Mgr Podvin : "L'euthanasie n'est pas une solution à la souffrance en fin de vie"

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L'euthanasie n'est pas une solution à la souffrance en fin de vie © Aimée Thirion
L'euthanasie n'est pas une solution à la souffrance en fin de vie
L'euthanasie n'est pas une solution à la souffrance en fin de vie © Aimée Thirion

La mise en examen d'un médecin de Bayonne pour l'empoisonnement de personnes en fin de vie relance le débat sur la légalisation de l'euthanasie. Pour Mgr Podvin, porte-parole de la conférence des évêques de France, "certains partisans de l’'euthanasie veulent nous entraîner dans une aventure inquiétante".

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À propos de l'article

  • Créé le 30/05/2013
  • Modifié le 30/05/2013 à 12:00
  • Publié par :Elodie Chermann
  • Édité par :Gilles Donada

Le 11 août 2011, le Dr Nicolas Bonnemaison, 50 ans, responsable de l'unité d'hospitalisation de court séjour de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques), a été mis en examen pour « empoisonnement sur personnes particulièrement vulnérables ».

La justice le soupçonne d'avoir provoqué la mort d'au moins quatre patients. Lors de son audition, l'urgentiste a reconnu avoir pratiqué des injections de Norcuron, un produit à base de curare, d'ordinaire utilisé pour certaines interventions d'anesthésie. Il est actuellement en liberté sous contrôle judiciaire. 

Cette affaire a relancé la polémique sur l'euthanasie. Des partisans du « droit de mourir dans la dignité » ont adressé au médecin plus de 18 000 messages de soutien sur Facebook et réclament un nouveau débat sur la fin de vie.

Selon un sondage réalisé en janvier 2011 pour la Société française d'accompagnement et de soins palliatifs (Sfap), 60 % des Français préfèrent le développement des soins palliatifs à la légalisation de l'euthanasie.

Les soins palliatifs en France

Il existe 107 unités de soins palliatifs, soit quelque 1 180 lits. On dénombre aussi 4 500 lits réservés aux personnes en fin de vie dans d'autres services hospitaliers et 353 unités mobiles, qui interviennent là où se trouvent les patients, à l'hôpital ou chez eux.

« La population âgée augmentant de façon exponentielle, l'offre est loin de couvrir tous les besoins, regrette Anne Richard, présidente de la Sfap. Mais le principal problème est moins d'augmenter le nombre de lits que de former les personnels soignants. »

Sur le plan juridique, la loi Leonetti, relative aux droits des malades et à la fin de vie, votée en 2005 et complétée par des décrets en 2006, maintient l'interdit fondamental de donner délibérément la mort à autrui, tout en proscrivant « l'obstination déraisonnable », c'est-à-dire l'administration d'actes inutiles, disproportionnés ou n'ayant d'autre effet que le maintien artificiel de la vie.

Mgr Bernard Podvin, porte-parole de la Conférence des évêques de France est "consterné" : "Quel que soit le cadre législatif, même ouvert et éthique comme la loi Leonetti, certains partisans de l'euthanasie veulent entraîner le pays dans une aventure qui m'inquiète. Personne ne peut disposer de la vie humaine. Il faut aussi lever toutes ces caricatures qui font des opposants à l'euthanasie des êtres inhumains et sans considération pour la dignité de l'homme.

Certes, l'Église dit « non » à l'euthanasie, mais elle dit aussi « non » à l'acharnement thérapeutique. Elle est favorable aux soins palliatifs. Une agonie bien accompagnée contribue à la dignité de l'homme.

Le problème est que les soins palliatifs sont inégalement répartis sur le territoire. Nous devons veiller à ce qu'ils soient un choix politique. Mais j'ai le sentiment qu'on manque moins de lits que d'information. Il y a une pudeur à lever, de l'ordre de la peur de l'ultime. Les soins palliatifs sont pour tous !

L'un des arguments des partisans de la légalisation est de montrer en exemple les pays du Benelux qui ont légalisé l'euthanasie. Or, dans ces pays, une insatisfaction éthique demeure. Le fait d'avoir bouclé le problème dans un cadre législatif n'exonère pas d'aborder la question de front. Comme la France l'a fait récemment lors de la révision de la loi de bioéthique, elle doit continuer à résister à la tentation de s'aligner sur les autres pays."

"Euthanasie : "Tuer est un interdit absolu et fondamental"
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"Marie-Thérèse Hermange, sénatrice UMP de Paris : « Mon combat pour l'éthique »"

Soins palliatifs : adoucir la fin de vie

A lire dans Pèlerin n°6717 du 25 août 2011, un article de trois pages avec un reportage à l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul de Lille (Nord), dans une unité de soins palliatifs, qui offre une alternative très humaine à l'euthanasie.

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Paru le 12 juillet 2018

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