Le cas de Vincent Lambert : une affaire complexe

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Vincent Lambert, 38 ans, en état de conscience minimale depuis cinq ans, au CHU de Reims (Marne) © NC / PhotoPQR / L'Union de Reims / MAXPPP
Vincent Lambert, 38 ans, en état de conscience minimale depuis cinq ans, au CHU de Reims (Marne)
Vincent Lambert, 38 ans, en état de conscience minimale depuis cinq ans, au CHU de Reims (Marne) © NC / PhotoPQR / L'Union de Reims / MAXPPP

Les défenseurs de la loi Leonetti redoutent que l’affaire Vincent Lambert, maintenu artificiellement en vie depuis cinq ans, ne donne des arguments aux pro-euthanasie.

À propos de l'article

  • Créé le 03/02/2014
  • Modifié le 06/02/2014 à 13:00
  • Publié par :Sophie Laurant
  • Édité par :François Boulard
  • Publié dans Pèlerin
    6845, du 6 février 2014

La décision du Conseil d'Etat

Le 14 février 2014, le Conseil d'État a ordonné une expertise médicale sur la situation de Vincent Lambert. Celle-ci sera réalisée par un collège de trois médecins spécialistes des neurosciences, dans un délai de deux mois. Pour lire la décision, cliquez ici.


L’affaire Vincent Lambert n’en finit pas de brouiller les positions entre partisans et adversaires de l’euthanasie. Les parents de ce patient de 38 ans, en état de conscience minimale depuis cinq ans, ont obtenu, le 16 janvier 2014, du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne, que le CHU de Reims continue de l’alimenter et de l’hydrater par sonde. Son épouse, Rachel, a décidé, le 28 janvier 2014, de faire appel de ce jugement devant le Conseil d’État.


►Twitter. Marisol Touraine réagit à l'appel de Rachel Lambert devant le Conseil d'État.

 

Car la décision des juges va à l’encontre de celle d’arrêter tout traitement, prise en avril 2013. Les médecins, l’épouse de Vincent Lambert et une partie de sa famille avaient considéré que ce dernier était maintenu artificiellement en vie, alors qu’il n’y avait plus aucune chance que son cerveau, gravement lésé, puisse se réveiller.

 « Ils ont parfaitement respecté la loi Leonetti sur la fin de vie », estime le Dr Bernard Devalois, chef du service de soins palliatifs de l’hôpital de Pontoise, expert indépendant dans ce dossier.


Vidéo. Réaction du Dr Bernard Devalois suite à la décision de justice qui a décidé de maintenir en vie Vincent Lambert. Source : BFMTV

 

La décision a été collégiale ; elle visait à empêcher l’acharnement thérapeutique ; elle correspondait aussi à un souhait exprimé oralement par Vincent Lambert, avant son accident. À l’inverse, les juges ont estimé que « la poursuite du traitement n’était ni inutile, ni disproportionnée ».

Leur décision a satisfait Viviane Lambert, la mère de Vincent, qui pense qu’il y a toujours « de l’espoir ». Elle affirme être uniquement motivée par son devoir de mère, mais ceux de ses enfants qui approuvent Rachel Lambert soutiennent que Viviane Lambert est une catholique traditionaliste dont la position serait dictée par des convictions que ne partageait pas son fils.


Aucune religion « ne défend le principe de souffrir »

C’est un catholique pratiquant, membre du Parti démocrate-chrétien de Christine Boutin, le Dr Éric Kariger, qui a décidé d’arrêter le traitement de Vincent Lambert. Opposé à l’euthanasie, ce médecin a expliqué à maintes reprises qu’il n’est pas pour la « vie à tout prix » et qu’aucune religion « ne défend le principe de souffrir ».


Vidéo. Eric Kariger : "il y avait un vide dans la loi sur la protection des patients et des médecins". Source : ITélé.

 


C’est là le triste paradoxe : le jugement administratif risque d’apporter des arguments aux partisans de la légalisation de l’euthanasie. De fait, l’Association pour le droit à mourir dans la dignité (ADMD) dénonce le « flou » de la loi Leonetti qui, selon eux, ne permet pas de faire face à toutes les situations de fin de vie.


Twitter. L'affaire Vincent Lambert est examinée le 6 février 2014 par le Conseil d'Etat.

 

« Pourtant la loi Leonetti est de mieux en mieux comprise dans les hôpitaux. Elle a fait beaucoup régresser l’acharnement thérapeutique et la souffrance », insiste le Dr Bernard Devalois, qui voit dans l’affaire Lambert « un cas exceptionnel ».


► Lire la suite de l’article dans Pèlerin, n° 6845, du 06 février 2014.

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Paru le 18 janvier 2018

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