La Cour européenne des droits de l'homme demande le maintien en vie de Vincent Lambert

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La famille de Vincent Lambert devant le Conseil d'Etat, le 20 juin 2014. © Seba / Visual Press Agency
La famille de Vincent Lambert devant le Conseil d'Etat, le 20 juin 2014.
La famille de Vincent Lambert devant le Conseil d'Etat, le 20 juin 2014. © Seba / Visual Press Agency

Le Conseil d’État a décidé, mardi 24 juin 2014, de suivre son rapporteur, et s'est prononcé pour l’application de la loi Leonetti à ce patient dans le coma depuis cinq ans. Saisie en urgence par les parents de Vincent Lambert, la Cour européenne des droits de l'homme a suspendu cette décision, le temps qu'elle se prononce sur le fond du dossier.

À propos de l'article

  • Publié par :Sophie Laurant
  • Édité par :Vincent Mui

La vie de Vincent Lambert est suspendue à la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) après un ultime rebondissement, mardi 24 juin 2014. À 16 heures, le Conseil d'État s'est prononcé pour l'application de la loi Leonetti à l'infirmier dans le coma. Une loi qui autorise l’interruption des traitements, de l’hydratation et de l’alimentation en cas « d’obstination déraisonnable » à maintenir en vie un patient. Mais dans la soirée, la CEDH, saisie en urgence par les parents de Vincent Lambert, a demandé la suspension de cette décision, le temps qu'elle se prononce sur le dossier.

Vidéo. La réaction de Me Jean Paillot, l'avocat des parents de Vincent Lambert. Source : © BFMTV.



Les 17 juges du Conseil d’État suivent, la plupart du temps, l’avis de leur rapporteur public, en l’occurrence, Rémi Keller. Or, celui-ci avait suggéré, vendredi 20 juin, d’annuler la décision de Châlons (Marne). Le tribunal administratif de la ville avait ordonné, le 20 janvier, le maintien en vie de Vincent Lambert, contre l'avis de l'équipe médicale du CHU de Reims mais à la satisfaction des parents. À l’appui de sa « proposition », il a expliqué que, selon les experts médicaux, il n’y avait plus d’espoir d’amélioration de l’état, « végétatif », de Vincent Lambert. Rémi Keller a aussi affirmé que la grande majorité des médecins et des membres de la famille, notamment son épouse, étaient pour l’arrêt des traitements et que le patient lui-même, avant son accident, avait exprimé, devant témoins, sa volonté de ne pas subir d’acharnement thérapeutique.

Le rapporteur a ensuite insisté sur le fait que la décision de l’équipe médicale du CHU de Reims de cesser toute intervention et de laisser le patient s’éteindre doucement était conforme à la loi Leonetti, « une loi qui autorise la médecine à se retirer », a-t-il rappelé.

L’affaire Lambert permettra au moins d’expliquer ce qu’autorise la loi Leonetti.

« L’affaire Lambert permettra au moins d’expliquer ce qu’autorise la loi Leonetti », déclarait, il y a quelques mois, à Pèlerin, le Dr Bernard Devalois, chef du service de soins palliatifs de l’hôpital de Pontoise et l’un des experts indépendants sollicités par les juges. « L’arrêt du traitement pour maintenir artificiellement une personne en vie, autorisé par cette loi, prévenait-il, n’a rien à voir avec la décision illégale d’injecter un produit létal, comme le Dr Nicolas Bonnemaison s’est cru autorisé à le pratiquer. » 

Le verdict du procès de ce praticien – poursuivi pour « empoisonnement » sur sept patients en fin de vie – qui se déroule depuis un mois à Pau, sera connu le 27 juin. Les deux affaires, bien que très différentes, ont été utilisées pour réclamer une loi autorisant l’euthanasie. En réponse, le président de la République vient de demander aux députés Jean Leonetti (UMP) et Alain Claeys (PS) de rédiger « un texte consensuel sur la fin de vie ». Mais quel texte empêchera jamais les familles de se déchirer au chevet d’un proche ?

Retrouvez en cliquant ici notre dossier sur la fin de vie.

Vos commentaires

1 Commentaire Réagir

L'euthanasie et l'accompagnement en fin de vie

SYLVESTRE14 26/06/2014 à 09:40

Il s'agit de 2 pratiques différentes. En France l'euthanasie n'est pas autorisée. Si certains pays limitrophes l'ont adoptée et la pratiquent, elle est bien encadrée : décision collégiale des médecins, accord de la famille, ...., volonté exprimée du ... lire la suite

Paru le 18 janvier 2018

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