux –, lors de l’audience de la Cour européenne des droits de l’homme, en juin dernier. Le processus d’arrêt des soins y avait été jugé conforme à la Convention des droits de l’homme.

Le Dr Simon a pris officiellement le parti de Rachel Lambert

→ notent donc les avocats des parents de Vincent. « L’argument du conflit d’intérêts est pour le coup tout à fait recevable », note Nicolas Hervieu. L’avocat de Rachel Lambert évoque, lui, un « quiproquo » avec le greffier de la CEDH. La tragique « affaire Lambert » pourrait encore connaître des rebondissements.


À lire aussi dans Pèlerin n° 6916 du 18 juin 2015 : "La dignité d'un homme" par Benoit Fidelin.

Benoît

© Bruno Levy

Un grand malaise et même de la révolte. Voilà, sincèrement, ce qu’a suscité en Benoît Fidelin (photo), rédacteur en chef à Pèlerin, la large diffusion, à la télévision et sur Internet, la semaine dernière, d’une vidéo dévoilant des images de Vincent Lambert.


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Paru le 7 décembre 2017

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