Mourir aujourd’hui : un reportage TV sur les conditions de la fin de vie en France

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A l'unité de soins palliatifs du centre hospitalier de Bligny, à Briis-sous-Forges, dans l'Essonne. © Amélie Benoist / BSIP
A l'unité de soins palliatifs du centre hospitalier de Bligny, à Briis-sous-Forges, dans l'Essonne.
A l'unité de soins palliatifs du centre hospitalier de Bligny, à Briis-sous-Forges, dans l'Essonne. © Amélie Benoist / BSIP

Pour Zone interdite, le réalisateur Géraud Burin des Roziers a enquêté une année durant sur les conditions de la fin de vie en France. A voir sur M6, dimanche 16 novembre 2014, à 20 h 50.

À propos de l'article

  • Créé le 12/11/2014
  • Publié par :Guillemette de La Borie
  • Édité par :Estelle Couvercelle
  • Publié dans Pèlerin
    6885, du 13 novembre 2014

Tout le monde connaît désormais le nom de Vincent Lambert, ce jeune homme en état « pauci-relationnel » après un accident de voiture. Autour de son lit d’hôpital, et de sa famille déchirée, se sont cristallisées les grandes questions éthiques de la fin de la vie.

En écoutant sa femme retracer, avec une dignité qui force le respect, les étapes de leur épreuve, ces questions deviennent concrètes. Et  chacun d’entre nous peut s’y trouver confronté, pour soi ou pour ses proches.

Comment permettre à tous les Français une fin de vie digne, choisie, et sans souffrances insupportables  ? Quelle est la frontière entre laisser mourir et l’exercice d’un droit à mourir ? Où est la limite entre l’obligation de soins et l’acharnement déraisonnable ? Comment respecter la volonté réelle du malade, quand il ne peut plus l’exprimer ? Qui doit décider en dernier ressort, entre famille, corps médical et loi ?

Les réponses ne sont jamais simples, et les pratiques réelles très diverses. Dans le cas de Vincent Lambert, les parties en présence se réclament toutes deux de leur foi catholique.

Sur un ton juste, sans voyeurisme ni pathos, le documentariste Géraud Burin des Roziers poursuit son enquête, d’abord au domicile d’un vieil homme souffrant dont la famille se sent abandonnée des médecins, ensuite dans un hôpital de pointe, avec un malade en phase terminale de cancer ; et encore en filmant des pratiques plus ou moins licites ou clandestines, quelque part en France.

Malades et familles livrés au business de la mort

Il donne la parole aux militants, ceux de l’ADMD (Association pour le droit de mourir dans la dignité), qui réclament la légalisation du suicide assisté, comme ceux d’Alliance Vita (association dédiée à la protection de la vie humaine), qui dénoncent l’indignité dans la carence de soins palliatifs. Il suit aussi le parcours de ceux qui décident de partir en Suisse chercher la mort qu’ils ont choisie.

Avec une dernière partie aussi étonnante que terrifiante, où l’on perçoit les dérives possibles, lorsque malades et familles en souffrance sont livrés au business de la mort.

Le réalisateur, qui, dit-il, a eu « la chance » d’accompagner longuement son propre père en fin de vie, veut, à travers ces images, inciter à parler de la mort à laquelle nous serons tous confrontés, éclairer les réalités derrière les mots et les consciences, sans parti pris et (presque) sans caméra cachée.

Il pointe le grand tabou qui pèse sur ce sujet, mais aussi la détermination lucide de certains à en finir, en s’affranchissant des lois, l’absence de communication dans certains hôpitaux, et le manque de repères et de spiritualité qui appauvrit les choix.

Mais il souligne aussi l’importance incroyable de ces moments partagés au cœur des familles, au long d’une dizaine de fins de vie. Des familles qui, selon lui, en acceptant d’être filmées, de parler de leur expérience, se sont senties mieux accompagnées et ont eu le sentiment de porter ainsi le dernier message de leurs disparus.



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Paru le 19 juillet 2018

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